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Tome IV
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Attila Roi des Huns étant entré dans les Gaules à la tête decinq cens mille combattans, les Parisiens voulurent abandonnerleur 1 ille, & chercher quelque retraite ailleurs ; mais Genevièveles en empêcha, & les assura qu’ils feroient en fureté dans leursmaisons. Ce qui arriva en effet ; car ce Barbare passa de laChampagne à Orléans, & retournant d’Orléans en Champagne ,fans approcher de Paris , fut enfin chaise de toutes les Gaulespar une signalée victoire que les Romains, les François & lesGoths unis ensemble, remportèrent sur lui auprès de Châlons furMarne, en 4s 1. Cinq ou six ans après, Merouée, second Roi desFrançois, vint devant Paris , & après un long liège, s’en renditle maitre. Ce liège fut suivi d’une grande famine, que Genevièveappaisa par un secours miraculeux. Elle s’embarqua fur la Sei-ne , & allant de ville en ville, elle amassa en peu de tems la char-ge de douze grands bateaux de bled, qu’elle distribua aux Bour-geois, & principalement aux pauvres, pour qui elle fit cuire dupain. Sous le règne de Chilperic vers l’an 460. elle fit bâtir uneEglise fur les tombeaux de saint Denys Apôtre de la France , &des saints Rustique & Eleuthere ses Compagnons Martyrs au vil-lage de Cháteuil, à deux lieues de Paris , ou elì à présent la villede saint Denys. Cette Eglise fut fort célèbre sous le nom de saintDenys de í’Estrée, jusques à ce que le Roi Dagobert fit bâtir prèsde la le Monastère de saint Denys. Après tant de saintes actions,elle mourut le ;. Janvier 499. Son corps fut inhumé dans la caveou chapelle souterraine, que saint Denys avoit autrefois consacréeà Paris en l’honneur de saint Pierre & de saint Paul, & sur laquelleClovis avoit dé j a commencé un superbe édifice, à La prière de cettesainte fille.

Sous le règne de Louis VI. dit le Gros, vers l’an 1131. les Pari-siens furent attaquez d’une maladie, que les Médecins nommè-rent feu sacré, & dont quantité de personnes meuroient, fansqu’o’n y pût apporter de remède. Cela obligea le Clergé & lepeuple d’avoir recours à Dieu , &à l’instancc d’Etienne I. alors E vo-ue de Paris , il fut arrêté que la chasse où reposoient les reliquese sainte Geneviève, seroit solemnellement apportée à l’Eglise deNôtre-Dame. Pendant la procession, tous les malades, qu’onnommoit les Artiens, furent guéris, à la réservé de trois qui man-quèrent de foi, ou que Dieu ne voulut pas guérir pour des rai-ions qui nous font inconnues. On bâtit aulli-tôt proche de l’E-glise de Nôtre-Dame, une Eglise pour mémoire de ce miracle, la-quelle fut appellée sainte Geneviève des Ardens , Le Pape Inno-cent II . étant informé de ce qui s'étoit passé, ordonna qu’on enseroit tous les ans la fête le 26. Novemore. La chasse de cetteSainte est derrière le grand autel de l’Eglise de l’Abbaye de sain-te Geneviève. Elle est élevée sur quatre grosses colomnes dejaspe, & soutenue par quatre chérubins. Robert de la Ferté-Mi-lon, Abbé de sainte Geneviève, fit faire l'an 1242. la chasse quel’on voit à présent, qui est de vermeil doré, au lieu de l’ancien-ne qui n’étoit que d’argent blanc. II y entra cent quatre-vingts-treize marcs & demi d’argent, & huit marcs & demi d'or. Le Car-dinal de la Rochefoucaut, Abbé & Réformateur de cette Abbaye,assisté des libéralitez de la Reine Marie de Médicis , l’enrichitd’un grand nombre de perles & de pierres précieuses. Lorfqu’onla descend dans les nécessitez publiques, cela lé fait par un ordredu Roi, & en vertu d’un arrêt du Parlement, avec des cérémoniesmagnifiques. II y a même une Confrairie de Bourgeois, desti-nez pour porter cette chasse. Elle a été portée procellionnelle-ment dans le XVII. & XVIII. siècle ès années 1625. 1652.1675.1694. &1709. * Bollnndus. Sigebert . Pierre de Natalibus. Mé-moires du tems. Baillet, vies des Saints .

