46 L’École
réflexion que mille personnes valentmieux que nous ?
Si ce sont des qualités naturelles, quivous inspirent tant de complaisance pourvous-même & tant de mépris pour lesautres : songez que ces avantages ne fontpas le prix de votre vertu ni l’ouvragede vos mains, mais des présens de l’Au-teur de votre être. Ce que nous avonsne vient pas de nous ; & si nous l’avonsreçu, pourquoi nous en glorifier ? pour-quoi mépriser ceux qui ont été moinsbien partagés que nous (6 ) ? Il est sou-vent plus dangereux d’avoir ces avan-tages , qu’il n’est honteux de ne lés avoirpas, parce qu’il est facile d’en abuser ; &l’on en rendra un compte si sévere àcelui de qui on les a reçus, qu’on doitplutôt en concevoir de la crainte que de 'la vanité.
Est-ce l’étendue de vos connoifsancesou les lumières de votre esprit, qui vousrendent si fier & si méprisant à l’égardde ceux qui en ont, ou que vous croyezen avoir moins que vous? Mais être in-fatué de foi, dit La Bruycre , & être for-tement persuadé qu’on a beaucoup d’es-prit , est un accident qui n’arrive guere
/■6) Ould habcs quoi non accepißi ? ß aut&m accc •flfli , qiïid gloriaris quasi non acceperis ? J. Cor 4.