des Mœurs. n?
ee défaut, & d’ètre presque toutes médi-santes. Ce n’est pourtant point par hor-reur du vice ; celles qui médisent le plusne sont pas moins vicieuses que lesautres ; & si elles n’avoient pas des dé-fauts , elles ne prendroient pas tant deplaisir à en remarquer dans les autres.Mais la curiosité les porte à savoir toutee qui se passe > & l’on n’aime guere àsavoir que pour avoir le plaisir de l’ap-prendre à d’autres. La légéreté naturelleles empêche de faire réflexion à leurs pa-roles ; & elles oht médit presque avantde s’en appercevoir. L’oisiveté & l’enviede parler font chercher dans la médi-sance des sujets d’entretien ; fans la mé-disance , combien de personnes n’au-roient rien à dire î
Il y en a aufii qui ne parlent si volon-tiers des défauts des autres , que pourfaire croire qu’ils ne les ont point ouqu’ils n’en ont pas de si grands. Maisl’amour-propre est souvent ici la dupe;car on ne manque guere de venger surleurs défauts ceux qu’ils ont censurésdans les autres. N’invitons pas la mali-gnité à chercher dans nous de quoi noushumilier & nous confondre. Il est biendifficile de ne pas lui donner prise parquelque endroit ; & il n’y a guere d’oc-casions où l’on fît un mauvais marchéde renoncer au bien qu’on -dit de