GIO
Roi, Che valier, Roc fr Reine,
Sont moindres que des Pions.
Lettre infirme dans le Mercure galant du mots de Décembre 169;.11 v avoit en 1702* à Amsterdam un Officier Irlandais, qui jouoitsi tien Lux Dames & aux échets, que tous ceux qui l’ont vû,assurent qu’il n’avoit pas son pareil dans l’Europe . * Mém. dutems. Bayle, diel. erst. édit. 1702.
GIOIA, bourg avec un Château. 11 est dans la Calabre ulté-rieure , Province du Royaume de Naples , à Temboûchure duMarro, 011 Metauro, dans le golfe de Gioia, qui est entre celuide saint Euphémie, & le Fare de Messine , & qui répond à celuique les Anciens appelloient Sinus Brutus ou Brutiorum Sinus.On prend Gioia pour la petite ville des anciens Brutiens, qu’onnommait Ma mr us ou Metaurum. * Baudrand.
GIOIA, bourg du Royaume de Naples , est dans la terrede Bari , entre la ville de Bari & le golfe de latente. * Bau-drand.
GIOIA, (Jean) natif d’Amalphi, dans le Royaume de Na-ples , vivoit vers l’an 1500. ayant ouï parler de la vertu, de lapierre d’Aimant, il s’en servit, dit-on, dans ses navigations ; &eu à peu, à force d’expériences, il inventa & perfectionna laoussole. On ajoute que pour marquer que cet instrument avoitété inventé par un sujet des Rois de Naples, qui étoient alorscadets de la maison de France, & de la branche des Ducs d’An-jou, il marqua le Septentrion avec une fleur de lis : ce qui a étésuivi par toutes les nations ; mais tout cela est fort suipect. VoyezBOUaSOLE. * M. l’Abbé de Choisy , vie de Salomon.
GIONULLUS : certains Volontaires ou Avanturiers dansl’Empire du Turc, qui s’entretiennent dans les armées à leurspropres frais, dans l’espérance d’obtenir par quelque belle action,la succession des Zaims ou des Timariots, lorsque ces dernierssont tuez à la guerre. Ces gens-là font souvent des choses pres-que incroyables, & signalent leur bravoure, en s’exposant auxplus grands dangers. On remarque qu’en un seul jour, on don-na un même Timar à huit de ces braves, dont les sept prémiersfurent tuez successivement l’un après l’autre , dans un aslàut quifut donné par les Turcs en 166;. au fort de Serin dans la Hon-grie : de sorte qu’il n’y eut que le huitième qui profita du Ti-mar , les autres n’en ayant reçu le titre que peur un moment.On croit que Girmnulu vient de Gionum, qui lignifie une impé-tuosité furieuse , d'où se forme GionuUu, c’est-à-dire, un fu-rieux qui s'expofi aux plus grands périls fans aucune considéra-tion. * Ricaut, de PEmpire Ottoman.
GIORAS, Juif, fils de Simon. Ce fut lui, qui après la ba-taille de Gabaon contre Celsius, qui commandait les troupes ro-maines , donna fur leur arrière-garde, en tua plusieurs , & pritgrand nombre de chariots chargez de bagage, qu’il mena dans Jé-rusalem . * Josephe, guerre des Juifs, liv. II. chap. 37.
