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Tome IV
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François, naquit près de Péroné, . Diocèse de Noyon eft 1610.

& à F âge de quinze à seize ans, il prit l’habit au Couvent desCordeliers de la même ville. Dans les ouvrages il se dit quelquefois simplement Peronensts , & quelque fois minorita Peronensts.Après la profession, on l’envoya étudier au grand Couvent deParis , & prendre les degrcz dans la célèbre Faculté de cetteCapitale. 11 prit le bonnet de Docteur l’onzième Décembre1662. & depuis il ne sortit point du grand Couvent, où il futplusieurs fois élu Supérieur. Aidé des libéralitez du Roi, il dé-cora le grand autel d’un tabernacle de marbre, dont la matière& l'ouvrage font également admirez des connoisseurs. L’autelde sainte Elizabeth elt encore une preuve de son bon goût, &de la confiance qu’avoit en lui la Reine Marie Thérèse. En 1682.le Père Fraisen , en qualité de Gardien de Paris , assista au Cha-pitre général de l’Ordre de làint François , qui se tint à Tolède en Espagne , & la jalousie des nations n’empêcha pas qu’il ne futélu Définirent général de tout l’Ordre de làint François. A sonretour, le Roi lui dit qu'il étoit satisfait de la conduite qu’il avoirtenue dans les Royaumes étrangers. En 1688- se P. Frästen, enqualité de Définirent général, assista au Chapitre de l’Ordre,ui se tint à Rome , où présida le Cardinal Cibo, sous le Ponti-cat d Innocent XL II y eut quelque question à discuter entreles Religieux François & ceux des autres pais. Le Père Fraf-sen fut chargé de porter la parole : la conjoncture étoit délica-te , & il ne s’y étoit pas attendu. Cependant il s’en acquittaavec tant de prudence, que , fans choquer aucune des autresnations , il soutint avec force & gravité Fnonneur & les intérêtsde la sienne, & mérita, après son retour de Rome , de recevoirde la part du Roi le même honneur qu’il en avoit reçu après sonretour d’Eípagne. Ces deux voyages, & un troisième qu’il fit

Í >our visiter une Province , en qualité de Commissaire général,ùrent les seules sorties de quelque durée, qu’il fit hors du grandCouvent de Paris , pendant soixante ans qu’il y demeura. 11 s’ytenoit dans une exacte retraite, exemte de dissipation ; mais nonpas de travail. 11 y enseigna un cours de Philosophie étant en-core jeune Bachelier. Depuis, étant devenu Docteur , il y en-seigna la Théologie pendant environ }o. ans. II fut souvent dé-puté par ordre du Roi, pour informer & donner son avis sur desaffaires de grande conséquence, & qui demandoient une pruden-ce consommée. Le Parlement de Paris l’honora de semblablescommissions. Les Archevêques de Paris l’estimoient & le con-fultoient, soit fur les matières de doctrine, soit fur le règle-ment des mœurs. Plusieurs personnes considérables, des famil-les de grande distinction , & des Communautez très-règlées seconduisoient par ses conseils : même des Ordres religieux entiers,sc trouvant dans des différens sentimens fur des questions, quiregardoient leur gouvernement, recouroient à lui volontiers ,lui proposoient leurs doutes avec confiance, & recevoient sesdécisions avec docilité, comme s’il avoit été leur légitime Supé-rieur. Ayant atteint la 8ç. ou 86. année de son âge, le P. Pras-sen , que fa bonne constitution & fa vie réglée avoient entretenudans une santé assez ferme , commença à plier sous le poids dela vieillesse & de quelques attaques d’apoplexie, qu’il sentit parintervalle. II perdit aussi successivement l’uíàge de ses yeux,& mourut enfin, le 26. Février 1711. vers les deux heures aprèsmidi, dans la 91. année de son âge, & la 74. de fa profession.Voici le catalogue de ses ouvrages. Sa Philosophie a été im-primée trois fois différentes. 1. in 4. 1. vol. 2. à Paris , en 1688-in 4. 2. vol. ;. A Toulouse , en r686. in 4. 2. vol. Sa Théolo-gie à Paris , en 1672. & années suivantes, in folio, 4. vol. Latraduction en ftançois des lettres de saint Paulin , à Paris inJ2. r. vol. Difqusttìones Biblica , à Paris en 1682. in 4. tom. I.1. vol. & 1 c tom. 11 . en 1705. in 4. I. vol. Outre cela il a don-né au public quelques livres de piété dont on a fait différenteséditions. Ouvrages posthumes:. Le prémier tome des Difquist-tiones biblica étoit chez le Libraire en 1712. prêt à être missous la presse pour la seconde fois. Sa Theologie étoit la mêmeannée en état de revoir le jour, avec un cinquième volume.