t GENEVOIS, (le) Province de la Savoye avec titre deDuché , en latin Tractus Genevenfis , & Gebennenfls Ducat us.Elle a pour bornes au Levant le Chablais & le Foucigni ; au Cou-chant le Rhone , qu’elle a aussi en partie au Septentrion, & auMidi la Savoye propre. Elle est divisee en douze Mandemens,qui sont ceux d’Annecy , Château vieux, Albie, la Baume, Cler-mont, Chaumont , Croissiez , Momet, la Roche, Thommes, Fa-verger, & Beaufort. Cc:te Province a tiré son nom de la villede Genève. Annecy en est la ville principale. Ses Bourgs lesplus remarquables sont, Taloire , la Roche , Croissiez, Thom-mes , Chaumont & Clermont. Le Genevois a quinze lieuesd’etenduë, & a été possédé par des Seigneurs particuliers quiprenoient le titre de Comte. Le Pape Clément VII. fut le der-nier dç leur maison ; & après lâ mort l’F.mpereur Sigismond l’ad-jugea à Amé VIII. Duc de Savoye, fans avoir égard aux préten-tions de ses sœurs, dont l’une ctoit mariée au Sire de Vitlars, &l’autre au Prince d’Orange. Ame VIII. le donna en appanage àson fils aine qui ne laissa point d’enfans, & après fa mort, Phi-lippe , fils puîné de Philippe, Duc de Savoye, l’eut aussi pourson appanage , avec les rlaronnies de Foucigni & de Beaufort.Jacques Duc de Genevois , & de Nemours , fils de ce Philippe,fut père de Charles Emanuel qui mourut en 1995. âgé de vingt-huit ans, fans avoir été marié. Henri de Savoye son frère luisuccéda en son appanage, & eut d’Anne fille unique de Char-les de Lorraine, Duc d’Aumale, Charles Amédée, Duc de Ne-mours, de Genevois, & d’Aumale , qui fut tué l’an 1642. parle Duc de Beaufort ton beau-frère. Comme il ne laissa que deuxfilles, dont l’une est Duchesse douairière de Savoye, & l’autreest morte Reine de Portugal l’an 1684-, Henri son frère, nomméArchevêque de Rheims, quitta l’Etat éccléiiastique, pour s’allieravec Marie d’Orléans, fille d’Henri II . Duc de Longueville , &de Lousse de Bourbon-Soissons. Ce Prince étant mort en 16,9.fans laitier d’enfans, le Genevois est retourné au Duc de Savoye.

* Audiffret, Géogr. Ane. fy Mod. tom. 2. Th. Corneille, dict.

GENE VRE, le mont Genèvre, est une des montagnes desAlpes, & un des plus célèbres passages de France en Italie . Elle

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est dans le Dauphine, à une lieue de la ville de Briançori, fur sechemin de Suze & de Pignerol. * Maty, diction.

GKNEZARETH ' ou ETANG DE GENEZAR, lac de laPalestine, que l’on nomme vulgairement aujourd’hui la mer deGalilée, ou la mes de Tibériade . II a dix huit milles de longueur,du Septentrion au Midi; & sept de largeur, de l’Orient à l’Occi-dent. La petite ville de Tibériade , nommée auparavant Gene-zaretb, est fur la côte occidentale. Le Jourdain y entre prochede Capharnaum ; & l’avant traversé, il en sort auprès de Bethsan,que les Anciens appelloient Scythopolis. On dit que Peau de celac est ii froide, qu’elle ne perd pas même fa froideur, lorfqu’elleest exposée au soleil durant les plus grandes chaleurs de l’Eté.L'air est fort tempéré aux environs, & le climat y produit toutessortes de fruits. Les noyers qui se plaisent dans les pays froids,y sont fort beaux; les palmiers qui aiment la chaleur; les figuiers& les oliviers qui demandent un air modéré, y croissent en abon-dance; & les fruits s’y conservent st long-tems, que l’on y man-ge des raisins & des figues durant dix mois, & d’autres fruits pen-dant toute l’annee. Voyez TIBERIADE . * Josephe, guerre desJuifs contre les Romains , liv. 5. c. 35.

GENGENBACH , petite ville impériale du Cercle deSoua-be, en Allemagne . Elle est située dans l’Ostnaw, fur la rivièrede Kiníìng, environ à deux lieues d’Offembourg. II y a dansGengenbach une Abbaye , qui est sous la protection de la mai-son d’Autriche , de même que la ville. * Maty, diction.

