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délia peine d’échaper à la justice, étant poursuivi par les Es-pagnols, avec qui la France etoit en paix. Au reste , ( le pais5 e la Floride est bon, l’air y est fort pur & tempere , & laterre très-fertile à cause des rosées. Lc pain qui se mangedans toute la Floride , est fait de maiz, qui ressemble au grosmil & qu’on sème en Mars pour le recueillir en Juin, & enJuillet pour Octobre. On dit qu'on n’y fait que brûler lesherbes & la racine, après la récolte, & que cette cendre vautplus que le labourage. Les vignes ne manquent que de cultu-re : ce qui se reconnoit , en ce que les raisins ont les pépinsfort gros & fort durs ; néanmoins ils ne laissent pas d’être très-bons. Les forets sont remplies de pins, mais dont les pom-mes n’ont point de pignons. II y a aussi un grand nombrede cèdres, de cyprès, de lauriers, & de palmes. On y voitdes vignes sauvages , qui embrassent les arbres, & de grandsneffiiers, dont les fruits font beaucoup plus gros & meilleursqu’en France . Le fassefras s’y trouve par tout ; c’est un arbreque les Sauvages appellent Pavante , dont le bois & l’écorce ren-dent une odeur très-agréable. La terre produit d’elle-même unesorte de racine nommée Hajez , dont les Sauvages se serventau lieu de bled. Les bêtes à quatre pieds les plus ordinaires,font les cerfs, les chevreaux , les dains, les lions , les léo-pards , les onces , les loutres, les lièvres, & les lapins. Quantaux oiseaux , il y a des cocqs-d’inde , des perdrix, des pigeons,des tourterelles, "des oyes, des cannes, des hérons & des oi-seaux de proye, outre un grand nombre de crocodiles dans lesrivières, & plusieurs fortes de serpens dans les eaux & dansles bois. On voit beaucoup d’or & d’argent parmi les Sauva-ges de la Floride ; mais il y a apparence qu’ils l’ont amassé dansles débris des vaisseaux Espagnols , qui ont esté jettez fur leurscôtes ; car on n'y a point encore découvert de mines ( quoiqueles Sauvages assurent qu’aux montagnes d'Apalatci, il y a desmines d'un métail jaune luisant : plus on s’éloigne de la côteméridionale , moins on trouve d’or. Les hommes y font d’unecouleur olivâtre, de grande stature, & sens aucune difformité.Ils couvrent leurs parties honteuses d'un cuir de cerf accommo-dé fort proprement, ayant le reste du corps nud. Ils se pei-gnent les bras & les jambes de certaines marques, qui ne fepeuvent effacer, parce qu’elles font comme gravées dans la peau.Ils ont les cheveux noirs , qui leur pendent jufqu’à la ceintu-re : quelquefois ils les retroussent & les nouent. Leurs armessont l’arc & les flèches, dont le bout est armé de dents de
Î missen , ou de pierres aiguës. Leur principale occupation esta chasse & la pêche. Us sont extrêmement dissimulez & grandsmenteurs. Les femmes s’y peignent le corps comme les hom-mes : ce qu’ils font les uns & les autres, ou pour se rendreplus beaux, scion leur jugement, ou pour s’endurcir la peaucontre les ardeurs du soleil, ou par une certaine superstitionqu’ils cèlent aux étrangers. 11s font si agiles , que même lesfemmes passent de fort profondes rivières a la nage, en tenantleurs enfans, & montent d’une grande vitesse à la cime desplus hauts arbres. II se trouve parmi eux beaucoup d’herma-phrodites. Le Cacique , ou Commandant de chaque village ,Fait serrer toute la moisson dans un grenier public , où on ledistribué à chaque famille par proportion. Pendant l’Hyver ,ces Sauvages se retirent au fond des forêts , & y bâtissent descabanes de branches de palmiers. Ils aiment fort la chair descrocodiles, qui est en éffet très-blanche, & seroit d’un bon goût,si elle ne sentoit point si fort le muse. Lorfqu’ils font atteintsde quelque maladie, au lieu de la saignée dont nous nous ser-vons , leurs Médecins fuccent le seng de la partie blessée oumalade. Les Floridiens obéissent à plusieurs Caciques, qu’ilsappellent Par Aouflis ; & ces Caciques se font souvent la guer-re , non pas