D E S M Œ U R S. 4sdédain ne manque jamais d’en attirer,On risque toujours beaucoup à mortifierl’amour-propre des autres, comme onne perd jamais rien à l’obliger. L’humi-liation marche souvent à la fuite de l’or-gueil : l’Oracle divin l’a prononcé, &nous en-voyons tous les jours l’accom-plissement. Le monde rabaisse ceux quis’enflent ( 5 ). Quiconque veut s’éleverau-dessus des autres, ne trouvera que cequ’il fuit. Mais l’orgueil, cette sourceféconde & malheureuse de nos mépris,est une de ces pallions, dont on ne guéritque bien difficilement : la déraciner ducœur, c’est le triomphe de la religion.
Les plus excellent remedes , que laraison & la religion nous offrent contrela fierté méprilante que l’orgueil nousinspire , c’est de moins penser à nos bon-nes qualités qu’à nos défauts, & plus àce qui nous manque qu’à ce que nouspollédons. Souvent nous n’estimons sipeu les autres , que parce que nous nousestimons trop. Au lieu de ramener notreattention fur ce que nous valons , por-tons-la fur les bonnes qualités des autres.Pourions-nous encore nous prévaloir dequelque chose , Il nous voulions faire
(s) Omnjs qui se exaltat , kumiliabitur. Luc. 13»$upèibum j'cjUitur humUnas. i'rov. 2 A.