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Tome IV
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nus d’une assiduité infatigable , lui acquirent une réputation di-stinguée tant parmi les Savans que parmi les Politiques. Un desplus grands Princes de l’Europe a tâché de savoir pour Gouver-neur de son fils É , le Vicomte de Turenne en fit aussi beaucoupde cas. L est ce Seigneur, qui, après la paix des Pyrénées, luiprocura le caractère d’envoyé de France à la Cour de Portugal,& ensuite celui de Résident à Strasbourg . La mort dc ce Prote-cteur le détermina à quitter cette ville, pour s’en retourner enFrance ; ce fut alors qu’il passa son tems, avec beaucoup de satis-faction, à étudier & à fréquenter des personnes fçavantes, jusques àce que les fuites de la révocation de l’édit de Nantes le forcèrentà quitter fa Patrie. II vécut pendant quelque tems à Groningue ;de là il passa à la Haye où il fut fort estimé du Prince d’Orange.On lui donna une pension avec le titre d’liistoriographe. IImourut l’an 1694. ou 1693. II a donné plusieurs preuves de sonRavoir, qui étoit accompagné de beaucoup de politesse. II aajouté à la version de Lucien, de son Oncle, le Dialogue des let-tres de l’Alphabet & le supplément à l'histoire véritable ; ce quia été très-bien reçus uu Public. L’an 1684. il publiaquelques dialogues. L’an 1686. il écrivit contre MonlieurAmelot de la Houssaye , mais il le fit avec plus d’aigreurqu’on n’auroit attendu de fa douceur ordinaire ; ce qui l’y por-ta, ce fut la critique que M. Amelot avoit faite de la tradu-ction de Lucien. L’an 1700. on publia ses mémoires, qui con-tiennent l’histoire de Portugal depuis l’année 1659. jusques à1668. Onaauíli un Catéchisme en François, dont il est l’Auteur. *Oeuvr. de Patru. tom. 2. Nouveìl. de la Rép. des Lettr. 1686. B ay le.

FRENTANS , OU plutôt FERENTA 1 NS, Ferentani, ancienspeuples d’Italie, s’estendoient le long de la mer Adriatique , ayantau Couchant les Matucins, la Fouille Daunie au Levant, & leSamnium au Midi. Leurs villes étoient Auxanum, Larirrum,Ortona , & Histonium. Leur pays répondoit à l’Abrusse ultérieure& la partie de la Province de la Capitanate, qui s’estend jusquesà Fortore, qui est une rivière du Royaume de Naples , dans laFouille.

FRERE, (Jean le) natif de Laval au Maine, fut Principal duCollège de Baïeux à Paris , où il mourut de peste , le 12. ou 13.Jour de Juillet i<;8}- U avoit appris les langues, & avoit traduitde grec en franqois la chronique d’Êusèbe , l’histoire de Josephe,&c. II composa aussi une histoire de son tems, qu’il publia enit8i- & divers autres ouvrages. * La Croix du Maine & Du Ver-dier-Vauprivas, btbliotb. franc.

FRERE GUILLAUME. Cherchez GUILLAUME , dit DEMARSEILLE .

FRERES ARVALES , ceux qui préfidoient aux sacrifices, quel’on failoit pendant la feste des ambarvales, en l’honneur de Gé-rés. Voyez ARVALES .

FRERES BLANCS, secte qui parut dans la Prusse, au com-mencement du XIV. iiecle. C’ertoit une société d'hommes quiprirent ce nom, parce qu’ils portoient des manteaux blancs, oùil y avoit une croix verte de saint André. Ils íè vantoient d’avoirdes révélations particulières, pour aller recouvrer la Terre-sainted’entre les mains des Infidèles. On vit quantité de ces Frères enAllemagne ; mais la tromperie de ces imposteurs ayant esté dé-couverte peu de tems après, leur Ordre disparut. * Hartknoch,diffère. 14; de orig. Relig. christ, in Pruff.

FREROT, (Nicolas) de Chartres , Avocat au Parlement, furla fin du XVI. siècle, & au commencement du XVII. a fait desparatitles du Droit canonique, où il a suivi l’ordre des distinctions& des questions du décret, aufli-bien que des titres des décrétâ-tes du sexte & autres parties qu’il fit imprimer en 160;. tnoElavo.II a encore donné en 1611. les Basiliques ou conférences des con-stituions des Empereurs,avec les ordonnances des Rois de France,& des notes fur la coutume de Chartres , imprimées en 1604. inquarto, avec celles de Tulloiie. * Denys Simon, biblioth. fíist.des Aut. de Droit .