* Mémoires du Sems. Bibliothèque du RichcUt de 1728-FRASSINETO , OU FRASCINETO, ancien bourg d’Italie .II est dans le Montferrat près du Pô , environ à une lieue au-dessous de Casai. * Baudrand.

FRATEL » Bartholoméo da Savignano. Cherchez BACCIO.FRATEL del Piombo , fameux Peintre . Cherchez SEBA-STIEN de Venise .

FRATICELLI, Frérots ou B fiches, hérétiques qui s’élevè-tent dans la Marche d’Ancone, vers l’an 1260. Ils eurent pourChef Herman Pongilupo de Ferrare , homme hypocrite , quiavoit tellement trompe les peuples , qu’après fa mort on avoitérigé des autels en son honneur dans fa patrie, & que même dansl’Eglise cathédrale on avoit exposé son portrait à la vénérationdes fidèles. Le relâchement introduit dans l’Ordre de saintFrançois , fut Poccasion de cette hérésie : divers Religieux zèlezpour l’observance régulière ayant été maltraitez par les Supé-rieurs , il y en eut qui ayant suivi leur exemple avec un zèlemoins pur que le leur, voulurent secouer le joug de l’obéif-sance ; & les Papes n’ayant pas été favorables à leur rébellion,non plus que les puissances temporelles , ils vinrent à haïr lesuns & les autres ; il y en eut même qui osèrent avancer qu’onne devoit point obéir aux Souverains, parce que la condition deChrétien ne convenoit pas à celle de Souverain. On ajoute quequelques-uns d'entr'eux poussèrent la haine contre la propriété ,jufqu’à prétendre que dans le Christianisme , de même que dansla République de Platon , les femmes dévoient être communes;& si l’on en croit les Auteurs , ces malheureux ne sc bornoientpas à U spéculation, ct mettoient cette détestable maxime en

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pratique. îl y eft avoit pourtant entr’euX, qui vìvoìent en Com-munauté dans un Cloître. II y avoit une maison de Frérots à Pe-rouse, & une autre fort près de cette ville , dont les habitansleur etoient tres-fàvorables, en même tems qu’ils étoient contrai-res aux Religieux de saint François , qui à la vérité avoient biendégénéré de la vertu de leurs prédécesseurs. Le Pape BonifàceVlll. condamna les Frérots en i;oo. & par son ordre le corpsd’Herman Pongilupo fut déterré & brûlé ; mais cette condamna-tion ne fut pas capable de faire cesser les désordres. Ces héréti-ques le répandirent par toute l’Europe ; mai Jean XXII . lesayant encore condamnez, & leur faisant une rude guerre, laplûpart se retirèrent en Allemagne , où ils furent sous la pro-tection de Louis de Bavière, & cette malheureuse secte, où iletoit entre un grand nombre de libertins , le dissipa peu après.On remarque que le commentaire de Pierre-Jean Olive, Frère mi-neur de la Province de Beziers , fur l’Apocalypse ,’ contribuabeaucoup au progrès de l’héréiie. Ce Religieux s’étoit déclaréde même que les Frérots contre la propriété : il vantoit la règlede saint François comme la règle Evangélique observée par Jésus*Christ & par les Apôtres, & il joignoit à cela une satyre outréede la Cour romaine, avec si peu de ménagement & de circon-spection , qu’il paroissoit attaquer l’Eglise même, & que lesFrérots le crûrent de même que ses ennemis. Ce Religieux étoitnéanmoins très-eloigné de leurs pernicieuses maximes, il nepensoit pas comme eux a se soustraire au joug , il demeura toù-jours soûmis à ses Supérieurs, & il mourut dans le sein de l’EgliseRomaine , avec la réputation d’un homme de bien. Foycz finarticle. * Prateole, Her m. Bozoc. Fratic. Wading , annal, mi-nor. tom. 2. voyez aussi Bayle diíl. crit. 4. édition.

FRATTA, bourg de l’Etatde l’F.glise, en Italie , si est dansle Perugm , entre Perugia & Città di Castello, sor le Tibre , oùil a un pont. Cluvier a cru, que ce lieu est la petite ville de1 ancienne Ombrie , nommée Tustcum : mais l’on assure, queles masures de Pandémie Tustcum sont dans la Marche d’Ancone,entre Fabriano & Matelica ; parce qu’on y a déterré des pierreslùr lesquelles on a trouvé le nom de Tustcum.

