des Mœurs.
ß quelqu'un lui demande un bienfait , jefuis caution quil ne lui fera pas refusé.Sur la f oi de ces vers, j’ai été demanderau Yisir cent pièces d’or, dont j’ai unbesoin pressant : il n’a pas accueilli mademande ; mais je n’en fuis point inquiet,puisque vous voulez bien répondre pourlui. Le Poçte, qui vit qu’il alloit êtrecondamné, courut chez le Visir , & luidit qu’il lui avoit fait un honneur auquelil efpéroit qu’il ne voudroit pas renon-cer. Il lui raconta le fait. A la bonneheure , lui répondit Ibn Malik, mais mamodestie vous enjoint de ne me plus faireà P avenir tant d'honneur.
Il n’est permis qu’aux Poètes plusavides d’argent que de gloire, aux Cour tisans qui ne brûlent de l’encens que furl’autel de la Fortune , aux domestiquesqui cherchent à tromper des maîtresvains, aux faux amis qui veulent sup-pléer par la flatterie aux bonnes qualitésqui leur manquent, d’être de vils adu-lateurs. Celui qui pense noblement, nele fera point. Un compliment bientourné & fait à propos n’a jamais déplu :mais il ne doit pas être fait aux dépensde la vérité. Il y a bien peu de compli-mens sincères : la plupart ne font qu’unefausse monnoie dont on paie la vanité,ou des filets agréables qui servent àprendre des dupes. Ou ne peut guere