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ALEXANDRE, (Saint ) Martyr, compagnon d’Ëpipode,étoit Grec de naissance. Etant venu à Lyon , il se lia cl’amitiéavec Epipode, & ils y souffrirent tous deux le Martyre aprèssaint Potin, Pan 178. de Jésus-Christ . Epipode fut le premierexécuté. Alexandre le suivit deux jours après, ayant été atta-ché à une croix, après avoir été cruellement déchire. , Leurscorps ont été long-tems conservés dans l’Egìise de saint Irénée deLyon, quoique les Chanoines de saint Juste ayent prétendu lesavoir. Les Martyrologes placent la mort d’Ëpipode a 1122. A vril,& celle d’Aìéxandre au 24. 11 s donnent à ce dernier plusieurs
autres compagnons de son Martyre. v Aétes dans Bollandus &Ruìnard. Sanct. Gregorius Turonenßs , de gloria Confeß'orum.Chifilet. Tillemont , mémoires four l’HiJi. écc/ef. Fleury. Bailler,vies des Saints .
II y a eu un autre Alexandre aussi Martyr de Lyon qui fut mar-tyrise avec saint Potin, avant celui dont nous venons de parler :il étoit de Phrygie & Médecin de profession, & se déclara lui-même pour Chrétien au tribunal du Gouverneur , pendant qu’oninterrogcoit les autres Chrétiens. Le lendemain il fut éxposéLux bêtes avec Attale. On fait là fête avec les autres Martyrs deLyon le 2. Juin. * Lettre des Eglises de Lyon (j? de Vienne auxEglises d’AJle f? de Phrygie dans Eufèbe, l. 5. Henfchenius. DomThieriy Ruinard. Baillet, vies des Saints .
ALEXANDRE , Juif, fut envoyé Pan de Jéfus-Christ3iç. par Judas fils du Patriarche Hillel, vers ceux de fa na-tion , pour en recueillir les dixmes & les prémices , & pourles lui apporter. En exécutant cette commission il commu-niqua souvent avec les Chrétiens, & s’appliqua à lire les Evan-giles : ce qui irrita tellement les Juifs, qu’ils le prirent, & Pa-yant maltraité le jettèrent dans la rivière de Cydne. II échappade ce danger, & vint trouver Constantin , pour lui faire lesplaintes du mauvais traitement que ceux de fa nation lui avoientfait, à cause qu’il avoit embrassé la Religion Chrétienne . L’Em-pereur lui fit un bon accueil, & lui donna pouvoir de bâtirdes Eglises dans la Judée . C’est peut-étre ce qui donna occa-sion à Constantin de faire la loi que l’on volt dans le CodeThéodofien ; /. 16. tit. g. N /. 1. cod. de panis , par laquelleil condamna au feu les Juifs qui tourmenteroient les Chré-tiens. * Le Sueur , Hiß. de VEglise de l’Empire. Ce quecet Historien écrit en cet endroit, n’est rapporté par aucun Au-teur digne de foi.
HERETIQUES MAGICIENS.
ALEXANDRE, ouvrier en cuivre , fut éxcommunié parsaint Paul, pour avoir apostasié, pour s’être opposé à sa do-ctrine , & pour avoir enseigné des erreurs dangereuses. CetApôtre en parle ainíi dans la première Epitre à Timothée :Conservez la bonne conscience , à laquelle quelques-uns ayant re.nonce , ont fait naufrage, m perdant la foi : & de ce nombreßnt Hyménee U Alexandre , que j’ai livré a Satan : II ajou-te dans la II. épître au même Timothée : Alexandre L ouvrieren cuivre m’a fait beaucoup de maux, le Seigneur lui rendraselon fis «uvres , Gardes-vous de lui , parce qu’il a fortementcombattu la docírme que senfiigne. * I. ad Tìmotb. cap. 1.& II. cap. 4.
