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Tome IV
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tsescur, & par un pinceau plus moëleux. On excepte des Fla-mans ordinaires, trois ou quatre Flamans disciples de Raphaël,qui rapportèrent d’Italie la manière de leur Maître dans le deflin& dans le coloris. On en excepte encore Rubens & Vandeikqui ont regardé la nature par des yeux pénétrons, & qui ontporté ses effets dans une élévation peu commune ; quoiqu’ilsayent retenu quelque chose du naturel du pays dans le goût dudèiïìn. , ,

Le Goût François a toujours été si partagé, qu’il est difficiled’en donner une idée bien juste : car il paroit que les Peintresde cette nation ont été dans leurs ouvrages assez différens lesuns des autres. Dans le séjour qu’ils ont fait en Italie , les unsse sont contentez d’étudier à Rome , & en ont pris le goût.D’autres se sont arrêtez plus long-tems à Venise , & en sont re-venus avec une inclination particulière pour les ouvrages de cepays-là, & quelques-uns ont mis toute leur industrie à imiter lanature telle qu’ils lacroyoient voir. Parmi les plus habiles Pein-tres François , qui font morts depuis quelques années, il y en aqui ont suivi le goût de l’Antique , d’autres celui d’Annibal Car-rache pour le dessin, & les uns & les autres ont eu un colorisassez trivial : mais ils ont d’ailleurs tant de belles parties , & ilsont traité leurs sujets avec tant d’élévation, que leurs ouvragesserviront toûjours d’ornemens à la France , & seront admirez de lapostérité. *De Piles , abrégé de la vie des Peintres.

GOUVEA, (Christophle de) Portugais, natif de Porto , pritl'habit de Jésuite le i o. Janvier 6. eut divers emplois dans faSociété, entre autres celui de Provincial de Portugal , & fut nom-mé Evêque du Japon ; mais la foiblesse de fa santé ne lui permitpas d’accepter cette Prélatine. C’étoit un homme d’une grandepiété , & qui ne voulut jamais profiter de l’estime qu’on avoitconçûë de lui pour l’avancement de fa famille. II mourut à Litbone le n. Février 1622. âgé de 84- sns, & laissa une histoirePortugaise du Brésil , qu’on conserve manuscrite dans le Collège deConimbre. * Bibliotb. Portug. MS.

«5 GOUVEA, (Antoine de) Portugais, natif de Beja, étantentré dans l'Ordre des Hermites Réformez de S. Augustin , fûtenvoyé à Goa pour y enseigner la Théologie , & en 1602. futchoisi par le Viceroi Ayres de Saldanha pour aller en Ambassadeauprès de Scha Abbas, Roi de Perse. Le fruit de ses négocia-tions fut une permission que le Roi accorda aux Missionnairesde prêcher l’Evangile dans ses Etats, & à ses sujets Mahométans& autres d’embrassèr la Religion chrétienne. Ce Prince à la per-suasion de Gouvea, s’engagea aussi à faire la guerre au Turc, &il envoya en même tems Gouvea avec un Ambassadeur à la Courde Rome, & à celle d’Efpagne pour engager le Pape & le RoiCatholique à se liguer avec lui ; mais cette négociation n’eut pasle méme succès "que la prémiére , & Gouvea n’en rapporta quele titre d’Evêque de Cyrene ; & de Vicaire apostolique dans laPerse, dont il ne put se servir, Scha Abbas irrité, ayant révoquétoutes les permillions qu’il avoit données , & retenu l’Augultinen prison pendant quelque tems. Gouvea ayant obtenu son élar-gissement , crut devoir revenir en Europe , il traversa les désertsde l’Arabie, & s’embarqua à Alep pour Marseille ; mais les ventscontraires l’arrêtèrent en Sardaigne , où il fut pris par les Cor-saires d’Alger avec plusieurs autres, à qui il fut d’une _ grandeconsolation dans leur captivité. On le racheta en 1620. il revintà Madrid, & aussi-tôt après on le renvoya à Oran pour traiterd’une affaire importante. Lorfqu’il l’eut finie il se retira à Man-çanares de Membr'tUo , où il vécut jusqu’au iZ. Août 1638. Ona de lui la vie du B. Jean de Dieu, imprimée en 1624. 1A32. &1674. à Madrid ; la relation des victoires remportées par SchaAbbas fur les Turcs, oui parut à Lisbonne en 1611. le martyrede deux Portugais & a’un Castillan, à Madrid en 162;. Jornadade Arcebijbo de Goa, fpc. imprimé à Conimbre en 1606. C’estlà qu’il décrit l’histoire de l’expédition de Don Alexis Menezes,Archevêque de Goa dans laquelle il fit entrer les Chrétiens deS. Thomas dans le sein de l’Eglise Romaine . Gouvea étoit Prieurdes Augustins de Goa en 160;. * Btbliotb. Portug. MS. hilf.

