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Tome IV
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ce. Comme l'esprit de Du Fresnoy etoit d une trempe a ne se pascontenter d'une connoilsance médiocre, il voulut fouiller son artjusqu a la racine & en tirer toute la quintessence. 11 étudia avecapplication Raphaël & PAntique, il dellignoit tout les soirs auxAcadémies avec une avidité extraordinaire : & à mesure qu’uavançoit dans la connoilsance de son art, il en faisoit des remar-ques, qu’il écrivoit en vers latins. Une lumière lui en donnoitune autre, & son esprit s’étant peu à peu rempli de toutes les con-noiísances nécessaires à fa profeilìon, il forma le dessein d’en com-poser un poème, qui lui coûta beaucoup de veilles & de réfle-xions. 11 le communiqua à tous les habiles gens, dont il pouvoittirer des lumières ou de l’approbation. 11 avoit un amour extra-ordinaire pour les ouvrages du Titien , auquel il donnoit la pré-férence fur tous les autres, à cause, disoit-il, que de tous les Pein-tres, le Titien étoit le plus grand imitateur de la nature. II encopia à Rome tout ce qu’il y a de plus beaux tableaux, avec unfoin incroyable. 11 entendoit fort bien le grec & les Poètes : &le tems qu’il donnoit à la lecture ct à parler de Peinture aux gensd’efprit qu’il trouvoit disposez à l’écouter, lui en laissoitpeu pourtravailler. II paroiisoit d’ailleurs qu’il avoit de la peine à pein-dre, soit que fa profonde théorie lui retint la main, ou que n’ayantappris de personne à manier le pinceau, il eût contracté une ma-niéré peu éxpéditive. Quoiqu il en soit , ses ouvrages font enpetit nombre.

Comme il avoit fort étudié les élémens d’Euclide , & qu’ilavoit un excellent goût pour l’Architccture, il commença par

r Indre des restes d’Architecture, qui sont aux environs de Rome.

ses vendoit pour subsister, & les donnoit presque pour rien.Tous ses ouvrages fe réduisent environ à cinquante tableaux d’hi-stoires, & quelques païfages, qu’il a peints pour des particuliers,fans compter toutes les copies, qu’il a faites cPaprès le Titien . Detous ses ouvrages, celui qu’il aimoit le plus étoit son poème furla Peinture. Quelque envie qu’il eût de le taire imprimer, com-me il Ravoir bien, qu’il étoit presque inutile de lui faire voir lejour, fans Raccompagner d’une version françoife, & que la longueabsence de son pais, lui avoit, pour ainsi dire, fait oublier fa lan-

s ue, il différa toujours de le rendre public. Enfin le Sieur deiles, que nous citons souvent dans ce dictionnaire, en parlantdes Peintres, le mit en nôtre langue à la prière de l’Auteur &selon son intention ; & il a été imprimé trois fois avec la tradu-ction & des remarques. II alloit, disoit-il, travailler au commen-taire, pour éclaircir davantage ses pensées, quand il fut surprisd’une paralysie, dont il mourut chez un de ses frères à quatrelieues de Paris , en 1665. à l’àge de cinquante-quatre ans. Legrand nombre de connoissances, dont il avoit l’esprit rempli, &fa mémoire , qui les lui fournisibit facilement , quand il enavoit la moindre occasion, failbient que fa conversation quoiquetrès-utile, etoitsi pleine de digressions , qu’il en perdoit souventle sujet principal : ce qui a fait direàplulieurs personnes, que ce-la venoit d’une abondance de pensées , que la vivacité de sonimagination lui fournilfoit, 11 n’y a point eu de Peintre Fran-çois, qui ait tant approché du Titien , que du Fresnoy, à en jugerentr’autres par les deux tableaux qu’il fit à Veniíè, pour le nobleMarc Paruta, dont l’un répréfente une vierge à demi corps, & Lau-tre une Vénus couchée. Ce qu’il a fait en France tient encorede ce goút-là, principalement ce qu’il a fait au Rainci, pour M.Bordier Intendant des finances ; cette Peinture passant pour le

Í ilus beau de les ouvrages, au jugement des Connoiíseurs. Maisi le peu de tableaux qu’il a faits ne sont pas fuffifans pour ré-pandre son nom en divers endroits de l’Europe ; celui de sonpoème fur la Peinture le fera vivre, autant que têt art fera enquelque estime dans le monde. * De Piles , Abrégé de U viedes Peintres.

