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pour le pauvre Artiste un grand Sei-gneur dont , suivant l’usage ordinaire,l’abord devoir être fort difficile. Auffile Peintre n’osa-t-il pas aller chez lenouveau Cardinal , ni lui demander saprotection. Son ami pensoit bien diffé-remment. Etonné de ne pas le voir pa-roître à ses audiences , le Cardinal serendit chez lui dans toute la pompe desa dignité. L’Artiste surpris de cette visiteinattendue ,1e fut bien plus encore, lors-qu’il vit Son Eminence se jeter à son cou,le presser dans ses bras , & l’assurerqu’elle n’avoit pas oublié leur ancienneamitié. Venez donc me voir , lui ditaftec-tueusement le Cardinal , mon palaisvous fera toujours ouvert , je ferai tou-jours visible pour vous , & je ne cefjeraijamais de vous aimer. Lorsqu’il sut élevéà la Chaire pontificale , on présenta,selon la coutume, au nouveau Souverainl’état de sa maison, sur lequel le Cardi-nal-M jor avoir placé l’un des plusfameux Peintres d’Italie. J’approuvel’état, dit le Saint Pere, à l’exceptionde l’article du Peintre. Celui que vousme proposez est finis doute excellent ;mais ma figure n’est point assez distin-guée , pour que les portraits qu’il ense roi t, puilent ajouter à sa réputation :il est riche d’ailleurs & peut bien sepasser de moi, Je comtois un Peintre