t GIORDANI, (Vitale) naquit à Bitonte, ville du Royau-me de Naples dans la Terre de Bari le 13. Décembre 1633. deparens qui, quoi que pauvre , n’oublièrent rien pour le rendredigne de 1’état ecclésiastique auquel ils le destinaient. II y entrade bonne heure par complaisance pour eux, mais contre son in-clination. Les reproches continuels que son père lui faisoit deson indolence pour le travail & les mauvais traitemens de fabelle-mère lui firent bientôt abandonner fa patrie , il fe retiraà Parente , fans s’être déterminé au parti qu’il devoit prendre.II se maria dans cette ville avec une fille qui frétait pas plus ri-che que lui, ainíi il sc trouva bientôt dans la misère. Ce tristeétat ne put cependant le retirer de sa paresse & de son oisiveté.Les reproches qu’on lui en faisoit ne servaient qu’à l’irriter, &un de ses beaux-ftères, avec lequel il demeurait, Bayant prestelà-dessus un peu plus qu’à Tordinaire , il se jetta fur lui & le tua.Ce meurtre l’ayant obligé de prendre la fuite, il s’embarqua furun vaisseau qui partait pour Venise. Le Pape Innocent X. faisoitalors armer des Galères pour aller dans le Levant contre les Turcs ;il s’engagea pour y servir en qualité de soldat : deux ans après,c’est-àédireen i6;y. il quitta ce service pour se mettre dans lestroupes de terre; mais en 1657. il le reprit & se trouva à plu-sieurs combats que la Flotte Chrétienne livra aux Turcs. L’A-miral fur le vaisseau duquel on le plaça ayant remarqué en lui ungénie particulier qui le rendoit capable de quelque chose de plusque de la profession de soldat, lui donna Remploi d’Ecrivainqui étoit vacant Giordani l’accepta avec plaisir; mais Tigno-rancc ou il étoit par raport aux règles de T Arithmétique lui cau-sa beaucoup d’embaras, les additions & les soustractions qu’ilétoit obligé de faire dans ses comptes , étoient pour lui des cho-ses inconnues : il s’appliqua cependant avec tant d’ardeur àchercher les moyens de les faire ; qu’il les trouva, & cette décou-verte commença à lui donner du goût pour T étude. Quelquetems après étant abordé à Zante , un Prêtre Grec lui donna TA-rithmetique de Claviste , qu’il dévora avec une avidité inconce-vable. De retour à Rome en 1659. il forma le dessein de culti-ver l'incli nation qu’il sentait pour les Mathématiques. Mais illui faisoit pour cela un poste , qui en lui donnant dequoi vivre,lui laissât le loisir nécessaire de s’y appliquer. 11 trouva le moyende sc faire recevoir dans la garde du Château saint Ange , emploiqui convenait parfaitement à son dellèin. Un ouvrage de Viettelui étant tombe entre les mains, il s’appliqua avec une conten-tion extraordinaire à le lire & à Tentendre ; mais il frétait pasencore initié dans les mystères; & il fut obligé d’y renoncer.Les elémens d’Euclide qu’on lui conseilla de lire lui forent bienplus utiles, il les comprit avec beaucoup de facilité, & ils luidonnèrent encore plus de goût pour la Géométrie. L’ardeur aveclaquelle il s’appliquoit a cette étude lui procura quelques Protec-
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teurs qui se firent un plaisir de le mettre en état d’étudier pluslibrement; il quitta donc tout-à-fait le service pour se livrer en-tièrement aux sciences. II devint bien-tôt aisés habile pour en-seigner les autres, & se fit par ce moyen beaucoup de réputationdans Rome. La Reine de Suède le fit pendant son séjour en cet-te ville son Mathématicien, & le Roi Louis XIV . y ayant établien 1666. une Académie de Peinture & de Sculpture, le nommapour y enseigner les Mathématiques. Outre cela le Pape Clé-ment X. lui donna en 1672. La charge d’Ingénieur du Châteausaint Ange , qu’Innocent XI . lui ôta dès qu’il eut été élevé auPontificat, pour en gratifier un autre. Giordani se voyant dansTabondance, voulut faire venir à Rome fa femme avec un filsqu’il avoit eu d’elle ; mais elle refusa d’y aller, & son fils peupropre a l’étude, n’y demeura que peu. En i68y. on lui donnala chaire de Mathématique, du Collège de la Sapience, & il s’ap-pliqua dans cet emploi avec un soin extraordinaire à former debons Ecoliers. L’Académie des Arcadiens le reçût le 9. Mai1691. dans son corps. Son amour pour l’étude nè lui permet-tait pas de garder de mesure dans son travail, & son peu de mé-nagement lui procura de fâcheuses maladies dont il revint par unbon régime ; mais enfin il mourut le 3. Novembre 1711. dans fa78. année. II étoit d’un tempéramment bilieux & violent, maisinfatigable, & d’une conception aisée. Les principaux ouvragesqu’on a de lui font: i°. Euclide reftituto 1686. fol. 2 0 . De com-ponendis gravium momentis l68y. 3°. Fundamentum doElri-
nx motus gravium, Romae 1686. II y a deux éditions de cetouvrage. La seconde est fort augmentée. 4". Ad HyacinthumChriftophorum Epistola, Romae 1705. in fol. Voyez son élogedans le vite degli Arcadi , Com. 3. * Mémoires pour servir dP bist. des hommes illustres, tom.].