FRESSE , (Jean de) Evêque de Rayonne, fous le règned’Henri 11 . fut envoyé Ambassadeur en Allemagne , où il ha-rangua à la Diette de Pallàu , en 1332. II fçavoit les languesvivantes , & étoit assez bien instruit des affaires du tems. IIse trouva avec le Duc d’Aumale , lorfqu’il frit attaqué par leMarquis de Brandebourg en 1332. & se sauva par la fuite. CePrélat composa divers ouvrages , & entr’autres un intitulé, íelivre des £tats fr maifins plus iUußres de la Chrétienté , qu’onimprima l’an 1549. On publia aussi là harangue prononcée àPaslau. * De Thou , hijieire , íiv. 8- 10. fr 11. Sainte-Murthe,Gall. Chr iß. -La Croix du Maine & du Verdier-Vauprivas, biblietb.frsmpift.

,FRETEL , Archidiacre d’Antioche , vivoit fur la fin du XI.siècle , dans le tems que les Princes Chrétiens entreprirent laconquête de la Terre-íainte, & en fit même la description. C'estde ce méme ouvrage dent Adrichomius s’elt servi , pour corn-ai qu’il a fait du théâtre de la Terre-l’ainte. y oyez ADRI-

FRETULPHE , ancien Historien de Bavière , que Jean A-ventin se vante de suivre, dans les annales du païs. On ne fçaitpas bien en quel tems il a vécu. * Voisins , de hiß. lat. sag. 704.

.. FREUDENBERG , petite ville ou bourg de Franconie . Celieu iitue fur le Mein, est le principal d’un petit païs, qui ap-partient a 1 ’Evêque de Wurtzfrourg , & qui est enclavé entre lediÊion ^ ett «ni & l’Archevêché de Mayence, * Maty,

FREUDENBERG, bourg des Etats de Nassaw en Vetera-

de ReriT Un *- h rf U w e i?, v Ì llcde Sigen ' & aux confins des Duchezde Berg, & de Westphalie . * Maty , diction.

mó^ísoëte Latf n n ^n le) -o— 6 de C ' hartres ' mort à Rome ennuh] q fn;*- s. On a estime entrç les autres pièces V£tho

î»a a fait set le, adverse,, dc l'seaile , s qnd , p uts

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mes contre les hérétiques de son tems. Le Freux a aussi corrigéMartial & les autres Poètes de leurs obfcénitez, comme le P.Etlme Auger a purgé encore 1 e même Poète après lui , le P.Matthieu Rader après Anger , le P. Rodeille après Rader, & leP. jouvanev après le P. Rodeille. II a encore fait deux petitsouvrages , l’un de l’abondance des mots & des choses ; lautreest un abrégé de la syntaxe latine. * Philip. Alegambe, biblioth.Soc. jej: Baillet, jugtmms des ßav.fitr les Poètes modernes fr lemtmejìtr les Grammairiens Latins.