FREROTS- Cherchez FRATICELLI.

FRESCATI ou FRASCAT 1 , ville & Evêché d’Italie, dans laCampagne de Rome , est lituee à douze milles de cette ville, &a dans son voilinage, les ruines de Fanden Tußulum ; le Tu/cu-lanum de Cicéron , & la maison de campagne de Lucullus. Laville de Frescati n*e(t ni belle ni bien peuplée ; mais les palais &les jardins y font en grand nombre. Entre plusieurs belles mat-ions , 011 y distingue la villa de Ludovilio , la villa Borghese ,qu’on appelle Montedracone, à cause du dragon qui est dans lesarmes de cette famille ; & la villa Aldobrandi, dite le Belvederede Frescati, à cause de son agréable situation. Elle a d’un côtéla vue de la ville & de la campagne de Rome ; & de l’autre, lamontagne qui est toute couverte de lauriers, de fontaines, de cas-cades, de napes, de jets d’eaux. On y voit plusieurs ouvragesd'hydraulique : comme des orgues d'eau, avec la salle d’Apollon ,où ce Dieu est astis sur le mont Parnasse , avec les neuf Musesau dessous. La ville de Frescati a un petit château. L’Eglisecathédrale de saint Pierre est un des titres des six anciens Cardi-naux, dit Episcopus Tufculanus.

FRESNE. Cherchez FORGET.

F RESNE (Charles du i Seigneur du Lange, Trésorier deFrance , naquit à Amiens le i g. Décembre 1610. de Louis duFresse, Seigneur de Fredeval, Conseiller Prévôt roïal de Beau-quesne ; & à'Hélène de Rely. Son ayeul Michel du Fresse, avoitaussi esté pourvu de la charge de Prévôt de Beauquesne, en 1373.De cinq frères qu’eut M. du Gange, Passé nommé Adrien, suc-céda a la charge de Prévôt de Beauquesoe, après son père ; &S laissé un fils nommé Louis, Seigneur de Fredeval, qui lui a suc-cédé dans la méme charge, dc qui a esté deux fois premier Eche-

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vin d'Amíens . Le second des frères de M. Du Gange, nomméJean, fut un des célèbres Avocats du Parlement de Paris , & com-mença à composer le journal des audiences de ce Parlement, quia depuis esté continue par d’autres Avocats : il laislà encore uncommentaire fur la coutume d’Amiens . Deux autres, nommezMichel & François , íè firent Jésuites ; le prémier enseigna Jong-teins la Théologie à la Flèche, où il fut Principal du Collège ; &le second s’adonna à la prédication & sot Recteur d’Arras . M. duGange commença ses études chez les Jésuites d’Amiens , & allaensuite à Orléans , étudier en Droit. II presta serment d’Avocatau Parlement de Paris , en 1631. & fréquenta quelque tems le bar-reau ; mais estant retourné à Amiens , il s’attacha à la lecture desAuteurs d’Humanitez, de Philosophie , de Droit, de Médecine, &de Théologie : il s’appliqua fur tout à l’Histoire sacrée & profane,ancienne & moderne, grecque & romaine. C'étoit un hommedoux, bonnette, civil, obligeant, &se faisant un plaisir de com-muniquer avec tout le monde. 11 acheta une charge de Trésorierde France en la Généralité d’Amiens , en 1645. & s’acquitta desfonctions de cet emploi avec beaucoup d’asliduité , ce qui nal’empêcha pas de s’occuper aux excellons ouvrages que nous avonsde lui. 11 composa l’histoire de Constantinople sous les Empe-reurs François, & huit ans après un traité historique du chef desaint Jean-Baptilte. En 1668- il vint s’etablir à Paris , & publial’histoire de saint Louis par Joinville, enrichie d’observations &de dissertations très-sçavantes. En 1670. il mit au jour le texte& la version de Cinname, avec des notes, tant fur Cinname quesor Nicéphore Brienne, & Anne Comnène , & la description del’Eglise de sainte Sophie, de Paul le Silentiaire . On lui proposade la part de M. Colbert, de ramasser en un corps tous les Ecri-vains de l’histoire de France. II en donna méme un essai ; maisce projet n’avant pas esté goûté, il abandonna ce dessein, & s’oc-cupa à finir son glossaire latin, qui parut en trois volumes infolio, ouvrage d’une incroyable érudition, & de la dernière uti-lité pour les Sçavans. A peine ce livre étoit fini, que AI. duLange fit paroitre un volume , contenant la généalogie des Em-pereurs de Constantinople , & une description de cette ville sousleurs règnes. Depuis il travailla à son glossaire de la langue grec-que, en deux volumes, remplis de choses rares & curieuses, ti-rées d’anciens manuscrits, & d’aétes authentiques. 11 procura unenouvelle édition de Zonare avec des notes ; & une autre de lachronique Pascale ou Alexandrine, qui ne vit le jour qu’après famort. Ce sçavant homme mourut à Paris le 23. Octobre 1688-âgé de 78. ans. II avoit épousé, le 19. Juillet 1638. Catherinedu Bos, fille de Philippe du Bos Seigneur de Drancourt, & Tré-sorier de France à Amiens , de laquelle il a laissé quatre eníans,deux fils & deux filles. L’ainé des fils est Trésorier de France,dans la Généralité de Poitiers. Le Roi Louis XIV . donna à sesenfans une pension de 2000. livres, en considération des peinesque leur père avoit prises à sédition de la chronique Pascale. *Journal des sçavans. AI. Baluze , in prdfat. chrome. Paßbai. DuFin, biblioth. des Auteurs écclef. XVII. siécle.

