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Tome IV
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1311. II reçut une seconde fois la couronne en taiç. des mainsde Siffroy , Archevêque de Mayence , Légat du íaint Siège,& demeura paisible possesseur de l’Empire , en 1218. parlamort d’Othon. Depuis il tint les Estats à Nuremberg , fitplusieurs règlemens , pour pacifier l’Allemagne ; & suivant lacoutume il alk encore recevoir la couronne a Rome des mainsdu Pape Honorius 111 . Confiance d’Aragon, fa femme, fut cou-ronnée avec lui. II renonça à toutes ses prétentions fur lesDuché/, de Spolette & de Toscane , en faveur du saint Siège ,auquel il donna le Comté de Fondi ; & promit en même temsde ne rier> entreprendre contre les droits de l'Eglise , & d’allerdans deux ans taire lu guerre en Orient aux Sarrazins. 11 netint pas d’abord fa parole , ce qui le mit mal avec le Pape , dé-jà irrité pour un autre sujet. Frédéric marcha en 1221. con-tre Richard & Thomas Comte d’Agnani, Princes de Toscane ,frères du Pape Innocent 111 . qui avoient pris quelques villes dansla Fouille, & qui sollicitaient les autres à la révolte. 11 ' pritle premier prisonnier dans le Château de Sara , nrit l’autre enfuite ; & ayant exilé les Evêques qui avoient elté complicesde cette révolte , il mit d’autres Prélats en leur place. Le Pa-pe Honorius , qui fe déclara protecteur des uns & des autres,manda à Frédéric, que comme Roi de Sicile valsai de l'Eglife,il ne pouvoit les depofer ; qu’il n’estoit pas Juge des Ecclé-siastiques ; & que, s’il ne fongeoit à aller combattre les Infi-dèles , comme il í’avoit promis , il l’excommunieroit. Frédériclui répondit, que comme Empereur & Roi de Sicile , il estoitJuge souverain de ses sujets, & même des Ecclésiastiques dansles causes séculières ; qu’il vouloir laisser cette prérogative à sessuccesseurs , puisqu’il ravoir reçue de ses prédécesseurs ,- qu’ilaimoit mieux perdre l’Empire , que de faire une lâcheté ; queplus on autorisoit les factieux, moins il devoir leur pardonner;6 c que quand il auroit la paix dans son Estât, il seroit prêt àporter la guerre dans l’Orient. Le Pape offensé de cette ré-ponse , l’excommunia en 1222. Cette affaire fut accommodéeTannée suivante ; & Frédéric , qui avoir perdu Constance sonépouse le 22. Juin 1222. épousa loland fille de Jean deBrien-ne , Roi de Jérusalem , & promit de partir pour la terre-làin-te dans deux ans, à commencer au mois d’Août 122$. Onfit de grands apprêts pour cela ; & après diverses menaces quelui fit le Pape , il s’embarqua le 19. Septembre 1227. au portde Brindes , accompagné de Louis dit le Saint , Landgrave deThuringc ; mais après trois jours de navigation , estant tombémalade, ou feignant de T être, il changea de route , & pritterre à Otrane. A cette nouvelle , quarante mille Croisez, quiessuient deja partis , retournèrent dans leurs maisons , ceuxqui essuient prêts à partir rompirent leur voyage, & le PapeGrégoire IX . excommunia l’Empereur. Celui-ci attira dans sonparti les Comtes de Frangipani, & attaqua l’Estat de l’Eglife avecune armée composée la plupart de Sarrazins, qu’il avoir trans-portez de la Sicile dans la Fouille. Le Pape lui opposa ses trou-pes & un secours considérable qu’il tira des villes de Lombar-die. Quelque tems après le 11. Août 1228. Frédéric partitpour la Terre-sainte. Grégoire IX . qui estoit ardent & passion-né , le poursuivit jusques dans la Palestine. Le Patriarche deJérusalem & les grands-Maitres du Temple & de l’hôpital desaint Jean refusèrent d’obéïr à T Empereur , & Farinée chrétien-ne , commandée par Henri Duc de Limbourg, ne reçut les or-dres des Lieutenans impériaux , que de la part de Dieu & dela Chrétienté. Les Chevaliers Teutoniques , les Génois, lesPisans , les Allemans , & les Vénitiens en secret tenoient pourFrédéric. 11 fit la paix le 18. Février 1229. avec Meledin , Sul-tan de Babylone, qui lui remit Jérusalem, Bethléem , Naza-reth , Thoron , Sidon, avec les prisonniers Chrétiens ; & l’Etn-pereur céda aux Sarrazins le Temple de Jérusalem , pour y fisi.re l’exercice de leur loi, & promit qu’on n’aslisteroit ni ceuxd’Antioche , ni ceux de Tripoli , ni les autres qui n’essoient pascompris dans la trêve. Ensuite Frédéric se mit lui-même lacouronne sur la tête , dans l’Eglife du Saint Sépulcre, parcequ’aucun Prélat ne voulut avoir de commerce avec lui. LesTempliers & les Chevaliers de saint Jean de Jérusalem récla-mèrent hautement contre le traité de Frédéric, lequel à la vé-rité estoit très-désavantageux à la Religion. A son retour deSirie , fur la fin du mois de Mai 1229. il fe saisit des biensque les Templiers & Hospitaliers avoient dans ses Estais, & pil-la encore les autres biens ecclésiastiques. 11 reprit en quinzejours , toutes les places qu’on lui avoit prises , & conquit ensui-te la Romagne , la Marche d’Ancone , les Duchez de Spolette& de Benevent ; puis ayant investi Rome , où estoit le Papecontent de savoir étonné , il fe retira dans Capouë. L’annee

