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Tome IV
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sent des affaires de moindre importance. On appelle de leursiugemens, non au Parlement d’Angleterre , mais auRot & a sonConseil privé. Son grand commerce est de bas destame. Leshabitans, quoique sujets à la couronne d Angleterre, depuis lamort de Robert Duc de Normandie, bis de Guillaume le Con-quérant , parlent François. Gersey est e lieu ou autrefois lescriminels croient reléguez. L’an s 77. saint Prétextât Archevêquede Rouen , y fut brûlé par ordre de Chilpenc, & par la malicede Frédegonde . Meilleurs de Sainte-Alarthe en parlent dansleur Gallia Chrißiana. Saint Helier, ou Eher, dont la princi-pale ville de cette Isle porte le nom, y fut martyrise par lesvandales. 11 y avoit une très-belle Abbaye de Chanoines del’Ordre de saint Augustin, fondée en son honneur l’an 112^. parGuillaume Hamon, Seigneur Normand. Elle fut unie en ii8ç.à l’Abbaye de Notre-Dame du vœu près de Cherbourg , quoi-qu’elle fût trois fois plus riche que cette derniere, que I Impé-ratrice Matilde avoit fondée en 114t. mais soit que les Chanoi-

ratrice Matilde avoit fondée en 1145. mais ioit ç)uenés réguliers qu’Algar, Evêque de Coutance établit en cetteAbbaye du Vœu, fussent encore dans la ferveur de leur Institut,soit qu’elle fût de fondation royale , ou qu’enfin elle fût en ter-re ferme, au lieu que celle de saint Helier etoit dans une Isle ,il est certain que I’Abbaye de Cherbourg s’augmenta de tems àautre, & que celle de Gersey ne fut plus qu’un Prieure par suc-cession de tems. Plusieurs bons Auteurs se sont trompez sur lenom de saint Helier de Gersey. Les uns l’ont appelle SanBucHelenus , & d’autres l’ont confondu avec saint Hilaire, disant quesaint Hilaire, Evêque de Poitiers , avoit été enterré dans la prin-cipale Paroisse de cette Isle. On tient que l’Isle de Gersey afàit autrefois partie du continent de Cotantin, & qu’elle a étéséparée par la mer qui a inondé le terrein qui joignoit cette Isle à la terre ferme. * Vaudome, manuscrits Géographiques. Th.Corneille, diB. géogr .

GERSON, OU JERSON. Cherchez CHARRIER.

t GERSON le Vieux, Rabbin du onzième siècle. Quel-cues-uns le font naître à Mayence. II est cependant scur qu’iloemeura en France , puis qu’on lui donne le titre de lumière dela captivité Françoise. II a laissé des constitutions qui ont étéimprimées à Venise en i;iy. On eut moins de respect pour luipendant sa vie qu’après fa mort, car on balança long-tems à re-cevoir ce recueil de loix, qui ne commencèrent à avoir coursqu’au milieu du treizième siècle. On le fait mourir, en 1028.en 1068. cten 1070. Un de ses principaux disciples fut Jacobfils de Jekar, grand Musicien, & qui avoit aussi fort aprofondiles cas de conscience. * Basnage , hiß. des Juifs, ist. tom.p. J. C. Wolfii, Biblioth. Hebraa.

t GERSON , fils d’Afcher, Rabbin du XVI. siècle. 11 aécrit un livre intitulé J échus Hafaddikim la Généalogie des Pa-triarches. Wolfius présume que ce Gerson est l’Auteur du Ge-lilot PEretz Jifiaël , des limites de la terre d"Israël. Le Rab-bin Menace ben Israël assure que ce livre fut brûlé de l’avis dessages. Cependant il a été réimprimé en 1691. II est rempli decontes de vieille , dont les Juifs ont rougi, ce semble, les pre-miers. 11 est écrit en allemand , mais en caractères rabbiniques.Le R. Joseph en a fait un abrégé en allemand sous le titre derélation des faits des Roú d’Israël, & a été imprimé à Amster-dam in 8°. * J. C. Wolfii, Biblioth. Hebraa.

t GERSON, Rabbin , fils de Salomon. Le R. Gedalia ditqu’il étoit Catalan, & comme il le joint au R. Moyse Tibbon,on suppose qu’il florissoit au milieu du treizième siede. 11 aécrit un livre philosophique intitulé Schagnar Haschamajim,laporte du Ciel. 11 est divisé en trois parties. Dans la premièreil traite des quatre élemens, & des choses animées & inanimées.Dans la seconde il parle de l’Astronomie , du Ciel & du Monde.Bartolocci dit qu’il fuit Ptolomée, Alphraganus, Avicenne , &Averroës . Dans la troisième il traite des choses divines & ilfuit Maimonides. Ce livre fut imprimé à Venise en 1^47. II ya un manuscrit de ce livre dans la Bibliothèque du Vatican, &dans la Bodléïenne fous le titre d’Histoire naturelle, num. ^ ^89-* J. C. Wolfii, Biblioth. Hebraa.

