Le sot n’a pas assez d’esprit pour êtrefat, le fat n’a pas assez de jugement pourêtre homme d’esprit. Le fat qui a quel-que esprit, en abuse, & ne sait pas s’enservir à propos. Il elf affecté dans ses ex-pressions comme dans ses maniérés. Unjeune fat disoit devant M. de Montai,que M. de Turennc étoit un joli homme.Et moi , lui dit-il, je vous trouve un jolisot de parler ainfi d’unfi grand homme.
Le fat qui a peu d’esprit s’en console,en méprisant ceux qui en ont: c’est undédommagement qu’on ne doit pas luienvier. Un fat de cette espece se plai-gnoit dans une compagnie, de la grandedépense qu’il étoit obligé de frire pournourrir dix chevaux. Au lieu d’avoir tantde chevaux dans votre écurie, lui disoit-on , que ne réservez-vous une parcie devotre revenu, pour vous procurer lacompagnie des gens d’esprit. Le fat quine sentoit pas le bon conseil qu’on luidonnoit, répondit : Mes chevaux me traî-nent , mais les gens d’esprit .... Les gensd’esprit, lui repartitauffi-tôt quelqu’un,vous porteront fur Leurs épaules.
Un Philosophe Anglois rapporte untrait qui montre bien ce que les gensde la plus basse condition pensenteux-mêmes de l’espece d’hommes dontnous parlons. Il dit que rêvant un jourdans une des promenades publiques de.
Tome III. D