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Tome IV
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f iolnt à la métempsycose, comme les autres Bénjans ; mais queeurs âmes au sortir de leurs corps seront éternellement avec Dieu .Ils font leurs prières & leurs adorations dans des villages ou dansdes vieux bâtimens ruinez ; car ils vivent à la campagne, dans lesbois & dans les déserts ; & n’ont aucunes Mosquées. 11 s n'en-trent pas même dans les Temples des autres sectes, 1 i ce n’eit enceux de la secte de Samarath ; mais ce n’est que pour y coucher,lorfqu’ils n’ont point d’autre retraite. Ils ne possèdent aucunsbiens, & vont tout nuds, couvrant seulement ce que la pudeurnous fait cacher. 11s se frottent le visage & tout le corps avecde la cendre, ce qui les défiguré étrangement ; aullì-bien que lesjeûnes & íes grandes austéritez qu’ils pratiquent, encore plus sou-vent que ceux de la secte de Ceurewath. Ils honorent un cer-tain Meus, qu’ils appellent le serviteur de Dieu . Tous les au-tres L en jans ont de la vénération pour les Goëghys, exceptéceux de la secte de Ceurewath, qui soient leur conversation. 11 sne se marient point, & vivent dans une si grande chasteté, qu’ilsne souffriroient pas qu’une femme les touchât. 11 y a aussi desfemmes qui íè font Goëghys ; mais elles sont en petit nombre,parce que ce sexe est trop délicat, pour s’accoutumer aux austéri-tez de ces Benjans. * íiìandeslo, tom. r. d’Olearius.

Ç GOERE'E, Isle de la Hollande. Elle est au Couchant decette Province, & a pris son nom d’une petite ville qui s’y trou-ve. Cette ville n’a ni murailles ni remparts ; il en paroit pour-tant quelques vestiges en divers endroits. Elle a une tour forthaute qui sert de fare aux vaisseaux qui veulent entrer dans laMeuse . * Atlas. Th. Corneille di£t. glogr. Sanson. Baudrand.

GOERE'E, petite Isle dépendante du Royaume d’Alé, dansla Nigritie en Afrique , à trois lieues du cap verd. U y avoit unfort auquel les Hollandois, qui l’avoient fait bâtir, avoient don-ne le nòm de Naffàu ; mais en 1677. les Franqois le prirent fousla conduite du Comte d'Etrées vice-Amiral de France , le rasè-rent , & en bâtirent un autre dont ils sont les maîtres ; ce qui adiminué le commerce des Hollandois le long des côtes du capVerd. * Baudrand.

GOES, qu’on nomme GOUS, & quelquefois Ter-Gous , enS joignant l’article, est une ville des Provinces-unies . Elle estdans le Zuyd-Bevelandt, en Zélande, entre Middelbourg & Berg-op-Zoom , à quatre-lieuës de la première & à cinq de la dernie-re. Goës est une ville assez grande & assez belle, & elle a unbon port fur f embouchure orientale de l’Escaut. * Maty,dtcììo».

GOEZ, (Jean Baron de) Cardinal, Evêque de Gurck, avoitun talent particulier pour traiter les affaires d’Etat. Aussi l’Em-pereur Leopold l’employa-t-il en plusieurs charges & Ambassades ,& le nomma pour traiter la paix avee la Porte, après la défaitedes Turcs à saint Gothard en Hongrie . A son retour il embrassal’état ecclésiastique, & fut nommé par l'Empereur à l’Evêché deGurck en Carinthie . 11 fut depuis choisi pour Chef de l’Am-bassade au traité de paix de Nimègue. Le Pape Innocent XI .le nomma Cardinal , le 2. Septembre 1686. Apres la mort de cePape arrivée en 1689. il reçut ordre de l’Empereur d’allcr en di-ligence à Rome , nonobstant son grand âge, pour veiller dans leConclave aux intérêts de la maison d’Autriche ; mais en arrivantil apprit à la porte, que le Cardinal Ottoboni venoit d’être éluPape, & avoit pris le nom d’Alexandre VIII . ce qui surprit telle-ment ce Cardinal, qu’il s’en retourna fur ses pas, mais il en futdétourné par les personnes qui venoient au-devant de lui. IIassista au couronnement du nouveau Pontife, & requt de lui lechapeau de Cardinal. II fut depuis chargé des affaires de l’Em-pereur à la Cour de Rome, où il mourut d’apoplexie, le 19. Octo-bre 1696. en la 86. année de son âge, & la 10. de son Cardina-lat, & y fut inhumé en l’Eglife des. Capucins, ainsi qu’il l’avoitordonné. * Mémoires du tems.