t GERSON , (Christian) Juif converti, naquit à Stecklings-hausen dans l’Archevêché de Cologne , 1 e 1. Aoult 1^69. deparensJuifs. Une pauvre femme aïant mis en gage chez lui un nouveauTestament, il le lut avec quelque attention, & fut tellement tou-ché de cette lecture , qu’il résolut d’embrasser la Religion Chré-tienne , ce qu’il exécuta à Halberstatt , où il se fit battiser le 9.Octobre 1600. 11 se mit ensuite á étudier & à enseigner la Lan-gue sainte & celle du Talmud. Quelque tems après , ilobtint un Diaconat près de Bernburg dans la Principauté d’ An-halt & enfin il fut nommé Pasteur à Drœbel . Lorsque le 1 Sept.1627. il voulut retourner chez lui en carosse , d’une noce à la-quelle il avoit assisté, les chevaux prirent lc mords aux dents &se précipitèrent d’une hauteur dans la Saale , où il se nofa misé-rablement. 11 avoit publié en Allemand , les principaux arti-cles du Talmud fp leur réfutation , in oBavo , & une traduc-tion de T onzième chapitre de la Gemare Sanhédrin, nomméeCheleck. Les Sçavans louent fort fa sincérité & l’érudition qu’ilfit paraître en proposant & en réfutant les erreurs des Juifs.Avant lui on n’avoit point encore publié aucune traductionen langue vulgaire d’un chapitre entier du Talmud . * Becman-ni , Anhalt , hìjtor. Gersons Schrijfi. Wagcnseil. Carpzov. Rieh.Simon. Wolf Biblioth. Rabb.

GERSTMAN , f Sébastien ) Jurisconsulte, Alleman , étoitde Breslaw en Silesie , où il naquit en 1542. II étudia en Italie ,& en France , fut Syndic de l'Université de Francfort, puisConseiller du Duc de Saxe. 11 mourut en 1601. * ConsultezMelchior Adam , dans les vies des Jurisconsultes d’Allemagne.

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GERTRUDE , ( Sainte ) Abbesse de Nivelle en Brabantfille d t Pépin de Landen , Prince de Brabant , Maire du palais& Ministre des Rois d'Australie, & de la bien heureuse Itte oùIduberge , sœur de saint Modoald , Evêque de Trêves, naquit àLanden en Brabant l’an 626. & fut élevée d’une manière fortchrétienne dans le palais de son père. A peine eut-elle atteintl’áge de dix ans, que le fils du Gouverneur de la haute Austra-lie , fe servit de la recommandation du Roi Dagobert pour lademander en mariage ; Gertrude refusa ce parti, & déclara siaffirmativement, & fi vivement le désir qu’elle avoit formé de seconsacrer à Dieu , que le Roi ne voulut plus lui faire de sem-blables propositions. Elle perdit son père à l’áge de 14. ans, &fe retira dans le Monastère de Nivelle , au Diocèse de Namur,que sa mère avoit fait bâtir pour des personnes de son sexe ; elleen devint Abbesse en 647. & fut seule chargée de la conduite detoute cette grande Abbaye , après la mort de sainte Itte sa mère,arrivée le 8- Mai Ü52. Elle se démit de ce fardeau l’an 6<;6*en chargea sa nièce Wilfetrude, & se prépara à la mort, quil’enleva de ce monde le 17. Mars 6<59. âgée de ans. SonMonastère de Nivelle étoit changé cn un Chapitre de Chanoines-ses dès le XII. siècle. * AB a SS. ord. S. BenediB. Bulteau,lib. cap. 40. Le Cointe, annal, ecclef. Fron. Bastlet , vies desSS. 18. Mars .

GERTRUDE, (Sainte^Religieuse d’une grande vertu,si.volt dans le Xlli. siècle, & écrivit des ouvrages de piété, dontTri thème & Coccius font mention. Este est différente d’une au-tre de ce nom, qui vivoit à Délit, ct qui reçut, dit-on, lesstigmates du Fils de Dieu. * Jean de Leiden , ehren. Belg. I. jg.Surius , au 6 . Janvier. CoccillS , A. C. 1280. if c.

