des Mœurs. 95de trahison auprès de ce Prince , qui lefit mutiler, & le condamna à être en-fermé dans une cage de fer à la fuitede l’armée. Lysimaque , l’un des Capi-taines d’Alexandre, & l’ami fidelle deCallisthène , ne discontinua cependantpoint de venir le voir. Ce Philosophe ,après l’avoir remercié de cette attentioncourageuse , le pria au nom des Dieux,que ce fût pour la storniere fois. Lailfez-moi, lui dit-il, soutenir mes malheurs,& n’ayez pas encore la cruauté d’yjoindre les vôtres. Je vous verrai tousles jours, répondit Lysimaque: si le Roivous favoit abandonne des gens vertueux ,il nauroit plus de remords , & comnien-ccroit à vous croire coupable. Oh! j’es-pere qu’il ri aura pas le plaisir de voirque la crainte d’encourir fa disgrâce , triaitfait abandonner un ami malheureux.
Le deuxieme trait que nous avons àrapporter, ne fait pas moins d’honneurà l’amitié. Freind, premier Médecin dela Reine d’Angleterre, s’étoit élevé avecforce dans le Parlement contre le Minis-tere. Cette conduite ayant indisposé laCour , on lui suscita des affaires , & il futrenfermé dans la tour de Londres . Envi-ron six mois après,le Ministre tomba ma-lade. Il envoya chercher le célébré Mé-decin Aféad. Celui-ci, après s’être mis aufait de la maladie,dit au Ministre qu’il lui