ouvertement, mais par embûches & par surprises.Les vainqueurs tuent tous les ennemis qu’ils ont pris, & leurcoupent la tête, qu’ils portent qà & là comme en triomphe.Ils pardonnent toutefois aux femmes & aux enfans , qu’ils re-tiennent esclaves , mais dont ils ont grand soin , pour en tirerplus de service. Après avoir remporté quelque victoire, ils in-vitent tous leurs amis, & font un festin pendant trois jours ,en chantant & dansant Les vieilles mènent la danse, ornéesde la chevelure des ennemis, à qui l’on a coupé la tête. 11sattribuent leur victoire au soleil, ct lui en rendent grâces. Quandleur troupe marche, le Cacique va le prémier , tenant d’unemain la massue , & de l’autre l’arc, la trousse rejettée derrièrele dos : les autres suivent avec l’arc & les flèches. Lorfqu’ilstiennent conseil, le Cacique s’aslìed fur un siège plus élevé queles autres ; puis chacun entre, selon son rang, & son âge ; &élevant les mains fur la tête, quelques-uns chantent Ha Heya y& les autres répondent, Ha Ha. Après cette cérémonie , cha-cun prend fa place. Si les choses font de grande conséquen-ce , ils y appellent leurs Prêtres , pour recevoir leurs avis.Apres avoir délibéré , on apporte la catsine, qui est une bois-son faite avec des feuilles rie fassefras , arbre commun dans lepais. Le Cacique boit le prémier & commande qu’on verse àchacun par ordre. Ces Sauvages n’ont point de Religion ef-fective ; ils rendent seulement quelque culte au soleil, & à lalune. 11 s nomment leurs Prêtres Javuas , & ont pour eux unegrande vénération. Ce font des Magistrats, qui enchantent cepeuple par leurs prestiges, & qui exercent aussi la Médecine.Les particuliers n’ont chacun qu'une femme ; mais les Caciques& lc? .Grands en ont plusieurs, dont il y en a une qui est la plusconsidérée, & la maîtresse des autres. Le Cacique étant mort,on l’enterre solennellement, & l’on met fur son tombeau la coupedans laquelle il beuvoit, avec un grand nombre de flèches touta l'èntour. On brûle se maison , ses meubles, ses armes , &tout ce qui lui a servi. Les Prêtres sont enterrez dans leur mai-
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son , que l’on brûle ensuite avec tous leurs meubles. Voyez la ré-lation de la conquête de la Floride par Ferdinand de Soto , com-posée par un Gentilhomme de la ville d’Elvas. * Ortelius , t beat.orb. Urbain Calvet, du nouv. monde , l. 2. c. i. Theodore deBry , bìfi. Amer.lS lare Lesearbot , bist. du nouveau monde. DeiÍmc ’ AA’ Oo Laët, hiß. du nouveau monde. Voyez CARQ-
FLORIDUS, (François j natif de Donadeo, bourg de laterre Sabine, dans lEtat Eccleiiaftique , mourut en IÇ47. 11a ,lait une apologie pour la langue latine, qui lui acquit de laréputation. 11 fit auili un livre des Jnterprètes du Droit civil;mais il n’y fait presou’autre chose, que rapporter les fautes desmemes Interprètes du Droit civil , que Laurent Valla avoit re-marquees & réfutées. 11 y censure néanmoins, & réfuté en mê-me tems les réponses qu’Uldaric Zazius & André Alciat avoientprétendu y faire. * Baillet, jugement des Sfavans sûr íes cri-tiques historiques. M. de la Monnoye, fur baillet .
FLORIEN i (Marcus Annius Eorianus ) frère utérin del’Empereur Tacite , sc fit déclarer Empereur au mois d’Avril del’an 276. apres la mort de son frère, par les troupes qu’il com-mandoit dans l’Afie mineure. II apprit peu de jours après quel’armée d’Orient avoit déféré la dignité impériale à Probus homme d’un grand mérite; & laissant échaper les Barbares quiravageoient l'Asie , & que Tacite avoit resserré dans des defilezoù ils paroifloient devoir périr, il marcha auslì-tôt contre sonCompétiteur ; mais les chaleurs ayant affoibli ses troupes ,nouvellement venues d’Europe , Probus vint à se rencontre ,& refuse de composer avec Florien , qui de désespoir se fit ou-vrir les veines, ct mourut ainsi tranquillement, deux ou troi*mois après avoir pris se qualité d’Empereur. * Vopiscus, inFloriano. Aur. Victor.