GERTRUYDENBERG , ou MONT-SAINTE-GERTRU-

DE, Gertrudemberga, & S. Gertrudis mons , ville de Hollandevers les fontières de Brabant , fur la rive gauche de la Aler-te e , à deux ou trois lieues de Dordrecht, & autant de Breda .Elle est bâtie en forme de croissant, & fortifiée regulierementCeux du pays croient qu’elle a tiré son nom dé Gertrude , Hiede Pépin, Maire du palais des Roys de France, dont nousavons parlé ci-dessus , mais il y a plus d’apparence qu’elle doitson nom à sainte Gertrude , qui vivoit à Délit dans le XIV.siècle ; car des actes anciens, qui sont rapportez par le Mire,nous apprennent, que Gertruyaenberg étoit nommée Mons Lit-torts. Qucri qu’il en soit, cette ville, qui est aujourd'hui dudomaine des Princes d’Orange, est renommée par la pêche dessaumons , des esturgeons, des aloses, &c. Les Hollandais lasurprirent en 157}. & depuis este a été prise & reprise en diverstems. 11 y eut inutilement en 1710. des assemblées de Pléni-potentiaires de France , de Hollande, d’Angleterre & d’Alle-magne pour la paix. * Le Mire, not. eccl. Belg. r. 7;. Guichar-din, defirìpt. des Pays-bas. De Thou, hiß. liv. 5 ;. Grotius . Stra-da, ctc.

GERVAIS ET PROTAIS , (SS. ) sont deux Martyrs incon-nus , dont les corps forent trouvez à Milan , du tems de saintAmbroise l’an ;86. dans le tems qu’il se diíposoit à dédier kgrande Eglise de cette ville. II apprit par une révélation qu’ileut, étant endormi, que les corps de ces deux Saints étoientdans l’Eglise de saint Nabot & de saint Felix ; il y fit souiller, &y trouva les ossemens de ces deux Martyrs, dont les noms étoientapparemment for leurs cercueils, puisque saint Ambroise ne té-moigné point qu’il les eût appris par révélation. Aulli-tût quele tombeau fut ouvert, il s’y fit plusieurs miracles, & les corpsdes deux Saints furent transportez dans la basilique de Fauste;& de là dans l’Ambroisienne. Pendant cette translation , unaveugle , nommé Severe, ayant touché le bord des omemensqui couvraient les reliques des Martyrs , recouvra la vûë à Theu-re même : il se fit encore plusieurs autres miracles pendant letems de la cérémonie , par lesquels les Ariens forent confondus.La fête de cette translation a été célébrée à Milan , & en Asti-que , dès le V. siècle, & le culte de ces Saints s’est établi non-sculement dans l’EgUfe latine , mais aussi dans f Eglise grecque.* Ambrosius , Epifl. ad Marcellinam 54. vet. edit. 22. nova. Au-gustin , de civit. Dei, lib. 22. cap. 88- eonfesf. lib. 9. c. 7. is decura pro mort. cap. 17. sir m. 286. Paulin. in vita Ambrof. Rol-land de Tillemont, mémoires pour i'hiß. ecclef Tom. 2. Bastlet,vies des Saints , jour auquel on f ait leur fête.

GERVAIS, Evêque du Mans , fils de Hamon ou Aymm,Seigneur du Cháteau-du-Loir, fut pourvu de cet Evêché enio; 6. Herbert Baccon, tuteur du netit Hugues, Comte du Mai-ne , fils d’Erbert EveiUe-Chien , ssopposa long-tems à sa réce-ption ; mais enfin Gervais fit son entrée dans le Mans , d’où ilfut contraint de sortir bien-tôt après, pour éviter les violencesde son ennemi. 11 implora le secours de Geofroi Martel , Com-te d’Anjou , qui le lui refusa. Ce Prélat, pour se venger decette injustice , gagna l’esprit des habitans du Alans, & fit en-sorte qu’ils chassèrent Herbert Baccon, comme usurpateur, &reconnurent pour leur Prince le jeune Hugues que Gervais mariaà Berte , soeur de Tbibaud , Comte de Blois, & veuve à’ Alain,Prince de Bretagne. Ce mariage déplut' au Comte d’Anjou,qui giit le siège devant la ville du Chàteau-du-Loir, où etoitGervais. II l’attira à une entrevûë, sous pretexte de vouloir feréconcilier avec lui ; mais s’étant saisi de íà personne , il le re-tint prisonnier l’espace de sept ans, jusques à ce que cet Evéauelui eut cédé le Château-du-Loir , & lui eût promis de ne plusrentrer dans la ville du Mans , qu’il avoit usurpée sur le PrinceHugues. Ces conditions obligèrent Gervais de se retirer versGuillaume le Conquérant , Duc de Normandie , qui le reçut tres-bien, & lui donna une pension pour son entretien. AprèsiJ*mort de Gui de Châtiston, Archevêque de Reims. Henri I . Rot