r6o LIVRE IX, CHAPITRE II.de maniéré qu’il ne restoic plus rien de libre. Quipourroit dérailler routes les ruses qu’avoit inventéesì'avar : ce pour couvrir ses déprédations? On dimi-nuoir les recettes, on augmentoit les dépenses , onmuiuplioit les frais, on enfloit les émolumens descharges ; on faisoit des doubles & triples emplois ;on forçoit, par d’indignes délais , les vrais créan-ciers à céder leurs créances à vil prix pour s’enfaire ensuite payer en entier. Les Membres du Con-seil de Finances Sc les Courtisans avoient des in-térêts dans les Fermes, & se faisoient adjuger lesbaux à vil prix. Les Fermes générales se subdivi-soient en fous-baux ; & les revenus de 1 Etat s’épuì-soiem en passant par tant de mains.
Sully eut le cou'âge de débrouiller cet affreuxchaos - , il parvint à rétablir l’ordre dans toutes lesparties , & fit reparaître le revenu que la dépré-dation s approprient. Mais il fit en même tempsreparaître , & facilita l’accroissemenc du revenuterritorial , donc il savoir que le revenu publicne peut êtrequ’une portion. II partit du grand prin-cipe que la terre est la source de toutes les richesses ,Sc regarda le labourage & le pâturage comme lesdeux mamelles de l’Etat. II favorisa la culture patla diminution des Tailles, par la douceur de laperception , Sc sur-tout par la liberté du commerce,persuadé que sans elle le peuple seroit bientôt sansargent , & par conséquent le Souverain ; Si ce futr.vec ce principe , Se beaucoup plus que par la ré-forme de í’impôc, qu’il parvint à rétablir Faisanesde la Nation.
En quinze ans il diminua les Tailles de 5 mil-lions, Sc supprima ou réduisit plusieurs petits droitsintérieurs. 11 augmenta les revenus de 4 millions,