FRAUDE, Divinité , etoit invoquée par les anciens Païens,dans les occasions ou ils appréhendoient d être trompez, ou peut-être même lorsqu ils souhaitoient de faire réussir quelque trompe-rie. La forme lous laquelle on l'adoroit, étoit monstrueuse. Elleavoit le visage d’une jeune femme parfaitement belle , & le corpsd un serpent tacheté de plusieurs couleurs , avec une queue descorpion. Le visage marquoit les belles apparences sous lesquel-les té cache la fourberie ; le corps bigarre, exprimoit les diver-ses ruses dont se servent les trompeurs ; & la queue de scorpion,fàilòit voir la malice & le venin qui se trouve toújours au boutde toutes leurs démarches.

t FRAUENFELDEN, Capitale du Landgraviat de Turgo-vie en Suisse , situé au deçà de la Mark près de son entrée dansla Thur & dans une contrée fort riante. Elle doit son origineà une Comtesse de Winter thur , dont les anciens Comtes deFrauenleiden deícendoient. Cunon & Conrad vécurent du temsde l’Empereur Frédéric Barberousse . Après l’extinction de la fa-mille de ces Comtes , la ville de Frauenleiden avec la Turgovie tomba aux Comtes de Kybourg ; ct de ceux-ci à ceux de lìabs-purg, qui la firent gouverner par des Bailsifs, qui rendoient lajustice a Winterthur. Mais lorfqu’en 141 ç. du tems du Concilede Constance , l’Archiduc Frédéric d’Autriche fut mis au Ban del’Empire, l’Empereur Sigismond , aidé des villes impériales deSuabe, s’empara de la Turgovie & après un siège de 8- jours,de la ville de Frauenleiden , & les unit à l’Empire. L’Archi-duc Frédéric ayant obtenu sa grâce en 1418- on lui restituaaussi cette ville , qui demeura dans la maison d’Autriche , jus-ques-à-ce que les Suisses en 1460. pour complaire au Pape Pie11. allèrent dans la Turgovie & prirent la ville de Frauenleidenct son Bailliage, qui rendirent ensuite hommage aux VU. an-ciens Cantons. Lorfqu’en 1461. la paix fut conclue à Constan-ce , Frauenleiden & la Turgovie demeurèrent aux Suisses , quiy envoyent tous les 2. ans un Baillis; par le traité , conclu àArau en 1712. le Canton de Berne a aussi obtenu une part égaleavec les VII. anciens Cantons, au gouvernement de la Turgovie .La ville de Frauenfelden a deux Préteurs, l’un Réformé & F au-tre Catholique, qui font régnants alternativement. A ces deuxPréteurs on joint une troisième personne tiroe du petit Conseil.& ce Triumvirat décide toutes les causes civiles , pourvoie lesOrphelins de Tuteurs, lève les impôts & les accises & garde lesclefs des archives. Le petit Conseil est composé de 12. membres,8- Réformés & 4. Catholiques. Le grand Conseil est de 50. per-sonnes , y compris le petit Conseil. Les affaires criminelles setraitent devant le grand Conseil, & en cas d’appel , on va de-vant les Cantons, auxquels la Turgovie apartient. Depuis quela ville de Baden n’apartient plus, par le traite de 1712. qu’auxCantons de Zuric, de Berne & de Claris, celle de Frauenleidena souvent l’honneur que la Diète des Cantons s’y tienne. * Stumpfi/. %. p. 98. b. /Egid. Tfchudy. chron. Mjcr. P. 1 . ad ann. 141;.fr p. 4. ad ann. 1460. fr 1461. Simler de Republ. Helvet. I. 2.ibique Jacob Loir in annotas, p. 664.

t FRAUSTADT , place dans le voisinage de Lissa fur lesfrontières de Pologne . Ce fut près de là que le Général Ren-fchild qui commandoit une armee du Roy de Suede forte seule-ment de neuf mille hommes, attaqua & battit sei;. Fevrier 1706.celle des Saxons & des Moscovites qui montoit à vingt un millehommes. * Mémoires du tems. Th. Corneille diíl. géogr.

FR A WEN BU RG , en latin Fravemburgum, bourg de Po-logne dans la Prusse royale, fur se golfe de la mer Baltique, queTome IIP. X ceuX