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Tome IV
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se jusqú’à la croix qui panche , près feint Denys , où le Prieur& les Religieux de l’Abbaye viennent recevoir le corps & 1 effi-gie ; & la marche se continue en ordre jusques dans leur Eglise,où après la Messe on fait la Ceremonie de l’enterrement, en lamanière suivante. Le corps ayant été mis dans le tombeau, unRoi-d’armes appelle tous ceux. qui portent les pièces d’honneur;scavoir , les cottes d’armes des Hérauts , l’ensoigne des Suisses ,les quatre enseignes des Gardes du corps , les deux enseignes descent Gentilshommes , les éperons, les gantelets , l’écu du Roi,là cotte d’armes, le heaume timbré à la royale, le fanon du Roi,l’éoée rovale, la bannière de France , le bâton dc Maître d’hò-

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*el, & celui tíe grand-Maitre, la main de jussice, le sceptre &la couronne, pour le venir déposer sur le tombeau. Ensuite legrand-Maitre prononce d’unc voix un peu élevée : Le Roi ejimort ; & à ces paroles répétées trois íois par un Roi d’armes,qui ajoute, priez Dien pour fin Ame ; tout le monde se met àgenoux. Un peu après, le grand-Maitre retire son bâton de lafosse, & dit tout haut : Vive le Roi N* * * fr c. par la grâce

longue. Aum-im it» nuiuptnw , -—-, —- _

les fifres commencent à sonner, & chacun reprend les piècesd’honneur qui avoient été déposées dans la fosse. Cette cérémo-nie sc termine par un festin funèbre. Les Princes font conduitsdans une salle, & le grand-Maitre , avec ceux qui ont porté lespièces d’honneur, clans un autre. Après le dîner , le grand-Maitre fait une petite harangue aux Officiers de la maison duRoi ; & ayant rompu son bâton , pour marquer que leurs chargessont finies , il promet de les recommander au Roi régnant, pourles maintenir dans leurs offices qu’ils continuent comme aupara-vant, par une grâce de fa Majesté. II faut remarquer ici quele Chancelier de France ne porte jamais le deuil, & ne se trou-ve jamais aux funérailles du Roi ; non plus que le Connétableou Chef général des armées ; ni celui qui le représente dans lesautres cérémonies ; & que le grand-Maitre, qui rompt le bâtonen présence des Officiers de la maison , ne le rompt pas pourles Officiers de la couronne , ( dont le Chancelier en est un, )parce que leurs charges regardent l’Etat, & non précisément lapersonne & la maison du Roi : c’est pourquoi estes ne finissentpoint à fa mort. Après le décès du Roi Louis XIV . arrivé lepremier Septembre 1715. son corps avant été embaumé, & misdans un cercueil de plomb , fut mis fur un chariot, couvert develours noir, croisé de moire d’argent, traîné par huit chevauxcaparaçonnez de même, & fut conduit à saint Denis en France,accompagné des Gardes du corps, Mousquetaires, & Pages dela chambre à cheval, & des cent Suisses & Officiers de fa mai-son à pied , précédez d’un grand nombre de pauvres , portanschacun un flambeau. Les Prieur & Religieux de saint Denis enchappe, vinrent au-devant du corps jusqu’à la croix panchante,& le conduisirent en l’Eglise de l’Abbaye, où le Cardinal de Ro-han, grand Aumônier de France, fit un discours en le présen-tant aux Religieux , auquel le Prieur de l’Abbave répondit. En-suite le corps fut porté dans le chœur, où il demeura en dépôtpendant lix semaines. Tous les jours st s’y dit une Messe solem-neste , où les Seigneurs de la Cour & tous les Officiers de lamaison du Roi assistèrent ; & deux Religieux prièrent à genouxjour & nuit. Ce tems expiré , & tout étant préparé pour lacérémonie de ses obsèques , son corps y fut inhumé après laMesse solemnelle & l’oraison funèbre , en présence des Princesdu fang , des Ambassadeurs , du Clergé , & des Compagnies sou-veraines qui y avoient été invitées : & la cérémonie lè passa sui-vant l’ancien usage, & de la méme manière qu’este est rappor-tée cì-dessus.

S VITE C E N E A L O G I gJU £ D E S ROISde France .

