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ras, Doneau, Foumier & autres semblables ; ils en ont très-peu de la force de Tiraqueau , de Duarein , de Du Moulin,de B ri (Ib n , de Hotman , & d’un grand nombre de ceux quiont paru dans ces derniers siècles ; & ils n’ont encore eu per-sonne capable de tenir contre Cujas . Enfin les Théologiens deFrance ont toujours été en réputation d’étre les prémiers Théo-logiens du monde ; & c'eiì une chose très-remarquable , queles Princes étrangers, & les Papes mêmes sc sont quelquefoisibûmis à leurs décisions ; non qu’ils se crussent dépendans deleur autorité; mais parce qu’ils etoient persuadez de la capacitéqui les élevoit au-dessus des Théologiens des autres nations.
11 faut maintenant considérer en particulier les différentes qua-rtez que l’on attribué aux François, selon la diversité des Pro-vinces. On dit que les Parisiens, les Angevins , les Poitevins,les Bretons , les Bourdelois , les Toulousains , &c. sont ordinai-rement bons Jurisconsultes ; & cela vient de ce que les Univerli-tez de ces villes donnent l’occatìon & la commodité d’etudieren Droit . On loué les Picards d’une grande attache au travail,qui les a souvent rendus bons Philosophes & scavans Médecins ;& ce qui a donné lieu à cette opinion , c’est que l’on a vú Va-lable , ou plutôt Ouatteble , natif de Gamaches ; Ramus ou laRamée , du Vermandois ; Carpentier , de Clermont en Beau-voilis , exceller dans la Philosophie ; Trigaut, Du Bois ou Syl-vius , & Fernel, du Diocèse d’Amiens ; Grevin & Patin, decelui de Beauvais ; Ruelle de Boissons , &c. paraître dans laMédecine. On leur donne aussi la gloire d’être meilleurs Géo-raphes, que les autres peuples de la France , parce que Mr.anfon étoit d’Abbeville , & qu’il a été suivi, non - seulementpar ses fils, mais par le P. Briet , par Du Val , & autres de cemême pais. La Normandie a souvent produit de beaux esprits,& de scavans hommes ; mais on accuse ceux d’une partie decette Province d’aimer la chicane , & d’être trop rusez : ce quin’elt qu’un vice particulier à quelques-uns. On prétend que dansl'Auvergne , ceux qui naissent sor les montagnes , font des espritsfins & délicats ; & que ceux qui naissent dans les vallées , sontordinairement grossiers & ffupides. Si cela étoit véritable , ilfau droit que le Chancelier de l’Hôpital, Genebrard , Savaron,le P. Sirmond, & Mr. Pascal, fussent nez sur les montagnes. Oncroit que le Limoiin est un pais dont Pair étant grossier , ne pro-duit point de beaux ésprits ; cependant Muret , qui a imité l’é-légance de Catulle , & l’éloquence de Cicéron ; Dorât, & DuBois ou Bossus , qui se sont rendus célèbres par la beauté deleur génie & par leur érudition , étoient de cette Province. Labaise Picarde passe pour un pais , dont Pair est contraire à ladélicatesse des ésprits ; & néanmoins Jacques le Févre, quiétoit d’Eltaples, a rétabli à Paris le bon goût dans la Théologie ,dans la Philosophie , & dans d’autres sciences. Lambin , quiétoit de Montreuil ,. avoit quelque chose de délicat , que nedonne point ordinairement l’étude dú Collège. La haute & lamoyenne Picardie n’ont pas non plus le bruit de produire desesprits fins & déliez; cependant, l'Abbé de Billy, né dans la haute,étoit d’un serieux également délicat & solide ; & Voiture, né dansla moyenne , a passée en fine galanterie , tout ce qu’il y avoitde beaux esprits a la Cour de France de son tems. Les extré-mitez de la Gascogne vers les Pyrénées , font regardées commedes lieux peu favorisez du ciel pour la beaute du génie : cequi n empêche pas néanmoins qu’elles n’ayent fourni a la Fran-ce des hommes très-seavans & tròs-polis , comme le Cardinald’Ossat, & M. de Marca. D’où l’on peut conclurre que la Fran-ce a toujours élevé dans toutes ses Provinces, des esprits qui sesont rendus illustres dans les sciences, & dans les belles Let-tres.
