lc grand-Maitre ; il est suivi du grand PannetLer de France ,qui porte le premier plat, les autres font portez par les Gen-tilshommes servai», & quatre Gardes du Roi précédent & sui-vent ce service. Cest le grand Ecuyer-tranchant qui range lesplats , & qui en fait faire Fessai. Le grand-Maitre précédé, com-me on vient de dire, va alors avertir le Roi, qui se rend à lasalle du festin ; & il y a encore ici du changement à la mar-che. Le premier Maitre d’hôtel étant suivi des quatre Cheva-liers de l’Ordre du Roi qui ont porté les offrandes ; ceux-cidu Seigneur qui porte la couronne de Charlemagne , & de ceuxqui ont porte les honneurs ; & le grand-Maitre ayant à ses côtezle grand Chambellan & le prémier Gentilhomme ordinaire. LeConnétable accompagné des deux Huiíliers-massiers vient ensuitedevant le Roi, qui porte le sceptre & la main de justice, ac-compagné comme on a ' >. ci-dessus , des Pairs, des Capitainesdes Gardes, &c. & le Chancelier ferme la marche. II faut re-marquer que les deux autres services font apportez avec la mêmepompe, que le prémier.
La disposition des Officiers autour de la table du Roi, ne doit
Í >as être oubliée. Le Roi y étant arrivé, l’Archevêque de Reims a bénit, en disant le Benedìcite. On met fur des carreaux develours violet, la couronne de Charlemagne à un des coins dela table à droite, le sceptre & la main de justice aux deux coinsà gauche : les Seigneurs qui les ont porte fe tiennent auprès,debout : le Connétable se tient aussi debout, vis-à-vis le Roi!,tenant l’épée nue, & il a à ses côtez les deux Huiíliers-massiers.Le Roi a a son côté droit le grand-Maitre , qui lui présente laserviette devant & après le dîner, & plus loin du même côté unde ses Aumôniers, auprès de la nef, où il prend les serviettes àmesure que le Roi en veut changer. Aux deux côtez du fauteiiildu Roi, sont le Commandant des Gardes écossoifes, & le Ca-pitaine des Gardes du corps : derrière le même fauteuil est legrand Ecuyer de France. Le grand Pannetier , le grand Echan-son , & le grand Ecuyer -tranchant, font vis-à-vis fa Majesté,
Í iour être à portée de faire les fonctions de leurs charges : lesìx Gardes Ecossois bordent la table.
Lorsque le Roi est placé, les autres vont prendre leurs places ;les Pairs écclélìastiques font toujours en chapes & en mitres,comme les Pairs laïcs avec leurs manteaux & leurs couronnes :les deux Chanoines assistant, qui n’ont point quitté l’Archevêquede Reims, non plus que les deux Ecclésiastiques qui portent facroix & sa crosse, fe tiennent, ceux-ci devant, & les autres der-rière lui : les trois Evêques sulfragans de l’Archevêché de Reimsqui ne font pas Paire, fçavoir les Evêques de Soissons, d’Amiens & de Senlis , font assis a la table des Pairs ecclésiastiques, vis-à-vis des trois derniers, mais ils n’ont que le röchet , le camail,& le bonnet quarté ; & ils font les seuls qui ne conservent pasFhabillement qu’ils a voient pendant la cérémonie du sacre. Aprèsle dîner, F Archevêque de Reims dit les grâces, & le Roi est re-conduit à son appartement, de même qu’il avoit été conduit àla salle du seihn.
11 est d’ufage que le Roi aille le lendemain du sacre en caval-cade à l’Eglsse de saint Remy : il commence aussi dans cette Ab-baye une neuvaine devant la châsse de saint Marcoul ; & ensuiteil touche les malades des écroiiesies, en prononçant ces paroles:D/eu te gu/riffe, le Roi te touche.
DV LIT DE JVSTICE AV PARLEMENT.
Lorsque le Roi va au Parlement, pour y tenir son lit de justi-ce, les Chambies s’asscmblent en robes rouges & chaperon? d’é-carlatc ; & les Présider» ont leurs manteaux, & chapes d’écar-late, avec leurs mortiers. Le Roi est assis fur un trône, couvertd’un ciel ou dais de velours bleu , avec des fleurs de lis d'or:c’est pourquoi quelques-uns se sent faussement imaginez que cetrône étoir appelle le lit de justice. Le prémier Président commen-ce fa harangue à genoux ; mais le Roi le fait. relever, & luipermet de parler de bout : ce qui s’obferve aussi à l’égard de l’A-vocat général.
