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ìîque, & Religieux de l’Ordre de saint François de Paule ; qu’ilse nommoit Felton : & que Jean Felton, que les Anglois avoientfait mourir pour la foi catholique, étoit son père , du quel ilsouhaitait suivre les traces , en répandant son sang pour la Re-ligion catholique. II demeura trois mois prisonnier, & fut enfinconduit au supplice avec un autre Prêtre , le 28. jour d’Aoûtde l’an i;88- * Hilarion dé Coite , histoire catholique des hom-mes fr Dames illustres.
t FELTON 1 (Jean) Anglois de nation, suivit le parti desarmes, & obtint une Lieutenance dans une Compagnie d’in-fanterie. Lorsqu’en 1627. les Anglois, commandés parle Ducde Buckingham, furent obligés de fe retirer de devant l’Isle deRhé, le Capitaine de Felton perdit la vie. II ne manqua pas defe donner Dien des mouvemens pour avoir la Compagnie ; maisson Général la lui ayant refusée, il demanda son congé. Com-me Felton étoit naturellement porté à des pensées mélancho-liques, il prit la ferme résolution de se vanger du Duc de Bu-ckingham à cause de l’injultice qu'il venoit de lui faire, en luirefusant la Compagnie qu’il avoit demandée. Peu de temsaprès , la Chambre des Communes porta de grandes plaintescontre le Duc, & l’accusa comme étant Punique cause de tousles malheurs dont la Nation étoit accablée. Felton conclut delà qu’en se vangeant du Duc il n’agiroit pas seulement pourlui-même, mais aussi pour le bien public, & qu’ainsi il y étoitobligé en conscience. Le Duc de Buckingham etant donc sur lepoint de partir avec la flotte destinée pour faire lever le siègede la Rochelle , se rendit le 2. Sept. 1628. dans la maison duChevalier Norton à Southwick près de Portsmouth . Felton y vintaussi , & comme le Duc disoit un mot à l’oreille d’un Colonelsur le pas de la porte de fa chambre, Felton prit si bien sontems, qu’il lui enfonça son couteau jusques dans les poulmons.Le Duc retira promptement le couteau, & tomba mort en Ré-criant , le Scélérat m’a tué. Felton étoit sorti de la maisonsans qu’on P eût aperçu, & l’on ne trouva que son chapeau danslequel il avoit cousu un billet sur lequel étoit écrite la plaintedu Parlement contre le Duc, suivie cfune courte prière. Au lieude se sauver, Felton se promenoit gravement devant la maison,& conune il n’avoit pas son chapeau , on l’arrêta ; surquoi il sefit d’abord connoitre & avoua que c’étoit lui qui avoit porté lecoup fatal au Duc. On Penferma & quelques Seigneurs, croyantd’en arracher une confession plus détaillée , lui dirent que Bu-ckingham n’étoit pas mort & que l’on espéroit sa guérison. Necraignez pas qu’il en revienne reprit Felton, je sçai trop bienoù j’ay porté mon coup ; au reste, continûa-t-il, ne vous don-nez pas des peines inutiles à me questionner; mais soiez per-suadés que j’ay fait ceci de mon propre mouvement & fans leconseil de personne. Pour ce qui est des raisons qui m’y ontdéterminé , vous les trouverez déduites dans le fond de monchapeau. II répondit à peu près de la même manière lorsqu’ilfut examiné à Londres devant le Conseil privé. Lorsque Guil-laume Laud, Evêque de Londres le menaça de la torture, s’ilne déclarait sincèrement ses complices, il lui répliqua : Mylordje ne soai ce que les tourmens de la question me feront dire,mais il fe pourra que je vous nommerai comme le premier demes complices ou quelque autre membre du Conseil du Roi.Lorsqu’il parut devant ses Juges, il reconnut toute P atrocité deson crime ; en demanda pardon au Roi, à la Duchesse de Bu-ckingham , aux amis & aux domestiques du Duc, & pria qu’onaggravât son supplice en lui faisant couper la main. Mais onne le fit pas. II fut pendu ayant les pieds & les mains liéesde chaînes de fer. fl faut remarquer que Felton avoit perdula main gauche dans un rencontre, de sorte que pour exécuterson dessein il avoit cousu la gaine de son couteau à son justau-corps, pour pouvoir plus facilement en tirer le couteau. * Dug-dale Barattage. Sanderson hiß. Caroli I. le Vassor bist. de LouisXIII . I. 25. Leti Tbeatr. Britann.