FLORIEN , dit de saint Pierre , Italien, natif de Boulogne ,& Professeur de Droit dans cette ville , dans le XV. siècle ,vers l'an 1440. fut , selon Trithème , le plus docte personnagede son tems , & sqavoit le Droit canon & civil, 1a Philosophie ,l’Ecriture , outre qu’il étoit très-bon Orateur. II composa diversouvrages de Droit ; super codice lib. IX. super, ss novo lib. XII.super ss. veteri lib. XXIV. Super fs. Infortiati lib. XIV. *Trithème , defiript. te c les
rLUKILULrUb , (Mathieu de Westminster, dit) Cher-chez MATHIEU DE WESTMINSTER.
FLORLYIOND DE REMOND , natif d’Agen » Conseilléedu Parlement de Bourdeaux, dans le XVI. siècle, avoit eud’abord quelque penchant pour les sentimens des Calvinistes ;mais en r; 66. il y renonqa entièíément après avoir assisté auxexorcifmes d’une fille possédée, nommée Nicole O bri native deVervins , & délivrée à Laon par l’application du sacrement del’Eucharistie . Florimond de Remond s’occupa à combattre lesopinions des Proteílans , par un grand nombre de traitez , ctprincipalement par celui de l’Antechrist , & par celui de l’o-rigine des hérésies , qu’on a íi souvent réimprimé. 11 étoit névers Pan 1540. & fut Conseiller au Parlement en 1370. & mou-rut Pan 1602. & ce fut François de Remond son fils, qui publiale traité de Porigine des hérésies, dont il avoit compose le li-vre 6. pour rendre l’ouvrage de son père complet. * Sponde,A. C. 1566. nomb. 31. Genebrard & Gautier , en la Cbron.
FLORIN , ( Flor inus'j hérétique dans le II. siècle, préchoitses erreurs à Rome , avec Blastus son condisciple. Le s ape Vi-ctor les ayant excommuniez & déposez tous deux , ils atdrèrentplusieurs personnes à leur parti. L’erreur de Florin étoit touachant 1 origine du mal , dont il fassoit Dieu auteur. Quelques-uns lui attribuent encore d’ayoir soútenu , que Marie mère deJssus-Chriß , n’avoit pas esté vierge dans son enfantement, &d’avoir nie la résurrection , ^adonnant même à toute sorte decrimes. Saint Irenée passant à Rome ? réfuta de bouche Terreurde Florin, ct 1 a combattit depuis par écrit, dans une lettre qu’ilintitula de la Monarchie , c’est-à-dire, de l'unité d’unsêul prin-cipe ,- le faisant souvenir qu’il avoit esté son compagnon d'etudesous saint Polycarpe , qui ne leur avoit pas enseigne cette do-ctrine si perverse: ce qui se voit dans la lettre qu’il lui écrivit,& qui est rapportée par Euscbe de Céserée. Florin pafla ensuitedans la secte des Valentiniens. On ne voit pas que le schismede Florin , ait eu de fuite , n’y qu’il y ait eu des hérétiquesnommez Floriens , comme quelques-uns se le sont imaginé. *Eulèbe, liv. 5. c. 14. (s 19. Saint Irenée , liv. 3. Theodoret ,ber. sab. liv. 1. Saint Augustin , de ber. c. 69. Philastre, c. 58.
FLORIS OU FLEURI. Cherchez FLORENT.
FLORUS , dit autrement Sulpitius , assisté de Statius Mar-cus, tua Pan de J. C. 6g. Pison qui avoit esté adopté par l’Em-pereur Galba , à la porte du Temple de Vesta , dont il avoiteste tiré par force. * Tac. bist. 1. 43.
FLORUS , (Julianus ) Orateur , vivoit du tems de _ Tibère ,& avoit este instruit par Portius Latro . Quintilien lui donnecet éloge d’avoir esté le Prince de l’Eloquence , dont il faisoicprofession d-ans les Gaules. * Senèque, c ont. 23. Quintilien ,/. I. insl. c. 3.
t FLORUS, ( Gessius, ) de Clazomène succéda à Albinutdans le Gouvernement de la Judée , Pan de J. C. 54. Sa mau-vaise conduite, ct ses excès rallumèrent la furie des Zélateurs,& poussèrent à bout 1 a patience des Juifs. U les força à serévolter contre les Romains, l’an de J. C. 66. Florus étoit unhomme en qui toute pudeur & toute humanité etoient étein-tes. Tout gain de quelque nature qu’il fût, lui étoit bon. Lacruauté qu’il exerça contre les Juifs fut excessive. II avoit avecN lui