Dans toutes les éditions précédentes de ce dictionnaire, on amarqué les Reines & les enfans de chaque Roi à son article,ce qui mettoit le lecteur curieux de connoître les familles roïa-les, dans la nécessité de parcourir ces différons articles, & des’en dresser des tables généalogiques pour son propre usage. Ona crû devoir l’exempter de cette peine ; ct on a considéré de plusque les trois Maisons qui ont régné en France méritant plusd’être connues qu’aucune de celles qui ont leur place ici, ondevoit en quelque sorte engager ceux des lecteurs qui n’auroientpas assez de curiosité pour en rechercher la connoifiance, à pro-fiter du moins de la recherche exacte qu’on en a faite.

Rien n’est plus incertain que le tems où l’on doit placer le com-mencement de la Monarchie Françoise ; mais il semble qu’on nerisque rien à retrancher Pharamond du nombre des Rois. Lesmeilleurs Critiques de ces derniers tems le rejettent, avecd’au-tant plus de solidement, qu’aucun Ancien ne fait mention delui ; & ainsi nous commençons par Clodion .

ROIS DE FRANCE D E LA PREMIERE RACE,dite des Mérovingiens.

I. Clodion , surnommé le Chevelu , à cause de ses longs che-veux, Roi des François, commença à régner vers l’an 414. &mourut l’an 431. après un règne de plus de z 7. ans.

II. Merouée , Roi des François, fils ou parent de Clodion ,commença de régner en 451. C’est de lui que les Rois de laprémière race ont pris le nom de Mérovingiens, à cause de sesbelles actions; car il étendit les bornes de son Royaume bienavant dans la seconde Belgique & prémière Germanie, s'ap-prochant des rivages de la Seine , de la Marne, de la Meuse & de la Moselle , où il prit & brûla la ville de Trêves, &mourut l’an 436.après un règne de 6 . ans. De fa femme, dontle nom est ignoré , il eut Childeric I. du nom, qui fuit.

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II!. Childeric I. du nom , Roi des François,. succéda à sonpère l’an 4,6. mais il fut dépossédé de son trône l’année sui-vante par ses sujets irritez de le voir attenter à la pudicité deleurs femmes & de leurs filles , & contraint de se retirer versBafin , Roi de Thuringe, au-de-là du Rhin . Les François se sou-mirent à Gilon, Général des troupes romaines dans les Gau-les ; mais lassez de fa conduite, il rappellèrent Childeric l’an464. 11 prit Angers, Orléans , & les Isles des Saxons , &mourut dans son idolâtrie lan 481. en la r;, année de son rè-gne. Voyez CHILDERIC . II eut pour femme Bafine , laquel-le charmée des bonnes grâces de Childeric , quitta après l’an464. Bojin , Roi de Thuringe son mari, pour le venir trouver,dont elle eut Clovis 1 . du nom, qui suit. 11 eut aufii des filles ,mais il ríefi pas certain fi elles étoient toutes de Bafine. Cesfistes forent , Alho fie de , dite Blanchefieur, qui fut baptisée avecle Roi son frère, & mourut sans alliance ; Lanthilde , qui abju-ra l’hérésie des Arriens , & fut baptisée en 496. & Audefede ,alliée à Theodoru , Roi des Ostrogoths.

IV. Clovis I. du nom, dit le Grand , & le prémier Chrétien ,né vers Pan 467. succéda à son père l’an 481. prit les villes deBoissons & de Reims ; défit les Thuringiens en 491. & rempor-ta une signalée victoire à Tolbiac en 496. II se fit baptiseraReims le jour de Noël de la même année, ct mourut le 26.Novembre y n. âgé de 49. ans, après avoir régné 30. ans.Voyez CLOVIS. 11 avoit épousé l’an 492. Clotilde , seconde fil-le de Chilperic , Roi de Bourgogne, laquelle contribua à la con-version du Roi son mari , après la mort du quel elle se retira àTours , & y mourut le 3. Juin 948. âgée de 70. ans. VoyezCLOTILDE. Leurs enfans furent ; 1. Ingomer y mort peu dejours après son baptême. 2. Clodomir , Roi d’Orleans, qui vain-quit Godomar, Roi de Bourgogne , dans la plaine de Voiion;mais poursuivant trop vivement fa victoire, il fut tué l’an 524.âgé de 50. ans, & après en avoir régné 13. ayant eu de Gurr-diuque, laquelle se remaria à Clotaireì. du nom , Roi de Fran-ce , Thibault s Gonthier, massacrez à Paris par le Roi Clotai-re I. du nom, l’an 952. & S. Cloud, qui ayant été sauvé dumassacre de ses frères , prit l’ordre de Prêtrise , & mourut le