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l Egaie. U recommença les violences avec mus a aigreur ; ocTan 12; v esta»t en Allemagne , il fit mourir son fils ainé Henrien prison, parce qu’il s’estoit mis à la teste dc ceux qu’il op-primoit par ses injustices. II s’emporta jusques à écrire contrelc Pape, & on cite entr’autres libelles , des vers , norr-seule-

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ën 1256. & mit Frédéric Duc d’Autriche au ban de TEmpire.Deux ans après, ayant passé les monts, avec cent-mille hom-mes il vainquisses Milanois, & en fit un grand carnage. IIprit plusieurs autres villes, soûmit la Sardaigne , triompha desforces de Venise & de Gènes , lé rendit maître du Duché d’Ur-bin , de la Toscane , & vint assiéger Rome en 1240. Ce futdans cette occasion qu’ìl sit fendre la tête en quatre , ou mar-quer avec un fer chaud fait en croix , le front des prisonniersqu’il fâifoit, parce qu’ils s’essoient croisé contre lui ; & ensui-

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te il alla saccager Benevent, le mont Dassin , Sora , L les ter-res des Templiers. La plûpart des villes d’italie fe divisèrenten deux factions. Grégoire voulut faire assembler un Concileà Rome, en 1241. Les Prélats de France , d’Angleterre & d’Ef-pagne, Rembarquèrent à Gènes ; & Eric , ou Henri , Roi deSardaigne , fils naturel de l’Empereur, attendit ses galères versPise , en prit vingt-deux , en coula trois à fond , & envoya pri-sonniers à Frédéric ses Prélats, avec trois Cardinaux Légats duPape, qui en mourut de déplaisir. Célestin IV . ne fut Papeque 18. jours ; & Innocent IV . qui ne fut elù qu’environ dix-neuf mois après, craignant ses forces de TEmpereur, se reti-ra en France , & convoqua en 1245. un Concise général à Lyon .II y excommunia Frédéric à chandelles éteintes, & le dégra-da de TEmpire pour plusieurs raisons, & parce qu’il usurpoitlesterres de TEgliie; qu’il avoit intelligence avec les Sarrazins ;& qu’il erroit en plusieurs articles de Foi. Frédéric se plai-gnit d’un procédé fi violent, & fur tout dans une lettre ecri-te au Roi saint Louis , dans laquelle il se plaint d’avoir étécondamné contre toute forte de loix; que 1 e Pape est Maître desEcclésiastiques , mais non pas des Princes ; & qu’enfin cette af-faire estoit celle de tous les Rois . Cependant depuis cette dé-position , toutes ses affaires se ruinèrent en peu de tems ; lespeuples liguez de Lombardie 1 e battirent ; tous les Princes leconsidérèrent comme un impie; & ses Allemans élûrent con-tre lui en 1245. Henri de Thuringe; & en 1248. GuillaumeComte d’Hollande. Le Roi saint Louis ayant trouvé 1 e Papeà Cluni , n’épargna rien pour négocier la paix de TEmpereur ;mais il n’avança rien : & ce malheureux Prince accablé de cha-grin , & abandonné de tout 1e monde, mourut à Fiorenzuola,dans la Fouille. Quelques-uns disent que Mainfroy , son filsnaturel, l’étouffa dans son sit, le 13. Decembre 1250. à l’âgede 57. ans. Ces dissensions entre Frédéric & les Pontifes Ro-mains donnèrent commencement à celles qui désolèrent si long-tems l’Italie , fous le nom des Guelpbes & des Gibelins. Aureste, on dit que Frédéric parloit six sortes de langues ; qu’ilavoit Tesprit extrêmement vif & pénétrant; qu’il estoit coura-geux & magnifique ; mais impie jusqu’à Tathéîsme, cruel, peuexact à garder sa parole, & débauché. Ce Prince étoit fçavant;il fit traduire de grec en latin , divers livres , particulièrementd'Aristote ; & donna de grands privilèges aux Univerlitez. 