DES ETATS GENE R AV X DV ROTAVMEde France .
Les Etats généraux du Royaume sont composez des trois Or-dres , qui font, l’Eglife, la Noblesse , & le tiers-Etat. Le Roi lefait assembler Iorfqu’il lui plaît, par un édit qu’il envove auxParlemens, & les Parlemens aux Baillifs, & autres Jugés infé-rieurs. Chaque ville dresse son cahier de ce qu'elle veut propo-ser •, le Clergé dresse le sien, & la Noblesse aussi ; & de ces troisqui sont envoyez au Bailli, il en est soit un commun qui est por-te au Parlement, où le cahier général de chaque Province estdressé. Les Députez des trois Ordres de chaque Province étantprefens, on réduit les cahiers de toutes les Provinces en trois,dont l’un est pour le Clergé , l’autre pour la Noblesse, & lc troi-sième pour le tiers-Etat. Dans les derniers Etats généraux tenusen France , en 1614 . à Paris , il y avoit dans la chambre duCierge cent Quarante Députez, tant Cardinaux, Archevêques &Eveques, qu autres Ecclésiastiques ; en celle de la Noblesse, centtrente-deux Gentilshommes ; & en celle du tiers-Etat, cent qua-tre-vingt-douze Députez, presque tous Officiers de justice ou desfinances. Dans la procession générale , le tiers-Etat marcha de-vant, la Noblesse après, & le Clergé ensoite. Pendant la séan-ce , le Roi Louis XIII . étoit fur un siège élevé, accompagné dela Reine mere, de Monsieur frere du Roi , des Princes & desgrands Officiers de la couronne, placez chacun selon leur rang,[ur un grand theatre. Au milieu de la salle, étoient plusieursbancs rangez en face des deux côtez. L'Ordre éccleliastiqucetoit astis au côte droit, la Noblesse au côté gauche, ayant ster-ilere soi le tiers-Etat. Ces trois Ordres ou chambres avoient
leurs Présider», qui étoient, le Cardinal de Joyeuse, pour seClergé ; le Baron de Sennecey, pour la Noblesse ; & le Prévôtdes Marchands de Paris, pour le tiers-Etat 11 y a des Auteurs,comme Boucher dans ses annales d’Aquitaine, qui parlant desEtats du Royaume, en font quatre Ordres, prenant les Officiersde justice pour un quatrième ; maie ils sont reputez du tiers-Etat.
L’opinion qui donne à la France trois crapaux ou troiscouronnes pour armes, est fabuleuse, & n’a point d’autorité ;quoiqu’on nous veuille persuader que l’on en voit encore desmarques fur les portes de la ville de Bayonrie , & en quelquesautres endroits du Royaume . Quelques-uns disent que les armesde Csovis étoient trois croissants en champ de gueules : ce quipeut avoir quelque vrai-semblance , puisqu’on voit encore au-jourd’hui un tombeau des Rois semé de croissants, dans FE-gsise de Soissons ; mais pour les crapaux, il y a apparence queles Heurs de lis paroissant mal formées dans les vieilles peintu-res , on les a prises pour ces animaux, à qui elles reffembloienten quelque feçon. On dit que Clovis ayant embrassé le Christia-nisme , reçut du ciel les trois sieurs de lis d’or en champ d’azur,& s’en servit depuis pour armes ; mais les Rois de la seconderace quittant les armes de la famille de Pépin, qui portoit troisaigles d’or en champ de gueules, prirent semé de France à sieursde lis fans nombre. Charles Martel , père de Pépin , en avoitdé j a pris six, avec le chef de France , comme Prince & Ducdes François. Hugues Capet porta auffi semé de France , &ses succcesseurs, juíqu’à Charles VI . qui les réduisit à trois, &rappella l’usage des premiers Rois.
DES FVNER AILLES DES ROIS D E FRANCE .