55 FELTRI, en latin Feltria , ville de la Marche Trevisane ?sous la domination de la République de Venise , avec Evêchésuffragant d’Aquilée, est située au pied des montagnes fur unepetite rivière. Elle est fous l’obéïssance de la République de Ve-nise, depuis Pan 1404. avec le Feltrin. On dit que Jules César fit ce distique au sujet de sa situation dans les montagnes.
Feltria , perpétua nivium damit ata rigore,
Atque m 'thi poflbac haud adeunda, vale.
* Leand. Alberts Baudrand. Th. Corneille, Di£l. Giogr .
55 FELXRO, Mont-Feltro , petit pays de l’Etat de PEgliseen Italie, dans le Duché d’Urbin , aux corsons de la Romagne.11 n’y a rien de considérable, que la ville de saint Léon. C’eítoù l’F.vêque du pays, qui est suffragant de P Archevêque d’Urbin,a fait fort long-tems la résidence, mais il y a plus d’un siè-cle qu'il l’a établie à la Penna de BtUi. * Baudrand. Maty,Dicl.
FELUGA, anciennement, Diabase , Diabete. Petite Isle de■f mer Méditerranée : elle est près de la côte occidentale de Sar-aaigne & du cap délia Cacca . * Baudrand.
5 FEMEREN , que les Auteurs Latins nomment di-verlement , Ferner a fr Fimeria , Isle de la mer Baltique,ious la .domination du Roi de Danemarck , est située furles cotes du Holstein , & n’est éloignée de la terre fer-me , que par un canal large de deux milles. Eric IX . Roide Danemarck , y ruina le Château de Glabeck , en 1416. Ucommit dans cette Isle des cruautez , dont le souvenir est enco-e prelent a ces Insulaires, qui sçavent son nom par tradition deeurs ancettres, deíquels ils ont hérité une grande haine poura mémoire de ce Prince. Cette Isle n’a aucun lieu considéra-
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ble que le botirg de Berg ou Borgh. M. des Hâves dans sonvoyage de Danemarck, dit qu’elle a une iieuë & demi de long& une de large, & qu’elle est assés fertile. Le Roi de Danemarcky tient garnison ainsi que dans tous les autres lieux qui dépen-dent de l’Evêché de Lubec, comme fait cette Isle dont il veutêtre le Maître, laissant seulement prendre le revenu qui apartíentà l’Evêque . * Baudrand. Bóurgon, Geogr. Hiß. Th. Corneille ,DìB. Géogr.
FEMERSUND, détroit de la mer Baltique . 11 est entrel’Isle de Fameren & le Duché de Holstein . II n’a que deux mil-les d’étendue dans Pendrait le plus étroit. * Maty, DìB.
„ FEMY, village de France avec Abbaye, dans la Picardie ,près de la source de la Sambre, aux confins du Hainaut & à deuxlieues de Landrecy , vers le Sud. * Baudrand.
FENDIUS , ( Melchior ) Médecin Allemand , né à Nortlin-gue, en 1486. fit de grands progrès dans les belles Lettres &dans la Médecine, qu’il enseigna, aussi-bien que la Philosophie ,dans PUniverlité de Wittemberg. 11 y mourut âgé de 78. ans ,le 8- Novembre de Pan 1564. & laissa quelques ouvrages qu'onn'a pas publiez. * Melchior Adam in vit. germ. medic. Fendius,in thron. Medic. frc.