Les François avoient fait de fréquentes irruptions au deça duRhin , où la fortune ne leur fut pas trop favorable , jusques àce qu’enfin , après plus de deux cens ans de combats, pour lapossession d’une partie de la Gaule Belgique , l’Empire Romaincommença de tendre manifestement à fa ruine fous ('EmpereurHonorius . On permit en 416. aux plus puissans d’entr’eux, ap-peliez François Saliens, du nom de leur contrée , située le longde la Sale , ou de l istel , qui avoient pour Roi Clodion, de s’é-tablir entre la Meuse & le bas Rhin , vers Cologne , jusqu’àl’emboûchure de ces deux fleuves. Peu de tems après , lesFrançois s’avancèrent dans le Brabant, & le pais de Liège ,qu’on appel loi t alors Tongrie. Méroiiée, fils ou parent de Clo-dion , qui lui succéda en 451. se rendit maître de la premièreGermanie , qui comprend le Palatinat au-deça du Rhin , & l’Al-lace ; & de la seconde Belgique , c’est-à-dire , de la Picardie,avec une très-grande partie de la Champagne . La plupart desvisses qui sont entre les rivières de Seine & de Loire , & furtout Paris , Orléans & Sens , craignant de tomber sous la do-mination des Viligots Ariens , qui règnoient au-delà de la Loire ,aimèrent mieux se donner aux François , quoique Païens : cequ elles firent sous le règne de Childeric , fils de Meroiiée , &lpus celui du grand Clovis , qui fit par ses conquêtes la plus flo-riljante Monarchie de son tems ; car il conquit tout l’Etat deouïssons, que les Romains tenoient encore, & qui s’étendoient jus-ques au Rhin ; après quoi il réduisit sous fa puissance le Brabant,la Normandie , & la Bretagne ; il soumit à son Empire , par larameuse victoire de Tolbiac en 496. les pais habitez par les Al-semans , les Sueves , & ses Bavarois , qu’il rendit tributaires dela couronne ; a laquelle , depuis son baptême, il unit ce qu’onappelle aujourd hui 1 e Duché de Bourgogne. 11 s’empara desEtats de Terouenne , de Cologne , de Cambrav, possédez parles Princes François ses parens , qui les avoient eus en partage,«t qui avoient pris k titre de Rois . Enfin , après avoir vaincu
en bataille rangée les Vilìgoths , & avoir tué de fa propre mainlein Roi Alaric , il rangea sous ses loix l’Auvergne, ('Aquitaine ,la Gascogne , & généralement toutes les Gaules, depuis le Rhin & le Rhône , jusqu’a l’Océun , à la réserve du bas Languedoc & de la Provence , qu’il céda à Théodoric Roi d’italie.
Après la mort du grand Clovis , ses quatre fils , qui partagè-rent entr eux la Monarchie Françoise , ('augmentèrent encore ;comme firent leurs successeurs . par la conquête du Royaume deTuringe , & de celui de Bourgogne , qui comprenoit alors laEranche-Comte , le Dauphine , la Savoye , le pais des Suisses ,la Provence , & le Piémont , & par la réduction du haut Lan-guedoc , & des Saxons au-dela du Rhin : de sorte qu’en 6;8-a la mort de Dagobert , qui réunit toute la Monarchie sous lapuissance ; elle avoit pour bornes à ('Orient, les montagnes deBohème , & les rivières d’Elbe & d’Ins ; au Septentrion ('Océangermanique ; à ('Occident, la mer océane, depuis les Pyrénées jusqu’à ('embouchure du Rhin; & an Midi, la mer Méditerranée & les Alpes . Les successeurs de ce Monarque avant abandonnétoute ('autorité aux Maires du palais , plusieurs Comtes ou Gou-verneurs de Provinces s’érigerent en Souverains dans leurs Gou-vernemens ; & il lèmbloit que le Royaume de France , démem-bré par ces usurpateurs, alloit être bientôt anéanti, lorsque Dieu suscita des Seigneurs alliez à la maison roïale ; Ravoir , Pépin le Gros , Charles Martel, & Pépin le Bref , qui le rétablirenten un état encore plus florissant. Pépin te' Bref , avant été cou-ronné Roi Pan 7;z. poussa ses conquêtes jusqù'au-delà des Al-pes , où il prit fur les Lombards , & retint en toute souverai-neté ('Exarchat de Ravenne ou la Romagne , & la Pentapoleou Marche d’Ancone , dont il donna le domaine au Pape & à('Eglise. Son fils Charlemagne , qui par le décès de Carloman ,son frère , posséda seul toute cette grande Monarchie , la renditbeaucoup plus puissante , & d’une étendue bien plus vaste , parles victoires qu’il remporta par tout où il porta ses armes. II dé-truisit le Royaume des Lombards , repoussa ses Grecs jusou’aufond de la Calabrc, reçut 1 e serment de fidélité des Romains,& conquit ses Isles & Royaumes de Corse & de Sardaigne . D'au-tre part , il domta les Saxons en Allemagne , & subjugua toutesles Provinces qui sont entre 1 e Rhin & la Vistule , la mer Balti-que & 1 e Danube ; il soumit aux loix de son Empire, la Bavière ,1 Autriche, la Hongrie , la Dacie, la Croatie, la Stirie, la Carinthie ,l’ístrie , le Frioul, une partie de la Dalmatie ; & poussa même;ses conquêtes julqu’aux confins de la Bulgarie & de la Thrace .Enfin il fit la guerre au-delà des Pyrénées , & conquit fur le*Sarrasins , tous ses Royaumes & toutes ses Provinces qui sontentre l’Ebre & ses monts, la mer Océane & la Méditerranée ,avec ses Isles Baléares. Voyez CHARLEMAGNE .