FRESNO- 11 y a en Espagne deux bourgs de ce nom, l’undans la Castille vieille à deux lieues de Borgo d’Osina, du côtédu Midi ; & l’autre dans l'Andalousie , à huit lieues de la ville deCordouë du côté du Nord. Quelques Géographes mettent enl’un ou en l’autre de ces bourgs l’ancienne Fraxinetum, célébréforteresse des Sarazins, d’autres la mettent à Fraslineto en Italie .Mais il est fort vrai-scmblable, qu’elle étoit au Frainet en Pro-vence . Voyez FRAXINET ci-dessus.

FRENOY, (Charles-Alfonfe du) nâquit en i6n. II étoit filsd’un célèbre Apothiquaire de Paris , qui le fit étudier avec tousles soins possibles, dans la vùë d’en faire un Médecin. Lespré-mières annees qu’il passa dans le Collège fécondèrent heureuse-ment le dessein de son père, par les grands progrès qu’il y fai-soit : mais dès qu’il fut dans les hautes classes, & qu’il commençaà goûter la Poésie, le génie qu’il avoit pour elle se dévelopa, &il remporta en ce genre-là les prix dans les classes où il se trouva.Son inclination íè. fortifia par l’éxercice, & à en juger par cçscommencemens, il devoit eítre un jour un des plus grands Poè-tes de son siècle, si l’amour de la Peinture, dont il devint éga-lement épris n’eút partagé son talent. Enfin, il ne fut plus que-stion de Médecine, il sc déclara tout-à-fait en faveur de la Pein-ture, malgré la résistance de ses parens, qui, fans avoir égard à laviolente inclination de leur fils, se servirent de tous les mauvaistraitemens dont ils purent s’aviser, pour le détourner de la ré-solution qu’il avoit prise, parce qu’ils n'avoient qu’une idée bassede la Peinture, & qu’ils ne la regardoient que comme un vil me-stier, & non comme le plus noble de tous les Arts. Cependanttoute la résistance que l’on mit en usitje, ne fit qu’acroitre cettepassion naissante, & fans perdre le tems à délibérer. Du Frenoys’abandonna entièrement à son génie. II avoit environ vingt ans,lorfqu’il commença à prendre 1e crayon , & qu’il alla delligner

chez Perrier & chez Voùet . Alais à peine eut-il este deux ans danscet exercice, qu’il partit pour aller en Italie . 11 y arriva en 1634.& Mignard l’y étant aile trouver en 1636. ils Itèrent ensembleune amitié, qui dura jusqu’à la mort. Pendant les deux premieresannées que Du Fresnov passa à Rome , il n’etoit point en estâtde gagner de quoi íubhfter. Ses parens d ailleurs, dont il avoitméprisé les avis fur fa profession, í’avoient abandonne, & le fondsdont il s’étoit pourvu avant que de partir, fut a peine futfifantpour faire son voyage. Ainsi, n’ayant dans Rome , ni amis , mconnoissances, il se vit réduit à une telle extrémité , qu’il ne íènourrissoit la plupart du tems que de pain & d’un peu de fro-mage. Cependant il étoit bien moins inquiet de cet état fa-cheux, qu’occupé de ses études de Peinture, qu’il continuoit avecchaleur, lorsque l’arrivee de Mignard le mit un peu plus au lai-Tom. /?'. K a gc.