t FENELON , (François Salignac de la Motte) ArchevêqueDuc de Cambray & Prince du St. Empire ; naquit au Châteaude Fenelon en Périgord , le 6. Aoust 16; 1. de Pons de SalignacMarquis de Fenelon & de Louifi de la Cropte soeur du Marquisde S. Abre. II donna dès fa plus tendre jeunesse des marquessingulières d'un beau naturel, & d'une grande vivacité d’élpritA P âge de douze ans on l’envoya à PUniverlité de Cahors , &ensuite il alla achever fès études à Paris sous les yeux d'AntoineMarquis de Fenelon, Lieutenant Général des armées du Roi.11 prêcha à Page de dix-neuf ans avec un aplaudissement géné-ral. A l’âge de 24. ans il reçut les Ordres sacrés ; & environtrois ans après il fut choisi Supérieur des nouvelles Catholiquesrue St. Anne à Paris , par M. de Harlay Archevêque du Dio-cèse. Le Roi instruit de ses talons & de ion aplication, le nom-me Chef en 1686. d’une Mission fur les côtes de Saintonge &dans le Pays d’Aunis pour ramener les Protestans. Cette mis-sion étant finie il revint à Paris & reprit ses fonctions de Supé-rieur des nouvelles Catholiques. 11 fit alors un Ecrit fur le Mi-nistère des Pasteurs , où il pèse les mêmes principes fur P auto-rité Ecclésiastique qu'il a toujours soutenu depuis. Ai. BossuetEvêque de Meaux connut alors P Abbé de Fenelon , l’aima , &le favorisa de ses conseils. AI. de Beauvilliers ayant prié AI. deFenelon d’écrire un Traité fur l’Education des filles , le fit con-noitre au Roi qui le nomma Précepteur des Princes, & ü entradans cet emploi au mois de Septembre 1689. L’AcadémieFrançoise lui donna une place dans son corps en 1693. & à cetteoccasion il prononça un discours, modèle d’éloquence. L’Abbéde Fenelon n’avoit encore pour tout Bénéfice qu’un Prieurémodique ; six ans après son entrée chés le Duc de Bourgogne,le Roi lui donna l’Abbaye de St Fallery , & quelques mois en-suite il le nomma à P Archevêché de Cambrai. M. de Fenelonne voulut l’accepter qu’en résignant son Abbaye & son Prieuré,& en obtenant la permission de passer neuf mois à Cambrav& trois auprès des Princes. II fut sacré en 1693. à St. Cyr «M. de Meaux voulut être son Consécrateur. Quelque tems après,AI. de Cambray eut à soutenir de vives persécutions qui finalementl’éloignèrent de la Cour. Ce fut à l’occaíion de Madame Guion ,que ce Prélat avoit connu à Paris & pour qui il avoit conçu beau-coup d’éltime après avoir fait les enquêtes les plus éxaétes pourconnoitre fa conduite précédente. Dès que Madame de Alaínte-non eut été dégoûtée par M. Godet des Marais Evêque de Char-tres des sentimens de M. Guyon & de fa personne, elle con-çut facilement de l’eloignemcnt pour AI. de fenelon qui réíistoitsouvent à lès idées, & dont esse craignoit le crédit naissant. M.Bossuet Evêque de Meaux , jaloux de la réputation brillante deM. de Fenelon, fe déclara en même tems contre l’objet de fajalousie. On avertit AI. de Cambray des dispositions de AI. cïeMeaux , qui ne voulut pas d’abord ajouter foi à des rapportsqui lui paroissoient peu vraisemblables. La haine de AI. deMeaux éclata lors qu’ayant envoyé à AI. de Cambray so n Instruc-tion fur les états d’oraison , ce dernier refusa de Paprouver &d’y souscrire. Surtout lors que M. de Fenelon eut donné sonlivre des maximes des Sts. M. de Meaux n’oublia rien pour kdécrier comme un hérétique. L’accufé résolut de faire déciderson différend à Rome , & le Roi le lui permit. Cependant lcRoi prévenu par M. de Meaux & Madame de Maintenon con-tre M. de Cambrai , lui ordonna de se retirer dans son Diocèse,fl obéit & quitta la Cour dès le lendemain. Avant que de partiril écrivit une lettre á M. le Duc de Beauvillers datée du 3. Aoust1697. II y réduit toute fa doctrine contestée à deux articles.Le prémier que la Charité est un amour de Dieu pour lui me-me , indépendamment du motif de la béatitude qu'on trous/ten lui. Le second que dans la vie des âmes les plus parfaites ,t est la charité qui prévient toutes les autres vertus , qui les ani-me , fr qui en commande les ailes. Mrs. de Paris & de Chartres envoierent à Rome une déclaration unanime contre le livre desMaximes , que M. de Meaux accompagnâ d’un livre intitulé(û m ma dotìrinx , où il donnoit l’idée qu’il avoit conçue de ladoctrine de M. de Fenelon. M. de Meaux écrivit encore ses ,Traités Myfhci in tuto , & Scholaftici in tuto ; & en 1698. kRélation fur le quiéti/me. M. de Cambray publia à son tour faréponse aux traités de 1 ‘Evêque de Meaux , fr fis préjugés déci-sifs contre M. P Evêque de Meaux . • On tergiversa long-tems àRome fur la décision que les deux partis attendoient avec impa-tience. Les Examinateurs fe trouvèrent partages ; mais le Roi
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