des Mœurs. 19
çue vous ny trouveriez point à redire. LeMinistre , qui ne s'attendent pas à cetteréponse, &qui se préparent à mortifierle Marquis, s’il lui fût échappé quelquebrusquerie peu respectueuse, fut surprisfi agréablement, qu’il lui accorda le Gou-vernement qu’il demandent.
C’est un mauvais orgueil de croirequ’on ne peut avoir tort ; & celui quipense bien, ne s’offensera jamais, quique ce soit qui lui fasse connoître sondevoir. Lorsque Soliman II , le plusgrand Empereur qu’aient eu les Turcs,marchent à la conquête de Belgrade , unefemme du commun s’approcha de lui,& se plaignit amèrement de ce que,pendant qu’elle dormoit, des soldats luiavoient enlevé des bestiaux qui faisoienttoute sa richesse. Il fai!oit que vous futfiez ensevelie dans un sommeil bien pro-fond, lui dit en riant le Sultan , puisquevous n’avez pas entendu venir les vo-leurs. Oui, je dormois , Seigneur , répon-dit-elle, mais ce'toit dans la confianceque Votre Hautejse veilloit pour la furetépublique. Soliman assez magnanime pourapprouver ce mot, tout hardi qu’il étoit,répara convenablement un dommagequ’il auroit dû empêcher.
Aimez comme lui la vérité , & témoi-gnez votre reconnoissance à ceux quivous la font connoître, de quelque