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des plaisirs tout frais. C’est un courtisandes Dames, un agréable, & en mêmetemps un philosophe un esprit tort; &tandis qu’il se raille de la Religion, desPrêtres & des Moines , il pirouette furun pied ou le regarde dans toutes lesglaces.
Le fat est enchanté de lui-même : auffiaime-t-il à fe montrer. 11 croit plaire àtout le monde, & être admiré de ceuxmême qui fe moquent de lui. Quoiqu’onn’apperqoive en lui rien de grand quel’opinion qu’il a de lui-même, il est toutrempli de son prétendu mérite , & croitque personne ne le vaut. Il a la plushaute idée de ses talens, & il est le pluscontent du monde de fa personne. Unfat qui ressembloit à celui dont nousvenons de parler, mena un jour chezune Dame de considération le jeune Mar-quis de TierceviUe , dont la physionomiepeu spirituelle n’annonçoit pas autantd’esprit qu’il en avoir. Il dit en entrant :Madame, je vous présente M. le Marquisde TierceviUe, qui n’est pas si sot qu’ille paroît. C'ejl , Madame , reprit aussi-tôt le jeune Marquis , la différence quilya entre Monjicur U? moi.
Le fat est entre l’impertinent & le sot:il n’a ni l’insolence du premier, ni labêtilè du second, mais, comme tous lesdeux, il choque, il rebute, il dégoûte.
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