sur la Mendicité. 47/besoins des pauvres , & cependant laplupart des citoyens ont remarqué avecsurprise, qu’elles n’alloient pas à la moi-tié de ce que leur coûtoient autrefois lesaumônes faites aux mendians, parcequ’elles font dispensées avec plus d’ordre& d’économie [VII].
Dans chacune des principales aubergesde la Ville , on a mis un tronc pour yrecevoir les aumônes des étrangers, quise sont un plaisir de contribuer à un siutile établissement. On peut en placerégalement dans les Eglises : mais il n’estni nécessaire ni peut-être même à proposd’y mettre les quêtes pour les pauvres.Outre que ces sollicitations bruyantesinterrompent l’Office divin & troublentl’attention des affistans , elles devien-dront inutiles dans le système de l’au-mône générale : les personnes charitablesdonneront chez elles toute l’aumônequ’elles ont envie défaire. D’ailleurs cesquêtes même pouroient nuire. Plusieurs,pour se dispenser de donner aux quê-teurs de la Ville, prétexteroient qu’ilsont donné aux quêteurs d’Eglise . Lespremiers une fois rébutés & découragés,les affaires des pauvres iroient bientôten décadence ; & l’on seroit contraint delaisser renaître la mendicité, qu’on au.roit eu tant de peine à détruire.
Il faut donc prévenir ce mal par toutes