t FREY , (Jean Jaques) Professeur àBále L Doïen d’Armaghen Irlande , naquit à Bàle le 6. Juin 1606. d’une famille fortancienne & qui s’étoit transportée de Messingen àBâle avant lestems de la Reformation. L'Histoire fait mention de Burcardfrey , Conseiller de Bàle qui, du tems du Concile , tenu encette ville , s’arma avec trois autres Conseillers , & qui con-jointement avec eux, alla mettre en liberté qnelques membres duConcile qu’on avoit emmené prisonniers dans le château deNeuenstein. Rodolphe Frey fut du tems de la Reformation , sepremier Scholarque qui , avec deux autres , restitua à l’Univer-iité de cette ville ses privilèges, & droits , son sceptre & sesArchives, & qui régla ses gages des Professeurs. Jean Jaquesaïant fait fa Philosophie & reçu fes degrés , alla à Genève où ilsoutint diverses Theses sous Diodati. De là il passa en France & enfin en Angleterre, où il s’exerça fur-tout, dans la lecturedes Pères Grecs & Latins , ce qui faisoit ses délices. 11 lia con-noiílànce avec plusieurs familles nobles , & Robert Boyle Com-te de Corcagh le donna pour Gouverneur à Mr. de Dungarvanson fils aîné. IL accompagna ce jeune Seigneur à Lismore enIrlande , où il gagna tellement l'affection du Vice-Roi, qu’ilchercha tousses moiens de Pavancer, & en 1630. Théophile Evê-que de Alan 1 e nomma lbn Diacre. Peu de tems après ? il futnommé dans fa patrie à l’Eglife de S. Marguerithe ; mais a peinefut-il entré dans cette fonction, que le Comte de Corcagh le de-manda instamment au Magistrat de Bàle, qui le lui accorda.Le Comte l’envoïa ensuite avec son fils en France . De retouren Angleterre , il reçut une autre vocation de Bàle , par laquel-le il étoit appelle à la chaire dc Professeur en Grec. II l’acce-pta , après avoir civilement refusé de se charger de l’instructiondu jeune Due de Buckingham , qu’on lui avoit aussi offerte,Aïant tait la fonction de Professeur en Grec pendant quelquetems, on lui offrit le Doïenné d’Armagh en Irlande . JacquesUslèrius , Archevêque de cette ville , ct le Viee-Roi même écri-virent au Magistrat de Bàle , & demandèrent qu’on le leur ac-cordât. II accepta donc cette nouvelle vocation, ctlorsqu’ií étoitfur le point de partir pour 1e mettre en possession de son Doïen-né , il mourut à la fleur de son âge en 1636. II étoit fort connude plusieurs personnes de qualité , aussi-bien que d’un grandnombre de Sçavans du premier rang, comme de Trenchin , deDiodati , de Spanheim , de de Dieu , de Fofftus &c. qui en fai.soient tous un très-grand cas à cause des rares talens qu’ils dé-couvroienten lui. 11 étoit aussi en commerce de Lettres avec eux.Mais Jaques Ulferius qui étoit plus lié avec lui, & qui l’aimoítbeaucoup, ne put allez exprimer combien il étoit touché de íamort 11 est vrai qu’il en avoit aussi reçu quelques services,& que Frey lui avoit fourni bien des matériaux pour son histoiredes Vaudois & pour d’autres ouvrages. Louis de Dieu fait men-tion de Jean Jaques Frey avec beaucoup d’éloges, dans fa dé-dicace adrelfee à Ulferius, Sc qui fe trouve à la tête du Com-mentaire de de Dieu fur les Actes. 11 avoit reçû d’Usserius parles mains de Frey le Pentateuque Syriaque Mfs. On a de luien Alis. Hodœporicon & Oratio de Lingua Grue a &c. * UrstifChr on. Toffani oratio parent, in ejus obit. Sc alia.

t FREY , ( Jean jaques) fils du précédent, nâquit àBále troismois après la mort de son père, le n. Dec. 1636. Après avoir étéreçû Ministre, il fit en 1633. un voïage en France , en Angleterre,en Hollande ct en Allemagne ctfe fit connoitre partout aux Sça-vans. Après son retour dans la patrie, il fut en 1656. nommé anDiaconat de l’Eglife de S. Leonhard. En 1673. il obtint le Pa-storat dans la méme Eglise ct s’acquita de son devoir avec uneassiduité infatigable jusques à fa mort, arrivée le 2. O ct. 1720.Dans le dernier sermon de Noël qu’il prononça , il rendit grâ-ces à Dieu publiquement de ce qu’il lui avoit fait la grâce d'avoirpû célébrer de cette manière 61. fêtes de Noël,fans aucune in-terruption & fans maladie , & d’avoir pû tout autant de foissouhaiter une heureuse nouvelle année à son cher troupeau.Outre un très-grand nombre de sermons funèbres & autres,qu’il a faits imprimer, on a aussi de lui en Allemend un traitédes miracles de f £glife Romaine, écrit à l’occalìon de Marc d’A-viano & un Dialogue entre un Proteßant fr un Anabaptiße.

* Dict. Allemand de Bâk.

FREYMONIUS , ( Jean Wolfgang ) a fait fur le code , ceque Labith avoit fait fur le digeste. II a fait aussi une suite desconstitutions de chaque Empereur, suivant l’ordre des Consuls,des mois ct des jours; & une bibliothèque de Droit, fous 1 etitre , d 'Slenchus omnium Autorum , qui in jure tam erviliqttam canonico, vel commentando , vel quibufiumque modèexplicando , ad noflram ufàue xtatem claruerunt , mutin» &monument a compkílens. Ce dernier ouvrage parut en 1379. *Denys Simon , biblioth. htßoriqm des Auteurs de Droit.

FREYSTADT . II y a deux bourgs ou petites villes de cenom en Silesie , Province de la Bohême. L un de ces lieux estfur la rivière d’EIfa, dans la Principauté de Tefchen , à troislieues de la ville de ce nom du côté du Nord. L’autre est sotla petite rivière de Siger dans la Principauté de Glogaw, & à sixlieues de la ville de Glogaw, vers le Couchant septentrional. *Maty, diâion.