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jusqu’à ce que le caractère soit tout-à-fait formé. Faites-lui sur-tout bien con-noître ceux dont il doit le plus éviter lacompagnie ; & dites-lui avec ce zele quedoit vous donner votre tendresse, & ceton persuasif qui est celui de l’amour :O mon fils, j’ai travaillé fans relâchejusqu’à présent à jeter dans votre aine lesprécieuses semences de toutes les vertus,& à les faire éclore. Je sens mon amourcroître avec vos heureuses inclinations.Mais plus je vous aime , plus je tremblepour vous que vous ne veniez à formerdes liaisons suspectes & dangereuses.Vous désirez savoir quelles font cellesdont vous devez principalement vousdéfendre. Ce souhait, qui est pour moid’un si heureux augure, je me hâte de lesatisfaire.
Evitez fur-tout ces affronteurs de pro-fession , qui vivent aux dépens du public,qui ne font jamais si contens d’eux-mêmes , que quand ils ont trouvé quel-que nouveau moyen de tromper l’Ou vrier & le Marchand, de bien manger,de bien boire, & de ne rien payer , d’em-prunter, & de ne point rendre, de duperla bonne foi des simples , & d’excroquerl’argent des enfans de famille.
Evitez encore tous ces jeunes gensgâtés, fuis mérite & lànstalens, dont lesdébauches les plus infâmes font les paisirs