11 eutsix femmes ; 1. Confiance d’Aragon, dont il laissa Henri , mortde poison; 2. loland de Brienne, mère de Conrad, Roi desRomains,- Agnès fille à’Ot hon Duc de Moravie, qu’il répu-dia ,- 4. Ru tme , fille à'Ot hon Comte de Wolfferthauíèn dansla Bavière,- ç. Ifàbeau , fille de Louis Duc de Bavière ; 6.isabelle, fille de Jean Roi d’Angleterre. On ne sqait pas delaquelle de ces femmes il eut Marguerite , femme à.’Albert Land-grave de Thuringe ,- & Constance mariée à louis Landgrave dcHesse. Frédéric eut aufst trois ertfans naturels de Blanche Mar~quifi de Monferrat-, Mainfroy Prince de Tarente ; Entius ouHenri Roi de Sardaigne ; fiy Frédéric Prince etAntioche. Lessentimens fur fa mort sont différons. Les uns lui donnent degrands sentimens d’humiliation & de pénitence , disant qu’ilavoit défendu de lui rendre aucuns honneurs funèbres ; & qu’ab-sous de ses excommunications par l’Archevêque de Païenne, ilrendit Tesprit revêtu de l’habit de Citeaux . D’autres au con-traire le font mourir dans l’anathême, fans sacremens , & lìtnsrepentir. La vérité est que ceux-ci peuvent passer pour suspects.Son testament , quoique (Tailleurs assez plein de termes fastu-eux , marque néanmoins du repentir , puisqu’il y charge Con-rad de restituer tout ce qui pourroit appartenir à l’Eglife, &d’employer jusqu’à cent mille onces d’or ( ce qui fâifoit alorsdeux cens cinquante nulle livres J somme considérable en cestems-là , pour 1 e secours de la Terre-sainte. Ses obsèques sefirent à Foggia si secrètement , que fort long-tems après on di-soit qu’il alíoit paraître avec une puissante armée ; & même aubout de douze ans , on vit un faux Frédéric suivi de quantitéde troupes , & dont on n’entendit plus parler depuis , commes’il fût sorti de terre , & qu’il y fût rentré aussi-tôt Puis plusde vingt ans s’étrnt encore écoulez , dans un tems où le vraiFrédéric auroit eu près de cent ans ; un autre imposteur vintencore sc donner pour lui, & se fit recevoir dans Nuis ; maisayant été pris par T Archevêque de Cologne , il avoua l’impo-sture , & fut brûlé. Pour faire voir que Frédéric II . avoit étéimpie, jusqu’à Tathéîsme , on lui imputa 1 e livre de tribus ìm-postoribus : ainsi qu’on le volt par les épîtres de Pierre des Vi-gnes son Chancelier pag. 211. de sédition deSchardius, & com-me l’ècrit Grotius , dans les observations fur la troisième partiede la Philosophie réelle de Campanella. Grotius avoit pourtantdit, Append. de Antichrist, pag. 84. à la fin de ses notes furses Evangiles , que les ennemis de Frédéric Barberouffe , Em-pereur lui attribuoient ce livre. ( II s’est trompé , c’ést à Fré-déric II. ) Ce livre a fait beaucoup de bruit ; bien des gensen parlent; mais on ne trouve personne qui dise savoir vú.

* L’Abbé d’Lisperg. Matthieu Paris. Steron. Rigord . Sanut Pla-tine. Sabellicus. Trithême. Blondus. Crants. Villani. Sponde .Bzovius. M. dc la Chaise, histoire de saint Louis. Paul Colo-nisez , Mélanges historiques , en 167s.

FREDERIC ÎIL dit le Beau , Empereur , fils A’Albert 1 .Empereur & Duc d’Autriche, fut mis fur le trône impérial,par quelques Electeurs , après que les autres eurent élû Louisde Bavière , en 1514. Comme cette double élection se fit prèsde quatorze mois après la mort d’Henri Vil. dans se tems que1 e saint Siège etoit vacant, on ne put sc soûmettre au juge-ment du Pape. Cependant Frédéric se fit couronner Tannéed’après son élection, à Bonne fur le Rhin , dans 1 e tems queLouis son Compétiteur, reccvoit se même honneur à Aix-la-

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