des Mœurs. 65les plus délicats , qui se disputent lagloire des excès , & qui se font un jeude déshonorer les familles, de séduireles femmes , & de les décrier.
Evitez avec une égale horreur tous cesvieux libertins , qui déjà un pied dans letombeau , se plaisent à insinuer à la jeu-nesse leurs senti mens pervers , commepour perpétuer après eux leur liberti-nage , le soustraire au tombeau où ilsvont être engloutis , & lui donner uneaffreuse immortalité. Hélas ! verroit-on,mon fils, dans les jeunes gens tant decorruption , s’il ne se trouvent de ces dé-testables corrupteurs , qui leur ouvrentmalheureusement les yeux fur ce qu’ilsdevroient toujours ignorer , & les arra-chent d’entre les bras de l’innocence,pour les jeter dans ceux de la volupté ?Si vous faites jamais société avec eux,vous êtes perdu, & peut-être pour tou-jours , comme ce jeune homme, dont jene puis jamais me rappeler l’histoire fansfrémir. Il menoit la vie la plu^ régulière& la plus innocente. Un misérable liber-tin l’entraîna dans un lieu de débauche,& le précipita dans le crime. Au sortirde là les remords l’afsiegent, la fievre lelàisit, les transports lui montent au cer-veau , & il meurt le même jour, finsavoir le temps de se repentir & de pleu-rer son crime. Son corrupteur crut le.