GOEZ, (Damien de) Portugais, qui florissoit dans le XVI.siècle, etoit né dans le bourg d’Alenquer , & fut élevé à la Courd’EmanueL Roi de Portugal , où il eut une charge, aufsi-bien uueFruElo dc Goëz, son frère, qui étoit Gentilhomme de la chambrede ce Roi. Damien étoit également né pour les lettres, & pourles affaires, n fut chargé par les Rois de Portugal de négocia-tions importantes en France, en Allemagne, dans le Pays-bas &en Pologne ; & il passa plus de quatorze ans dans ces voyages.En 1334. il alla à Padoue , où il étudia quatre ans de fuite, & htamitié pendant son séjour en Italie avec les Cardinaux Bembo,aadolet & Madruce. Lorsqu’il fut revenu dans les Pays-bas, il yépousa Jeanne d’Hargen de la Haye, & y goûta avec les gens delettres, tout ce que la société des esprits <k la vie tranquile ontde plus doux & de plus charmant 11 aimoit la Poésie & laMusique, composoit des vers, chantoit bien , & étoit extrême-ment considère des Sqavans du Pays-bas & d’Allemagne . SigiC-mond Gelenius lui dédia ses observations fur l’histoire naturellede Pline ; Henri Glareanus ses livres de la Musique; & PetrusNannius composa un poème sur la naissance d’un fils de Goëz,nomme íwW, II étoit établi à Louvain , qu’il défendit avecbeaucoup de vigueur en 1542. contre les Franqois, les autresOfficiers ayant abandonné cette place. II fut arrêté peu après,quoiqu il eût un sauf-conduit, & fut contraint de sc racheter.Etant dqa avance en âge, il eut ordre de retourner en Portugal ,^i°cn CCrlre ,°“ e âe cet Etat ; mais avant que d’y travailler,“ fallut ranger les archives du Royaume, qui étoient dans unetres grande confusion, ce qui ne lui permit de finir que la pluspetite partie de ce grand ouvrage. Etant déja très-vieux, auprèsde son feu, il y tomba, & le lendemain on le trouva mort & àr®, 1 ”* brûle. II fut enterré devant le grand autel de l’Eglise deNotre-Dame a Alenquer , c» qui montre que ceux qui ont assuré

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que ses ennemis lui avoient fait donner la ville de Lisbonne pour prison, íè sont trompez. Comme on n’a point de datte fixede la plus grande partie de ce qui le regarde, on va marquercelle de les ouvrages: Legat i» magné Indu um Imperatoris adEmanuelem Luttant* Regem, anno 1 ; 13. Louvain , 1532. 8 Ri-des, religie, mo ejque JEtyopum, fr c. Louvain , 1340. 4. hiíj-nì<t taudatio, Anvers 1344. 4. Vrais Lovanienjis ohfidio , Lou-vain , 1346. 4. Comment aria r er um geßarum in Indid citra Gan-gem a Lujttanis, arm» 1338. Louvain , 1349. z. Vrhis Vti/fipo -nenßs dejeripuo, Evora , 1334. 4. Histoira del Rey Dom Manuel,Lisbonne , 1366. fol. Cbronica do Principe I). Juao II. de nome,Lisbonne 1367. fol. * Bibliothèque portug. mir. And Schot,tus, & Nie. Antonio, bibl. Hijp. Jean Driedo. Paul Jove LeMire, &c.