GIORGION, Peintre célèbre , né en 1478. à Castel-Fran-co, dans le Trevisan , étoit bien fait de sa personne , galant,aimait la Musique , chantait & jouoit fort bien des instrumens.Après avoir étudié d’après les desseins du Titien , il apprit à pein-dre fous Jean Bellin , & passa tout à coup de la manière de cedernier à un autre qu’il se fit lui-même , & qui surprit tous lesconnaisseurs; car outre que son goût de dessein étoit délicat,il porta le coloris plus soin qu'aucun de ses concurrens , peignitavec force & suavité, & entendit fort bien le clair-obscur, &l’harmonie du tout ensemble. II imita parfaitement Léonard deVinci , & se rendit très habile, par le secret qu’il trouva de biendistinguer les jours & les ombres. Giorgion mourut à l’âge detrente deux ans, en 1311. & eut la gloire d’avoir formé Seba-stien de Venise , qu’on nomma à Rome fratel del Piomo ; &le célèbre Titien. * Ridolfi, vit. Pittor. Venet. Vasari . Feli-bien , &c.
, GIO'JTO, Peintre célèbre , qui vivoit dans le XIV. siècleétoit nans d’un village, près de Florence. Cimabué Rayant ren-contré à la campagne, qui gardoit des moutons, & qui en lesregardant paître » les destinait fur une brique, conçut une fi bon-ne opinion de l’inclination de ce jeune enfant, qu’il le deman-da à son père, pour le mettre au nombre de ses élèves. Giot-to s’avança tellement dans la Peinture, qu’il sc rendit le plus ha-bile homme de son tems dans cet art, qui commençait à sc dé-grossir. Sa réputation sc répandit bien-tôt dans toute l’Italie ,& sur tout lorlqu’il eut commencé à faire des portraits, dontl’u-sage éto't comme perdu. Le Pape Benoit XI . avoit envoyé unhomme à Sienne & à Florence , pour y voir les plus habilesPeintres, & pour en rapporter quelque dessein de chacun d’eux.Get Envoyé s’adressa à Giotto , qui sc fit d’abord donner un pin-ceau & du papier, puis fans le secours d’aucun autre instru-ment , traça un cercle qu’il donna à cet homme. On le trou-va si également tracé, & st parfait dans fa figure, qu’il parutune choie admirable ; & c’est ce qui donna lieu à ce proverbeitalien, tu fii più tondo ehe P O del Giotto , pour marquer unesprit qui n’est pas trop subtil. Ce fut ensuite de cela que lePape le fit venir à Rome , où il peignit divers ouvrages, & en-tr’autres ce grand tableau de Mosaïque, qui est à présent au-des-sus de la grande porte de l’Eglise de saint Pierre, qu’on ap-pelle la nave del Giotto . C’est un saint Pierre marchant sur leseaux. Le Giotto suivit la Cour de Rome à Avignon en 1306.& demeura en Provence jusqu’après la mort de Clcment V. Ralla en 1316.cn Italie , où il fit amitié particulière avec le Dan-te. II peignit à Naples & ailleurs , & mourut Pan 1336. à Flo-rence , où on lui eleva déduis une statue de marbre fur sontombeau. Pétrarque a parlé très-avantageusement de lui. LeGiotto eut divers élèves cju’on estima. On vit peu de sems a-près, un Peintre nomme Thomas , natif de Florence , qu’onsurnomma le Giottino , à cause qu’il imitait très-bien la maniè-de Giotto . Les Florentins employèrent ce dernier pour faireun portrait ridicule de Gautier de Brienne , Duc d’Athènes,qu'ils n’avoient pas raison d’aimer. Le Giottino mourut jeuneen 1356. âgé de 32. ans. * Vaiàri, vit. de Pitt. Felibien,entretiens fur la vie des Peintres. Pétrarque , epist. famiL /.frc. De Piles, vies des Peintres.
GIOVAGN ONI, (Horace) Jurisconsulte , natif de Boulo-gne en Italie , vivoit sur la fin du XVI. siècle, vers Tan 198g. IIa composé divers ouvrages, & entr’autres un de consultations,u’on a imprimé dans la même ville de Boulogne Tan 1615. *umaldi, Biblioth. Bonon. Alidosi, de stript. Bonon. fy c.
GIOVAN-ANTONIO DA VERCELLI, ditleSODQMA,Peintre vivoit dans le XVI. siècle, & peignit dans le Vatican di-vers ouvrages, que Jules II . fit depuis ruiner. II aimait à repré-senter des actions déshonnêtes : ce qùí lui fit donner le surnomde Sodoma. Giovan-Antonio fut connu du Pape Leon X. quile fit Chevalier . Cependant son humeur bizarre & ses dèbau-' Tome IV. Oo chas