du Christianisme des Indes ; par M. de la Croze, f. 40. (fp 88-

«J GOUVEA > (Antoine de) né dans une famille noble deBéja en Portugal , dans le XVI. siècle; étoit frère cadet de Mar-tial, & $ André de Gouvea, qui ont été tous deux scavans. Unde leurs oncles, nommé André, les fit étudier à Paris dans leCollège de sainte Barbe, dont il étoit Principal. Voici de quellemaniéré M. deThou parle d’Antoine de Gouvea , sous l’an 1 ç6ç.„ Antoine de Gouvea , dit-il, mourut au mois de Septembre. 11„ étoit Portugais de naissance ; mais comme il avoit beaucoup» de franchise, & de bonne foi, il avouoit qu’il ctoit François„ par adoption. II fut emmené en France , encore enfant par,, André de Gouvea íbn oncle, & étudia si bien les Humanisez,„ que personne n’écrivoit plus purement que lui en latin , & ne„ faisoit de meilleurs vers. D’ailleurs il fit de si grands progrès„ dans la Philosophie d’Aristote , que, jeune comme il etoit, il„ entreprit de la défendre contre Ramus íbn adversaire, & rem-„ porta de la gloire dans ce combat. Depuis, comme si son„ esprit eût été également capable de toutes les sciences, & qu’il„ eût pû faire lui seul en toutes, ce que chacun pouvoit en cha-,, cune : Emilio Ferreti qui enlëignoit le Droit à Avignon , l’in-„ vita d’y venir apprendre cette science difficile & laborieuse,„ puisqu’aufli-bien il étoit alors inutile à Lion , où il étudioit en„ particulier. Gouvea le crut, & s’avança tellement en peu de„ tems, qu’il trouva moyen d’expliquer par l’antiquité les que-v liions épineuses du Droit. Cujas avoua que ce jeune homme„ étoit celui qui avoit donné le plus juste dans le sens de Juíli-„ nien, & qu’il craignoit que la réputation que Gouvea sc de-„ volt acquérir dans la Jurisprudence , n’obscurçit la gloire qu’il

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„ y avoit acquise lui-même. „ Depuis Gouvea enseigna à Tou-louse , à Cahors, puis a Valence , & à Grenoble . La guerre ci-vile le chassa de la France qu’il ainroit uniquement ; & il sc reti-ra en Piémont , où il tut Conseiller du Conseil secret de Phili-bert, Duc de Savoye. II mourut l’an 1369. à Turin , d’une ma-ladie contractée, dit-on, pour avoir trop mangé de melons. Cesçavant homme a été le seul, qui, par une gloire assez rare dansson siècle, a ete estimé d’un commun consentement, excellentPoète, grand Philosophe, & sçavant Jurisconsulte. 11 attribuoitces avantages à Pair de France, où il avoit été élevé dès fa pré-mière jeunesse. Le Président A. Faber assure que Gouvea avoitun genie plus heureux que Cujas , mais qu’il avoit une si grandeconfiance en ses lumières, qu’il croioit n’avoir pas besoin de sedonner beaucoup de peine. Le méme Auteur avancé que Gou-vea dans ses ouvrages de Droit a surpassé tous les autres Juris-consultes , mais que dans son traité de Jurisditlione, il s’eít sur-passe lui-même. Nous avons quelques épigrammes avec quatreépitres de fa façon, des corrections fur Virgile , fur Térence, &fur quelques traitez de Cicéron ; ad titulum de jurisditlioneomnium judicum ; variarum juris leEiionum , lib. II. De fitb-flitutionibus ; ad legern falcìdtam ,- ad legern Gallus ; V. de li-bers s dp poflbumú i in trebellianum , de jure accre/cendi lib. 1.Rejponjio ad P. Kami caiumniat fro Arifiotele. Porpbyrii quin-que vocum traduSlio latina. 11 laissa un fils nommé Mainfroide Gouvea, qui mourut en 1613. après avoir été Conseillerd’Etat de Charles Emanuel Duc de Savoye, & Conseiller au Sé-nat de Turin. Celui-ci a écrit des poésies, des consultations, descommentaires fur Julius Clarus, & d’autres ouvrages. Quant àses deux oncles, Martial & André de Gouvea, l’ainé devint bonPoète Latin, & publia une grammaire latine à Paris . Le puîné,après avoir été Principal au Collège de sainte Barbe à Paris , &du Collège de Guienne àBourdeaux, fut appellé en 1447. àConimbre en Portugal, parle Roi Jean III . pour rétablissementd’un Collège. II fut occupé deux ans à s’en acquitter, & il mé-ditoit son retour àBourdeaux, lorsqu’il mourut en 1348. âgéde 50. ans & plus. * De Thou , biß. 1 . 33. 3g. 32. /p 76. An-dreas Schottus & Nicolas Antonio, bibliotb. Le Mire , de

fiript. sac. XVI. Ghilini, t beat. d'huom. lester. Teiísier , éloges,dpc. quatrième édition.

