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les prodiguent le plus à ceux qui les mé-ritent le moins. Waller célébré Poëte An-glois, avoit comblé de louanges l’usur-pateur Cromwell pendant sa vie, & com-posé. même en vers son oraison funebre ,qui passe pour un chef-d’œuvre. LorsqueCharles II , après la mort de l’usurpa-teur , monta fur le trône, le Poëte cour-tisan ne manqua pas d’aller lui présenterune piece de vers. Ce Prince les ayantlus, lui reprocha qu’il en avoit fait demeilleurs pour Cromwell. Sire, lui ré-pondit Waller, cefl que nous autresPoètes , nous réujfiffons mieux dans laficlion que dans la vérité.
L’Auteur des Mélanges de LittératureOrientale raconte aussi qu’un Poëte Per-san , qui vivoit des éloges qu’il prodi-guoit aux Grands, fut un jour cité de-vant le Cadi par un particulier. Arrivéchez le Juge. , il entendit former contrelui une demande à laquelle il ne s’atten-doitguere. On lui demandoit cent piècesd’or. Où peuvent être vos titres, répon-dit le Poëte fort embarrassé 1 Dans vosouvrages, répliqua le demandeur. V ousavez fait pour IbnMalik, notre Grand-Visir, les plus beaux vers du monde , &vos vers doivent me valoir nécessaire-ment cent pièces d’or de lui ou de vous.Voici ce que vous y dites : Ihn Malikjurpaÿ'e tous les hommes en générosité, jjjf