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Tome Second
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LIVRE IX, CHAPITRE XIV. 509faire, & de vivre aas dépens des autres ; qui omabdiqué toute occupation & touc domicile j quine connoisient ni reg^e , ni joug, ni supérieur;qui non-seulement sont indépendans , mais quisçavent se faire craindre Sc obéir.

Si l’indépendance dans laquelle ils se maintien-nent n’attaquoic que l’autorité souveraine, elleseule seroit intéressée à réprimer cette rébellion :mais iìs vivent dans un cruel état de guerre avectous les Citoyens. Car est-il une guerre plus cruelleque d’acraquer en même temps ia sûreté person-nelle Sc la propriété des biens, de mettre un paysà contribution, de ne vivre que de butin , de nemanger d’autre pain que celui que l’on a arrachépar la crainte , de se faire obéir par des menaces tropsouvent effectuées, d’égorger enfin Sc de brûler ?

Cette guerre journalière , qui , si elle se faisoit àarmes égales, se termineroit bientôt par la destruc-tion des vagabonds, est toute entiere à leuravantage. Dans l’écat naturel la Force se repous-seroit pat la force , & la supériorité resteroit auplus grand nombre. Ici c’est la force qui lutte contreles loix , Sc les loix ne prennent pas des mesuresefficaces pour la soumettre. Ici la force dans desmains g.uffi foibles que mépriíables, prévaut,parce qu’elle ne trouve point de résistance, &qn’elie attaque des gens que les loix ont désarmés.Car dans l’érat civil chacun est dépouillé de l’ufagede ses propres forces; i’autoritc souveraine les réunittoutes, & fe charge de défendre les sujets, quifous ía protection deviennent plus íorts qu'ils neseroient comme particuliers isolés. Mais doriquel’Etat ne fait pas usage de la force pub ique dont ildispose pour maintenir au-dedans Tordre & ia

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