La couleur violette a toujours été le deuil des Rois de Fran-ce ; le poêle du cercueil etoit aussi au commencement de veloursviolet, semé de fleurs de sis d’or en broderie ; mais depuisFrançois I. on Fa fait de velours noir , à une croix de latinblanc, armoriée des écus de France . Lorsque le Roi est mort,on le met sur un lit de parade , la face découverte , vêtu d’unpourpoint de latin blanc, pour être vù pendant quelque tems.Ensuite son corps est embaumé, & enfermé dans un cercueilde plomb, couvert d’un autre de bois , avec un velours noircroise de latin blanc par-dessus. Ce cercueil couvert d’un drapd’or, à une grande croix de toile d’argent, est pose fur un Istmortuaire, & sous un dais de drap d’or, dans la chambre duLouvre, ou autre maison royale. On dresse deux autels auxdeux côtez, où l’on dit incessamment des Messes. D’un côtésont des chaises pour les Cardinaux , un banc pour les Prélats,& d’autres bancs pour les Aumôniers, & pour les quatre Or-dres des mendiai», qui y psalmodient. De l’autre côté , il y ades chaises pour les Princes du sang, & pour les Officiers’ dela couronne , pour les Chevaliers de l’Ordre, & pour les Gen-tilshommes de la chambre. Cette cérémonie dure dix-huit jours;& l’on porte ensuite le corps dans la grande salle, sous le litde l’éffigie. Cette effigie est une figure de cire, qui représentele Roi au naturel , & est revêtue d’une camisole de satin cra-moisi , avec la tunique dc serin, semée de fleurs de sis d’or, &le manteau royal de velours violet. Elle a au col l’Ordre dusaint Esprit ; sur se tête , un bonnet de velours cramoisi, avecla couronne royale au-destt» ; & aux jambes, des botines develours rouge, fleurdelisees d’or. Aux deux côtez sont desautels où l’on dit la Messe, avec des chaises & des bancs, com-me il y en avoit dans la chambre. Les Officiers servent tousles jours l’éffigie du Roi avec les mêmes cérémonies qu’ils soi-soient de son vivant ; puis on ôte ce lit d’honneur, & on ex-pose en la même place le cercueil du Roi, environné de quan-tité de cierges, & accompagné des Prélats , des Chevaliers del’Ordre, & autres Officiers. Trois jours après, le Roi succeCseur vêtu de deuil, accompagné des Princes & des Seigneursde la Cour aussi en deuil, va donner de l’eau bénite au corpsdu Roi défunt. On avertit ensuite les Cours souveraines, desc trouver au lieu destiné pour la cérémonie de Fenterrement.Cette cérémonie commence dans Paris , par la marche des Ar-chers de la ville, des quatre Ordres dc mendiai» & autres Re-ligieux , de cinq cens pauvres , des trente Crieurs , des Officiersdu chàtelet & de la ville, des Paroisses de Paris , des Musiciensde la chapelle du Roi, des haut-bois, trompettes & tambours,portant leurs instrumens traînai» & couverts de crêpes. Aprèsviennent les Officiers du Régiment des Gardes, les cent-Suil -ses, les Officiers de la masson du Roi, la Cour des monnoïes,la Cour des aydes , & la Chambre des comptes. Le grand-Maitre des cérémonies précède le chariot d’armes , où est le cer-cueil du Roi ; les Gardes Ecossoifes marchent a côté, & derrièresuivent le Capitaine des Gardes du corps, les Ecuïers, les Aumô-niers, les Eveques & les Archevêques à pied ; puis les Ambassadeursdes Princes étrangers, le Nonce du Pape, & les Cardinaux. Apresvient la Cour de Parlement, en robe rouge; & au milieu desPréiìdens est porté le lit où est R effigie du Roi, des grandsOfficiers de la couronne , des Princes du lang , des Ducs & Pairsde France, & des Chevaliers de l’Ordre du saint Esprit . Cettemarche est terminée par les cent Gentilshommes & autres Offi-ciers en deuil. Le Convoi va d’abord a nôtre-Dame, ou on ditla Messe, & Foraison funèbre ; & le lendemain tous ceux duconvoi se rendent en cette Eglise , pour conduire le corps &Feffigie à saint Denys en France. Lorlquils sont arrivez a lacroix de saint Lazare , entre la porte samt Denys & la fausseporte, les Paroisses & les Religieux rentrent dans Paris ; & ceuxqui doivent accompagner le corps montent à cheval ou en caros-