7. Septembre. Voyez CLODOMIR. 3. Childebert I. du

nom, Roi de Paris ou de France , qui fonda l’Abbaye de S.Germain des Prez, & mourut se 2;. Décembre 998- après unrègne de 47. ans, ayant eu d’Vltrogotbe , íà femme, Crotber-ge & Crodefinde , qui furent chassées de la Cour avec leur mè-re par le Roi Clotaire , lors qu’il parvint à la couronne ; maisestes furent rappeûées par le Roi Charibert leur cousin. VoyezCHILDEBERT. 4. Clotaire I. du nom , qui fuit ; 9. & Clotil-de , mariée l’an 917. à Amalarh , Roi des Wifigoths, duquelelle fut fort maltraitée à cause de fa Religion , morte en 6} x.Voyez CLOTILDE. Le Roi Clovis eut aufit pour fils naturelThierry, qui fit la prémière branche des Rois /FAufirafie , rap-portée ci-apres.

V. Clotaire I. du nom , Roi de France , de Boissons & d’Au-stralìc , surnommé le Vieux , succéda à la couronne de France l’an 998- ct mourut à Compiegne le 10. Novembre 961. âgéde 64. ans. Voyez CLOTAIRE . 11 épouse 1. Ingonde, nomméela Reyne ; 2. Hardegonde, sœur de la Reine Ingonde, qui futmariee du vivant de sa soeur. 3. Chunfine , dit aussi Gunsine& Gunfinde. 4. Sainte Radegonde, fille de Berthaire , Roi deThuringe , mariée Pan 938- morte le 13. Août 387. 3. Gundiu-que, veuve de Clodomir , Roi d’Orléans , son frère aîné. 6.Waiderade ,veuve de Thibault, Roi d’Australie , & fille deVacbon, Roi des Lombards. Plusieurs Auteurs veulent que cesdeux dernières femmes n’étoient que des concubines, dontClotaire n’eut point d’cnsens : ceux qu’il eut de son prémier ma-riage forent, 1. Gantier, mort du vivant de son père. 2. Chil-debert, mort jeune; 3. Charibert, Roi de France ou de Pa-ris , qui fut attaqué par ses Huns, qui ravagèrent son Royau-me, ct qui fut interdit des sacremens par S. Germain, Évê-que de Paris , à cause de ses mariages illégitimes , & mourutl’an 3Ó7. âge d’environ 49. ans. Voyez CHARIBERT . U épousa1. lngoberge, du vivant du Roi son père, & la répudia pourépouser Mirefieur , fille d’un pauvre ouvrier en laine, laquel-le était servante de la Reine lngoberge, & gagna le Roi Cha-ribert par se beauté. II prit pour troisième femme, ou concu-bine Teudegilde, fille d’un Berger, qui survécut le Roi Chari-bert, & tâcha de gagner Contran Roi d’Orléans , par ses at-traits , lequel s’etant saisi de ses trésors, la fit enfermer dans1 e Monastère d’Arles , où elle mourut ; & pour troisième fem-me , ou concubine , Marcoiiefi , sœur aînee de Mirefieur , la-quelle quoiqu’este eût seit vœu de virginité , épouse le Roi Cha-ribert après la mort de fa soeur , ce qui obligea S. Germain Evê-que de Paris de les excommunier. Du premier mariage du RoiCharibert , vint Berthe , mariée à Ethelbert , Roi de Kent enAngleterre , qui se convertit à la foi catholique Pan s 97. par lebon exemple que lui donna se femme; & du troisième sortitN. mort peu de jours après se naissance. Les Historiens nesoavent à quelle femme, ou concubine de Charibert attribuerles deux filles qui suivent, sçavoir Bertefiede, Religieuse à Tours ,puis au Mans qui ne songea point à ce qui étoit de se protêtlion ; & Crodielde, Religieuse en l’Abbaye de sainte Croix dePoitiers , où elle sc révolta contre son Abbesse Pan 989. ct f»*cause de grands désordres. Voyez CRODIELDE. 4. Gontran ,Roi d’Orléans & de Bourgogne, mort le 27. Mars 993. qui eutpour prémière somme , ou concubine, Venerande, jeune fillede bas lieu, dont il eut Gonbaud, qui fot empoisonné à Or-léans par les menées de Marcatrude , fille de Magnacaire , Ducdes François Transjurans, que le Roi Gontran avoit épousee.11 la répudia, & prit une troisième alliance avec Ausiregilde -,