474 Mémoire
& coûtera moins, dès que tout le mondetravaillera. D’une multitude d’ouvriersnouveaux naîtra donc une nouvelle sour-ce de richesses.
Les mœurs même y gagneront. En en-levant à la fainéantise ces nombreux trou-peaux de mendians, dont la plupart crou-pissoient dès l’enfance dans une oisivetéinfecte & corrompue , combien de vices& de désordres le travail aflidu n’extir-pera-t-il pas ? Les pauvres, qui ne vien-dront plus dans nos temples pour y trou-bler & y importuner la piété, mais pour*”y recevoir les instructions de leurs Patleurs, seront mieux instruits, & plus enétat d’instruire à leur tour leurs enfans ;au lieu que la plupart de ceux-ci, aupa-ravant fans principes & fans éducation,renchérissoient souvent sur les vices deceux qui leur avoient donné l’être. Necraignons pas non plus que les pauvresconsument auflifacilement en débauchesl’argent qu’ils auront reçu pour prix deleur travail. Ce qu’on acquiert fans peine,se dissipe vite : mais ce qu’on amasse dif-ficilement , se dépense de même.
Les habitans d’Ath , témoins des heu-reux effets, que le nouveau réglementproduisent dans leur Ville, en firent sienchantés , qu’ils consentirent tous à secotiser volontairement par semaine oupar mois. Ces aumônes ont suffi, aux