GOUVERNEUR ou Préfet de la ville de Rome , distinguédu Préfet du Prétoire. C’étoit autrefois un des premiers Ma-gistrats'de Rome , qui la gouvernoit en l’abscnce des Consuls &des Empereurs. II avoit l’intendance des vivres , de la police,des bátimens, & de la navigation. Son pouvoir s’étendoit àcent milles hors de Rome , selon Dion, & il avoit juridiction &droit de vie & de mort fur les cinq Provinces, appellées Urti-caires , ou Suburbicaires , ou Urbaines. On jugeoít devant luiles causes des esclaves, des patrons, des affranchis. 11 convo-quoitle Senat, jugeoit les Sénateurs , défendoit leurs droits &prérogatives, comme veut Caíîiodore. Au prémier jour de l’anil etoit oblige de faire un présent à l’Empereur, au nom de toutle peuple, de coupes d’or, avec cinq fols de monnoie, comme ditSymmaque . Fobûfolemnes paterot cum quints filidts , ut Numini-bus integritatis offèrimut. * Antiq. romaines.

t GOUVERNEURS en France . On apelle en FranceGouverneurs , des Officiers qui ont soin de maintenir les places«St les Provinces dans la soumission & l’obéïssance qu’elles doi-vent au Roi : qui empêchent les séditions , & entretiennent lapaix parmi les sujets : qui empêchent qu’il ne s’y fasse au-cune levée fans commission ou permission de fa Majesté, quiçommandent aux troupes, qui sont en garnison dans leurs Gou-vememens, les contiennent dans l’ordre & dans la disciplinemilitaire, & punissent ceux qui s’en écartent: qui tiennent en-fin les places bien fortifiées & bien munies pour être en état deles défendre contre les ennemis , & de prêter main forte à l’é-xecution de la justice. Les Ducs & les Comtes étoient les Gou-verneurs des Provinces & des places, sous la première race desRois de France . Sous la seconde race on commença à parler desMarquis ou des Comtes Marquis. C’étoient les Comtes dontles Gouvernemens étoient situés sor les frontières ou marchesdu Royaume . C’est en ce sens que les Comtes de Flandres & deBarcelone etoient indifféremment appellés Comtes ou Marquis.Les Duchés & les Comtés étant venus héréditaires & patrimo-niaux , ce qui commença sor la fin de la seconde race, L futuniversel, au commencement de la troisième, les Rois étant dé-chargés du soin des Provinces, commirent le soin de celles quileur etoient restees, & de leurs terres particulières aux Baillis,qui s’mtitulèrent Gouverneurs de leurs Bailliages , comme nous1 apprenons de Proif/ard. Les Ducs & les Comtes de leur côté,confièrent la gardé de leurs Provinces & de leurs terres à leursprincipaux Officiers qui furent nommés Sénéchaux. Menage aremarqué contre cette règle, que Antoine d’Aubusson , Sénéchald’Anjou, se trouve qualifié Bailly es Anjou. Les Ducs & lesComtes confioient quelque-fois ce soin à d’autres qu’aux Séné-chaux , & pour lors ces Officiers se nommoient Gouverneurs.Guillaume de St. Alban étoit Gouverneur de Provence l’an 1198.Jean d’Acre avoit la garde du Comté de Champagne en 127g.Cependant les Sénéchaux étoient les Gouverneurs nés des Pro-vinces , & ce n’étoit que pour des raisons particulières que lesDucs & les Comtes mettoient des Gouverneurs. Outre ces Gou-verneurs , il y en avoit de moindres, car les Rois & les Comtesdonnèrent la garde de leurs Châteaux à des Gouverneurs parti-culiers qui furent appellés Châtelains. Quelques Auteurs con-fondent mal-à-propos les Châtelains avec les Vicomtes. Ces der-niers étoient les Lieutenans des Comtes dans les villes où il yavoit des Comtes, comme à Paris, Orléans, Bourges, Limo-ges , & autres, &c. au lieu que les Châtelains n’étoient que les

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