LE GRAND
DICTIONNAIRE
HISTORIQUE.
o u
LE MELANGE CURIEUX
DE LHISTOIRE
SACRÉE ET PROFANE.
B
BA4
Est la seconde lettre de l’alpha-bet dans toutes les langues, àl’exception de l’éthiopique &de l’arménienne. Les Hébreuxla nomment Beth , les Grecsb»'t* , & les Egyptiens Vida.Les Latins & les Occidentaux rappellent Bé. Sa prononcia-tion imite le cri & le béelementdes brebis. Cette lettre est dunombre des consonnes qu’onappelle muettes ; parce qu’ el-les ont un son plus sourd &moins distinct que les autres.Le B, le P, & 1 ’V consonne, ont tant de rapport ensemble, qu’onles a souvent confondus, tant dans la prononciation, que dans ré-criture. Quintiiien remarque, que dans obtmuit , la raison vouloitqu’on mit un B ; mais que dans la prononciation on lui donnoit leson d’un P. optmuit. C’est pourquoi dans les manuscrits ces deuxlettres font souvent mises P une pour l’autre, & dans les verbescomposés de suh & d’oh , quand il fuit un k, on change le B, enP, comme Juppono pour subpoxo ,■ oppono pour obpom. On changede même le B en P toutes les fois qu’il fuit un S, comme scribo ,scripß. Les Grecs changeoient aussi souvent ces deux lettres l’unepour l’autre ; & Plutar^ue témoigne, que c’étoit Pordinaire de ceuxde Delphes . Quant a l’V consonne, on le trouve souvent dansles inscriptions latines & grecques pour le B, & de même le B pourl’V consonne. II y a même plusieurs Nations qui prononcent le B.pour l’V & l’V pour le B, ou d’un son moyen entre celui de l’un oude l’autre. On tient que les anciens Egyptiens éxprimoient cettelettre dans leurs hiéroglyphes par la figure d’une brebis, à cause dela ressemblance,qu’il y a entre le béelement des brebis & le son decette lettre.
B chez les Grecs est une lettre numérale, qui vaut deux,& quand il y a un accent au-dessous, deux mille. B. dans lesinscriptions, signifie quelquefois btnus , bixit, pour vixìt, bernapour verna.
BA
D AAL- Cherchez BRAZZA.
t BAAHDIN MAHAMET GEBET AMELI, fameux DocteurPersan qui composa l’abrégé du Droit Civil & du Droit canonen vingt livres, qu’on appelle la Somme d’Abus-, parce que cefut par les ordres d 'Ab*,- le Grand, qu’il le composa. On lui enattribué la gloire, quoi qu’il n’ait composé, que les cinq prémierslivres, son disciple aïant achevé le reste. 11 est vrai, que Baah-din avoit fait non seulement le plan & la division de tout l’ou-vrage, mais aussi le canevas ; aïant composé les argumens desvingt livres, si étendus, qu'iís en sont comme desarbrégés. *Chardin , volage en Perse fée. T .,. p. 67.
BAAL , BEEL, ou BEL, est selon quelques-uns, le nom queles Assyriens donnèrent à Nembrod, loríju’après fa mort ils Pa-
dorèrent, cormtae un Dieu . On croît, que ce Prin ce fut appellé Belpar rapport à Pautorité, dont il étoit revêtu & Nimrod à causede sa rébellion ; que le premier de ces noms est celui, que leSBabyloniens lui ont donné, & le second celui, sous lequel il estconnu dans l’Ecriture . Bel , en langue Babylonienne, signifieSeigneur. Baal en Hébreu veut dire la même chose, & en cesens il pourroit convenir au vrai Dieu ; mais dans l’usage Baal& Beel, sont des noms de Dieux. Baal étoit le Dieu de quel-ques peuples du pays de Chanaan, Nombres 22. que Gédéon dé-truisit, fug. 6. Les Grecs croyent, que c’est le Dieu Mars ; d’au-tres, que c’est Saturne : & c’est le sentiment d’Eusebe , & deThéophile à’Alexandrie s quelques uns, comme Hesychius , di-sent, que Baal est le soleil. Seiden dit, que ces noms, Bel, Baat& Baalim, qui n’est, que le pluriel de Baal , se trouvent emplo-yés dans l’Ecriture sainte, pour désigner diverses Divinités. Ai»reste » les Babyloniens & les Chaldéens adoraient leur idole fousle nom de Bel, Sc les Phéniciens avec les peuples voisins, ado-raient leurs Divinités sous le nom de Baal s la diverse pronon-ciation de ces peuples causant cette différence. Les Grecs ontpris indifféremment Baal pour Bel, & Bel pour Baal . Cela estaussi arrivé à Joseph Historien Juif, Orig. sud. g. 7. & 9. 6. oùil appelle le Dieu des Phéniciens Bel. L’Auteur de la chronì.que d’Aléxandrie & Cédrenus se sont étrangement mépris dansla signification, qu’ils ont donnée à ce terme. Celui-ci, parlantde son successeur Ninus, dit, que les Assyriens dressèrent à ceHéros la prémière statué » & qu’ils l’adoroient comme un Dieu ,l’appellantEW, c’est-à-dire, Mars, le Dieu de la guerre. L’au-tre dit la même chose presque en mêmes termes. Mais il croitque Baal est un mot persan, & que c’est la Divinité, dont il estparlé dans le Prophète Daniel, & dans l’hístoire des trais jeune*Hébreux. Quant à Pinterprétation, qu’ils lui donnent tous deux,elle est ridicule. Le Prophète Osée fait assez entendre, que 1 «nom de La«/ ne peut convenir au vrai Dieu . Voici comme ilen parle, c. 2. v. t6. 6? 17. II arrivera en ce jour-la, dit ItSeigneur , qu’il m’appellera Ishì, c’est-à-dire, mon marisqu’il ne m’appellera plusBaalis c’est-à-dire, mon Baal s car fò»terai de fa bouche les noms des Baalims , N Pon ne Je ßuvien-dra plus de leur nom. Les Chaldéens se vantoient d’avoir par-mi eux des commentaires de quinze mille ans, dans lesquelsils célébraient les louanges de leur Bel , comme Créateur dismonde. Aléxandre, surnommé Polyhistor, le rapporte, sur Pauto-rité de Bérose Sacrificateur de Bel. Dans la fuite, ils adorèrentprémièrement sous ce nom-là le soleil, qu’ils croyoient être leseul Dieu du ciel, suivant la remarque de Philon Byblien, Pin.terprète de Sanchoniaton. Enfin, on appella Baal ou/W lesastres & les Rois, dont la mémoire étoit en récommendation àla postérité, comme plusieurs croyent, que Bélus fils de Ninusfut adoré sous ce nom. Ce qui est rapporté, III. des Rois, 1 6.
4. 10. que le Roi Achab consacra un Temple dans Samarie à Baal , en faveur d’Ithobal Roi des Sidoniens son beau-pèce,Tome II. A ft