GENGHISKAN, fils d’un Can des Mogols nommé Prfiuca,nâquità Diloun l’an §49. de l’Hé^ire, & l’an 11^4. de J. C. Sonpère fut enlevé par le Roi de la Chine , & mis dans les fers, d’oùil échappa avec peine. II mourut dans le tems qu’il sc préparoità se venger. Genghiskan n’avoit alors que treize ans. Une con-juration presque générale de ses sujets & de ses voisins, l’obligeade sc retirer près d’Avenk-Ungkhan Can des Tarrares, Prince dela Tribu de Kerit, que l’on croit avoir été Chrétien, & être ce-lui que l’on appelle communément le Prete-Jean. Genghiskany fut d’abord bien reçô, & servit utilement Avenk-Khan, non-seu-lement dans les guerres qu’il eut contre ses voisins, mais encorecontre son frère, qu’il avoit dépossédé de la couronne. II 1 e ré-tablit, & épousa fa fille Oisoungin ; mais nonobstant qu’Avenk-Khan lui eût cette obligation, il résolut de le perdre. Genghis-kan se sauva, & fut poursuivi par Avenk-Khan & par son fils :Genghiskan les soprit tous deux, & déht leurs troupes. 11 s furentobligez de se réfugier vers Tabanek, Roi des Tarrares : celui-cifit tuer Avenk-Khan. Son fils Schokoun s’étant sauvé au paysde Cacshgar, y fut aussi tué. Alors Genghiskan rassembla unegrande armée, fit continuellement la guerre pendant virgt-deuxans, & sc fit un grand Empire , parles victoires qu’il remporta furles Mogols & les Tartares, dont il subjugua toutes les Tribus ,fur les Princes du Caracathaï, fur Muhammed , surnommé KI:oua-rezm-Scbab, Roi du Karisme , de la Transoxiane, de la Khova-reme & du Chorasan, dont il conquit les Etats, après savoir dé-fait lui & ses enfans dans plusieurs grandes batailles. 11 soumitle Tangut, qui s’étoit révolté, & attaqua la Chine . Enfin aprèsavoir fondé un des plus grands Empires du monde, il mourutl’an 624. de l’Hégìre , 1226. de J. C. laissant son fils Octal sonsuccesseur dans le Royaume des Mogols & Zagathai, de la Tran-soxiane & Tulican, du Corasan, de lu Perse & des Indes. Bathou,fils de Giougio leur frère aîné, qui étoit mort avant son père, pos-séda le pays d’Alan, de Rous & de Bulgar , au-dessus de la merCaspienne , imita la valeur de son grand-père, & conquit plusieursProvinces. Ses deícendans furent des Rois puiífans, juíqu’à ceque Tamerlan s’empara de ses Etats, aussi-bien que de ceux desdescendans d’Agathaï. Mangoucan, fils de Tulican, & son frèteCoblaïcan, s’étant emparez des Etats qui appartenoient aux des-cendans d’Oétaï, firent la guerre aux Chinois . Le dernier fut re-connu pour Empereur de la Chine , l’an 1280. & depuis,cettebranche a donné des Rois à la Chine ; mais l’ordre de la successionne fut plus obscivé parmi les Mogols , qui prirent leur Souverain,tantôt de la postérité d’Octaï, tantôt de celle de Coblai, & tan-tôt dans celle d’Ortic Bouga. Hulacou, fils de Tuli & frère deCoblai, succéda à lbn père dans le Royaume de Corasan & dePerse, & conquit une partie de l’Alìe. Son fils Abacas, PrinceChrétien, lui succéda ; mais son frère Amede Nicoudor Mahomé-tan, le fit empoisonner l’an 1280. Ce traître ne jouit pas long-tems de fa perfidie ; ses sujets le mirent en prison , & le firentmourir. Argoun fils d’Akabas, qui avoit été mis sor le trône aprèsla mort d’Ameth, fut empoisonné par un Juif. Ghendgiatou, sonfrère & son successeur, sut assassiné par Baïdou son cousin, quine garda que quatre mois l’Empire qu’il avoit usurpe. Ghazanfils d’Argoun, fut reconnu pour légitime Empereur : il étoit Chré-tien, & fit la guerre aux Mahométans. 11 se rendit maitre de laSyrie, & pénétra jusqu’en Egypte ; mais son armée y périt, flcontinua néanmoins la guerre contre le Sultan , mais avec peu desuccès: il mourut en 1303. après s’être fait Mahométan. Ma-homet Chodabende Oladgiatou son frère lui succéda, & laissa l’Em-pire à son fils Aboufaïd, Prince magnifique & vaillant, mais vo-luptueux & peu appliqué au gouvernement. Après íà mort arri-vée en iy}v les Grands partagèrent l’Einpire. Les descendansd’Hulacou conservèrent seulement un vain titre, & leur famille futenfin entièrement détruite par Cara Mehemed. Prince Turcomanl’an 1410. * DTlerbelot, diction, oriental. Petis de la Croix, hi-stoire du grand Genghiskan /. Empereur des anciens Alogols fjTartares, édit. Paris in douze 1710.

GENIALIS , (Flavius) fut nommé Préfet du Prétoire l’an deJé/ûs-Chriff 19;. par Dídius Julianus qui venoit d être proclameEmpereur . 11 demeura fidèle à son Prince, & resta le dernier au-près