Ç GOG & MAGOG, on ne sépare pas ces deux noms, par-ce que P Ecriture les joint pour l’ordinaire. Aloyle parle cìeMa-gog,fils de Japheth; mais il ne parle pas de Gog. Gog etoitPrince de Magog, scion Ezéchiel . Magog lignifie le pays ou lepeuple; & Gog, le Roi de ce pays. D. Calmet a Lit voir fur laGénèsc, que la plupart des Anciens Liloient Magog père desScythes ou des Tartaros , & que plusieurs Interprètes trouvoientbeaucoup de traces de leur nom dans les Provinces de la grandeTartarie ; comme dans les Provinces de Lug & Mungug , deCangigu & Ginguì, dans leS villes de Glngui & de Cugui ’ deCorgangui & de Caigui. D’autres ont crû que les Perses etoientles delcendans de Magog. Suidas & Cédrène disent qu’on lesnomme encore Magog dans leur pays. On y trouve des peu-ples nommez Maguliens, & des Philosophes appeliez Mages.Quelques-uns se sont imaginés que les Goths étoient descendusde Gog & de Magog, & que les guerres décrites par Ezechiel ,& entreprises par Gog contre les Saints, ne sont autres que cel-les que les Goths firent au siècle cinquième contre l’Empire Ro-main. Bochart a placé Gog aux environs du Caucase 11 déri-ve le nom de cette fameuse montagne de l’Hebreu Gog-cbaßn,forteresse de Gog. II montre que Prométhée attaché au Caucasepar Jupiter , n’elt autre que Gog. On connoit au Midy du Cau-case la Gogaréne, Province d’iberie. Enfin la plupart croyentavec beaucoup de fondement, que Gog & Magog marquez dansEzéchiel & dans l’Apocalypse , se doivent prendre dans un sensallégorique, pour des Princes ennemis des Saints & de l’Eglise.Ainsi plusieurs prennent Gog d’Ezechiel, pour Antiochus Epfpha-nes, pérlecuteur des Juifs attachez à leur Religion ; & celui quiest marque dans f Apocalypse, pour l’Antechrist , ennemi del’Eglile & des Fideles. D. Calmet travaille dans une Dissertationimprimée à la tête d'Ezechiel , à faire voir que Gog étoit le mê-me que Cambyses Roi des Perses ; & fur l’Apocalvpsc, il prétendque Gog & Magog designent tous les ennemis qui persécuteront1 Eglise jusqu’a la fin des siècles. Les Arabes appellent les def-cendans de Gog & de Magog, Jagiouge & Magtmge, & croyentqu ils habitent les pays les plus septentrionaux de l'Afie- au-delàd es pays des Tartaros & des Sc lave s, ou des Sclavons, nom-mez chaíybes par les Anciens. II y a apparence que Gog &Magog, félon l’idee des Arabes , hubitoient autrefois les mon-tagnes des Hyperboreens, & que c’elt eux-mêmes que les An-ciens ont connus sous ce nom : car ils racontent qssun nomméSalam, qui y fut envoyé par Fajèk neuvième Calife du Corafande la race des Abaílides, l’an de J. C. 842. fut deux ans à fai-re ce voyage, & qu’et nt de retour après ce long terme il rap-porta qu’à trente-six journées de la mer Caspienne , tirant vers laNord , il trouva enfin les villes des Hyperboreern , qui n’etoiencplus que des masures fans habitans ; & à vingt-scpt jours delà ilvit la ville de Hajha , ainsi nommée par les Arabes , à causc’deson assiette prelque inaccessible. On voyoit assez près de ce fortles restes du fameux rempart bâti par Alexandre le Grand pourempêcher les nations barbares du Septentrion de faire des 'irrup-tions dans le cœur de l’Atie. Salam se fit porter en cet endroit,car il n’etoit accessible à aucune voiture, ni à aucune monture& il eut la satisfaction d’y trouver tout ce que les anciennes re-lations en disoient. Les anciens peuples de Gog & Magog ha-bitaient, dit-on, dans ces montagnes, où l’on ne pouvoft arlriver qu’avec des difficultcz presque insurmontables 11 falsoitemployer dix-scpt jours a monter & à descendre par des paysextrêmement raboteux, avant que d'y arriver: tout ce qu on yportait, íè voituroit fur le dos des hommes, ou des chèvresqui sont très-grandes en ce pays-là. Les peuples qui y demeu-raient etoient si peu sociables, qu’on n’a jamais pù tirer d’au-cun d’entr’eux, la moindre connoissance de ce qui regarde cettenation, ou ce pays. C’est ce qu’on lit dans les Auteurs Arabestouchant le pays de Gog & de Magog. Cette nation est certai-nement très-fàmeuse dans l’Antiquite ; mais on ignore son an-cienne demeure. D. Calmet, du Dictionnaire duquel on tire cetarticle, croit que Gog & Magog ont été du nombre des Scythes,& qu’ils ont été confondus dans les grands & petits Tartaros , &peut-être dans les Moscovites, & les autres peuples du Nord.Mais comme ces peuples n’ont point d’anciens Historiens , onignore absolument leur histoire. * D. Calmet, ditl. géogr.

GOGA, petite ville des Indes dans les Etats du grand M&-gvl, est dans le Royaume de Guzarate fur le goise de Cambaye .» Sanson. Baudrand.

GOGNA, rivière d’Italie, dans le Duché de Milan . Ellea fa source dans le Novarois, où elle baigne la vallée de Gogna ,ensuite elle traverse le Vigevanasque & la Laumeline, & se dé-charge dans le Pô, vis-à-vis du village de Girola . * Matydi iléon. '

GOGSHEIM, petite ville d’Allemagne , dans le Palatinat

Tome If. Q q " ' du