Sous la prémière & la seconde race , les Rois n’ont pas étéentièrement absolus ; le partage dans la maison de France y cau-íòit de grands maux , & ses eissans naturels prétendoient à lasuccession comme les legitimes. La prémière race est nomméedes Mérovingiens , à cause de Meroiiée , & qu’elle a régné ;ans , à compter depuis Pan 414. jusqu’en 752. sous vingt & unRois , à ne prendre que ceux de Paris ; mais près de 40. si onmet tous ceux qui en ont porté 1 e titre , tant en Australie qu’enNeustrie . La seconde race nommée des Carliens ou Carlovìn -g iens , à cause de Charles Martel & de Charlemagne , a duré2;p ans , depuis Pépin le Bref en 7^2. jusqu’à Louis le Fainéant en 987. sous onze Rois , si Ion ne compte pas Eudes , Robert,& Raoul. La troisième race , dite la Capétienne , a régné de-puis Hugues Capet , dans trois branches. La première a euquatorze Rois , depuis 1 e même Hugues Capet en 987. jusquesà Charles IV . dit le Bel , qui mourut Pan 1528. La secondebranche, dite de Valois , a régné sous treize Rois, & durant 161.ans depuis Philippe VI . de Valois , qui commença à régner Pan1528- jusques à Henri 111 . mort Pan 1^89. La troisième branche,dite des Bourbons , venue d’une même tige, comme celle desValois , commença en Henri IV. & a continué en Louis XIII .Loüis XIV. & Louis XV . à présent régnant. Ces Souverains ontplusieurs Officiers fous eux. On considère prémièrement la per-sonne sacrée des Monarques , Seigneurs absolus de P Etat ; puisles Princes du sang , les Officiers de la couronne , pour lesarmes fur mer & fur terre , pour ('artillerie , direction & surin-tendance de la justice & des finances. Ensuite il y a la justicesouveraine & subalterne , suivie du maniement des finances &recettes générales ; & enfin la police de tout 1 e Royaume en sestrois Ordres. 11 laut encore remarquer que , par la loi fonda-mentale du Royaume, qu’on nomme ordinairement Salique, sesfemmes n’y peuvent point succéder ; & les lis , comme portela dévisc du blason de France , ne travaillent, & ne filentpoint. Entre les Officiers de la couronne , nos Rois ont eu desSénéchaux , des Connétables , & des grands Chambriers, dontses charges sont supprimées ; la prémière en u;2. après-lamort de Raoul I. dit /e Vaillant , Comte de Vermandois ; la se-conde en 1627. après la mort du Connétable de Lesdiguiéres ;& la troisième en i; 4 î- a P res la mort de Charles de France,fils du Roi François 1 . Nous pouvons encore ajouter la chargede Porte-oriflame de France , supprimée après la bataille d’Azin-court , où Guillaume Martel , Seigneur de Baqueville , oui lapossédoit , fut tué en 141Ç. celle de grand-Maitre des arbalé-triers , possédée la dernière fois par Aimar de Prie , Seigneurde Montpoupon, &c. vers Pan & pelle de grand-Maítre
des eaux & forêts de France , qu’on a divisce fous les RoisHenri 111 . & Henri IV . Les autres Officiers de la couronne sont,les Chanceliers , les Maréchaux de France , ses Amiraux , sesgrands Maîtres de ('artillerie , les Généraux des galères,ses Colonels généraux , les grands - Aumôniers , ses grands-Maitres, les grands-Chambellans, ses grands-Ecuïers, ses grands-Ttm. IV. R Bouteil-