ALEXANDRE d’Abonotique, qui fe disoit fils de Poda-lire, étoit de la ville d’Abonotique dans la Paphlagonie , enJ’Alìe mineure. Ce fut un insigne fourbe , qui s’attira mêmedes honneurs divins , par des artifices furprenans. Lucien ditqu’il étoit de belle taille & de bonne mine, qu’il avoit l’œilvif, le tein blanc, & la voix claire, avec un ton doux & af-fable ; l’ésprit vif, insinuant & très-propre à persuader tout cequ’il entreprenoit. II étoit encore jeune, lorsqu’il fe joignità un Charlatan qui contrefaisoit le Magicien ; il en apprit plu-sieurs secrets prétendus , tant pour faire aimer ou haïr, quepour découvrir des thréfors, & autres choses semblables. A-près la mort de ce Charlatan, il s’alfocia avec un Byzantin,qui avoit une adrestë prodigieuse. Ces deux scélérats couru-rent par-tout , pour surprendre les esprits foibles; & enfinrésolurent de faire parler un oracle parmi les Paphlagoniens ,parce que ce peuple étoit fort grossier, & extrêmement super-stitieux. Pour y réussir , ils cachèrent clans un vieux Templed’Apollon qui étoit à Calcédoine , des lames de cuivre, où ilsavoient écrit qu’Eículape viendroit bien-tôt avec son père éta-blir fa demeure dans la ville d’Abonotique. Puis ayant faitensorte que ces lames fussent trouvées, la nouvelle s’en répan-dit auííì-tôt par toute la Bithynie & la Galatie , & particu-lièrement au lieu désigné, dont les habitans résolurent de con-sacrer un Temple à ces Dieux , & commencèrent à en creu-ser les fondemens. Cependant le Byzantin rendoit des ora-cles ambigus à Calcédoine , où il mourut de la morsured’unevipère. Après lui parut Alexandre tenant en fa main unefaulx comme Perlée, duquel il se disoit descendu du côté desa mère. II trompa si adroitement les Paphlagoniens , que cespeuples stupides ajoutèrent aisément foi aux oracles qu’il dé-DÌtoit. 11 nourrissent deux de ces grands ferpens de Macédoi-ne, qui étoìent fi privés qu’ils tettoient les femmes, & fejoiioient avec les enfans, fans leur faire de mal. Lorsqu’ilvit le tems favorable, il fe transporta la nuit dans l’endroitou l’on creufoit les fondemens du Temple, & y cacha un œufd’oye, dans lequel il avoit enfermé un petit serpent qui nefaifoit que de naître. Le lendemain il vint dans la place pu-blique, & dit tout haut, que ce lieu étoit heureux d’être ho-nore de la naissance d’un Dieu ; puis courant vers le lieu oùil avoit caché son œuí d’oye , il commença de chanter les
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louanges d’Apollon & d’EfcuIapc , & d’inviter celuî-ci à femontrer aux hommes. A l’instant il enfonce une coupe dasisun endroit plein d’eau, où il avoit caché l’œuf mystérieux ; &Rayant retiré, il Louvre, puis s’écrie qu’il tenolt Esculape.Ce petit serpent parole & s’entortillc autour de lés doigts ; toutle peuple témoigne fa joye p-ar ses acclamations & par lèslouanges. Cependant Pimpoitcur courten fa maison, tenanten sa main ce nouvel Esculape. Peu de tems après il mon-tra à une foule de gens assemblés chez lui, un de ces grosferpens de Macédoine , dont il cachoit la tète fous son aissel-le , en faisant paroitre une de linge qui avoit la figure humai.ne : ce qui remplit tout le monde d’admiration ; les plus fins mê-me étant surpris de voir & de toucher un serpent qu’iìs croyoientavoir vû naître & qu’ils s’imaginoient être parvenu en peu dejours à une fi prodigieuse grosseur ; outre la tête humaine quiavoit quelque chose de merveilleux. II avertit ensuite que ceDieu rendroit des oracles dans un certain tems,L ordonna d’écri.re dans un billet cacheté ce qu’on lui voudroit demander. Alorss’enfermant dans le sanctuaire du Temple qui étoit dé ja con-struit , il faifoit appeller par un Héraut tous ceux qui avoientdonné leurs billets, chacun à leur rang, & les leur rendoit ca-chetés comme il les avoit reçus , avec une réponse qu’il faifoitpasser pour celle du Dieu ; car il fçavoit Part de lever un cachet,lans en rompre la cire, ou d’y appliquer le même cachet, aprèsl’avoir rompu. Voici les moyens dont il fe servoit. II détachoitavec une aiguille chaude la cire qui joignoit le filet au dessus dela lettre, fans rien défaire dú cachet ; & après avoir mis fa répon-se, il le rejoignoit de la même sorte. Quelques fois il faifoit uneboule d’un mastic composé de poix, de cire & de bitume, mêlésavec de la poudre de talc ; & cette boule étant encore tendre, &appliquée lur le cachet, après avoir été frottée de graisse de pour-ceau, recevoit l’empreinte du cachet, puis devenoit tellementdure, qu’elleservoit ensuite à recacheter la lettre. Al’égarddeses réponses, elles étoient toutes obscures & ambiguës, suivant lacoùtume des oracles, à la réservé des remèdes qu’il préscrivoitnettement aux malades ; parce qu’il sçavoit pluíìeurs beaux se-crets de Médecine. II prenoit environ dix fols pour chaque ora-cle ; ce qui montoit à une somme très-consìdérable , puisqu’ilen débítoit près de quatre-vingt mille par an ; mais tout celane tournoit pas à son profit ; car il avoit sous lui plusieurs Offi-ciers , dont les uns mettoient les oracles en vers, les autres lessouscrivoient ou les cachetoient, & d’autres les interprétoient.Sa réputation s’étendit jusqu’à Rome , dont les principaux en-voyèrent consulter cet oracle d’Esculape. II eut même entréeà la Cour de Marc-Aurèle, vers Pan 174. Ensuite, après avoirtrompé une infinité de gens, & avoir prédit qu’il mourroit d’uncoup de foudre comme Esculape, il périt malheureusementd’une ulcère à la jambe qui lui gagna la petit ventre : ce fut àPage de 70. ans, & non pas de 150. comme il l’avoit annoncé.Telle fut la catastrophe de ce fameux Charlatan dont Luciena décrit les impostures. * Lucien T. 1. Alexandre ou le faux Pro~phète. Spon. retber. cur. d’antiq.
EMPEREURS ROMAINS.
ALEXANDRE , qui porte le nom d’Aurèle dans quel-ques inscriptions, & surnommé Sévère à cause de sa rigueurenvers les soldats, si l’on en croît Lampridius ; mais plùtôt àcause de l’Empereur Sévère, puisque ce nom lui est donné dansles médailles , lorfqu’il n’étoit encore que César, naquit le pre-mier Octobre Pan 208. dans la ville d’Arce en Phénicie. 11étoit fils de Genesius Marcianus Syrien, & de Julia Maméa ,fille de Julia Maëfa, femme de l’Empereur Sévère ; car Maëfaavoit eu deux filles, l’une nommée Soëmias mère d’Hélioga-bale, prédécesseur d’Aléxandre & Maméa mère du dernier.Alexandre fut adopté & fait César par Héliogabale , à la persua-sion de Maëfa ; & lui succéda n’étant âgé que de quatorze an»le n. Mars Pan 222. On remarqua dans lui tout ce que peutun bon naturel, fortifié par une éducation aussi noble quecelle que lui procura fa mère, fécondée par la sagesse des grandshommes, qu’il considéra comme ses véritables amis. Ulpien ,sçavant Jurisconsulte , tint le premier rang parmi eux, & en-tra fi avant dans fa confidence, qu’Alexandre le fit Préfet duPrétoire & premier Ministre. 11 permit d’abord aux Juifs d»demeurer dans la Palestine, & de jouir de leurs privilèges,traita avec douceur les Chrétiens, & donna tant de marque*d’équité en toutes les occasions, qu’il fut aimé de ses sujets,
& honoré de ses ennemis. 11 garda une 11 grande modestiedans une si haute élévation, qu’il ne voulut jamais souffrirqu’on lui donnât les titres de Dominus, d’Antonin , de grand ,que le Sénat voulut lui donner, ordonnant qu’on le saluât feu-lement par ces mots, Ave Alexander, & condamnant par cettemodestie fijs prédécesseurs, & principalement Héliogabale , quivouloit être salué ainsi : Dominus £5? Dem nojler ßefieri jubet,c’est-à-dire, nôtre Seigneur & nôtre Dieu le veut ainsi, ditSuétone . Les prémieres années de son règne furent agitées parquelques apparences de guerre du côté de la Perse, & à Ro-me par les féditons de ses soldats, qui tuèrent Ulpien , Préfetdu Prétoire en 228. U eut la même année quelque guerre con-tre les Allemands, qui furent vaincus en Iilyrie ; & Artaxer-xès Roi de Perse le fut Tannée suivante en Arménie . En 252-Aléxandre passa en Syrie , pour s’opposer aux Perses, & Tan-née suivante il défit encore Artaxerxes . Le ravage que les Al-lemands faisoient dans les Gaules, le rappella à Rome , oùil triompha. 11 cn partit pour s’opposer à ces barbares ; maisétant arrivé à Mayence, Maximin, qui régna après lui, le fittuer à SiehÛngen pies de Mayence avec ía mère Maméa le r 8-