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dinafie «n Suède, où il demeura trois ans, & il fut depuis en-voyé en la même qualité vers les Etats généraux des Provinces.Unies. Il retourna en Suède l’an 1671. & il y conclut un traitétrès-important. Le Roi le fit revenir la même année, pour luifaire remplir l’emploi de Miniftre, & de Secrétaire d’Etat pout lesaffaires étrangères, après la mort de M. de Lyonne» En 1679.M. de Pompone rendit le brevet de fa charge, pour vivre dansla retraite; mais en 1691. le Roi ayant befoin de fesconfeils,le tappella pour fervir en qualité de Miniftre d’Etat. Ce futdans cette dignité, qu’il acheva de fournir fa carrière aufli glo.rieufement qu’il l’avoit commencée, & qu’il mourut le 2 6. Sep-tembre 1699. âgé de 81. ans, également illullre, par fà piété,par fa modeftie, par la pénétration &1 etenduê defon génie, &par Ta capacité dans les affaires. Il avoit époufé en 1660. Ca-therine Ladvocat, fille de Nicolas Ladvocat > Maître des comptes,& de Marguerite Rouillé , morte le 31. Décembre 1711. en fa7 v année, dont il eut Nicolas-Simon Arnauld > Marquis de Pom-pone, qui fuit ; Antoine Jofiph , Chevalier de Malte, & Colonelde dragons, mort à Mons en 169}. Henri Charles , Abbé de PaintMédard de Soiflons, Aumônier ordinaire du Roi, Sc AmbafTadeurà Venife ; puis Confeiller d’Etat d’Eglife, & Chancelier des Ordresde fa Majefie' ; N. Arnauld, Religieufe à Gif, & Catherine-Félici-té Arnauld, mariée Je i;. Août 1696. à Jean.BuptiJse Colbert
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rent pas de p&ffer outre ; les proportions furent cenfurées ledernier de Janvier i6;d. & M. Arnauld fut exclus de la Facul-té de Théologie. 11 fit fes proteftations contre ceréfultat, &conferva toûjours le titre de Doéteur. Quelque teins aupara-vant, il avoit pris le parti de s’enfévelir dans lafolitude: cedernier coup l’y détermina tout-à-fait. Ce fut pendant cette re-traite, qui dura près de quinze années , qu’on vit fortir de faplume ce grand nombre d’ouvrages cpmpoiés fur différentes ma-tières ; Grammaire , Géométrie, Logique, Métaphyfique, Théo-logie; toutes ces feiences étoient de fon teffott ; & l’on peutdire, fans le flatter, qu’il a déployé dans fes écrits te qu’ellesont de plus fuhtil & de plus folide. Le Pape Clément IX.ayant donné la paix à i'Eglife, & appaifé les conteftations quis’étoient élevées fur la grâce, & fur le livre de Janfenius ; M.Arnauld revint à Paris, & fe donna tout entier à écrire contreles Calviniftes. Ce fut alors qu’il fit imprimer ce fameux livreintitulé, perpétuité de la. foi. Mais tandis qu’il s’occupoit fi uti-lement pour les intérêts de la Religion, quelques perfomes ayanttrouvé moyen de le rendre fufpect , fur les vifites nombreufesqu’il étoit obligé de recevoir; il crut devoir fortir du Royau-me, & fe retira dans les Pays-Bas en 1679. où il continua de feiignaler par de nouvelles productions. L’apologie du Clergé deFrance & des Catholiques d’Angleterre > qu’il y publia contre
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Confiance de Harville, fille de François deHarville desUrfins,Marquis de Paloifeau, & d'Anne de Comans d’Aitri, fa deuxiè-me femme, dont il a eu Jean-Baptijle-François-Féltx , mort le22. Avril 171}. en fa dixième année; Catherme-Cosifance-Emi-lie Arnauld de Pompone , mariés le ai. Juin 1713 . i Jean-Joa-chim Roüault, Marquis de Cayeux, & autres enfans , mortsjeunes.
ARNAULD, (Henri) fils d'Antoine, fut Evêque d'Angers:
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fut iùivoyé_
»d4Ç. jufqu’en 1648. & lès négociations ayant été recueillies,font gardées dans les bibliothèques de Seignelay & de Coislin.Il foûtint avec beaucoup de prudence & de fermeté les intérêtsde la maifon Barberine, contre les parens d’innocent X. De-puis il Fut nommé Evêque d’Angers, où il eft mort en 1692. avecautant de piété qu’il avoit vécu, après quarante ans de réliden-te continuelle. Il fut très-fidèle au Roi dans la guerre des Prin-ces, ce qui fit que le Duc de Rohan l’empêcha d’entrer à Angersl’an i<$$2. Depuis il fut un des quatre Evêques qui réfutèrentde figner Amplement le formulaire , ce qui lui fit des affaires àla Cour, où l’Univerfité d’Angers fut écoutée contre lui. Scs dé-marches y furent condamnées plulieurs fois ; mais enfin il ac-cepta l’expédient propofé par les Médiateurs, du nombre defquelsétoit l’Eveque de Laon, depuis Cardinal d’Etrées, & il jouit ainild’un aflèz grand repos. On a de lui des ftututs fynodaux, qu’ilfit publier à Angers en i68t>.
ARNAULD» (Antoine) Docteur de Sorbonne, illuftre parfes dilgraces & par fon érudition, fils de ce célèbre Antoine dontnous avons parlé ci-devant, naquit à Paris le 6. Février de l’an1612. & dans la fuite, ayant achevé fes Humanités & fa Philo-fophie au Collège de Calvy, il y fit fes études de Théologie avecun fuccès éxtraordinaire. H prit le traité de la grâce fous M.Lefcot, mais il ne fuivît pas fes fentimens, comme il le fit voitdans fon s&e de tentative qu’il foûtint en i6}6. pour être reçuBachelier. Etant entré en licence fans être reçu de la Maifon& Société de Sorbonne , & ne pouvant plus y être admis félonles règles ordinaires, la Société demanda au Cardinal de Riche-lieu fon Provifeur, qu’il y fût reçu éxtraordinairement, à cau-fe de fon rare mérite, ce qui lui fut refufé alors, & encore aprèsla mort du Cardinal, le 24. Décembre 164Ï. mais il l’obtint ledernier Oftobre de l’année fuivante. U avoit pris le bonnet deDoéteur en Théologie de la Faculté de Paris, dés le 19. Décembre1641. Le livre de la fréquente communion , qu’il publia deux ansaprès, fit très-grand bruit, & fut attaqué par quelques Théologiens
firent auffl produire quantité 1tumulte que les deux r lettres qu’il écrivit, au fujet de l’abfolution,qu’un Eccléfiaftique d’une ParoifTe de Paris avoit différée à ungrand Seigneur de la Cour, dans le defîèin de prendre avis de fesSupérieurs, à caufe de fes flairons avec la Maifon de Port-Royal.Deux propofltions, extraites de la fécondé de fes lettres, furentexaminées en Sorbonne. L’une de droit, que l’Evangile nommontre un jujle en la perforine de faint Pierre , à qui la grâce ,fans laquelle on ne peut rien , a manqué dans une occafion , ouBon ne peut pas titre qu’il n’ait point péché; l’autre de fait, queP on peut douter que les cinq propoftions condamnées par InnocentX. fe? par Alexandre VIL comme étant de Janjenius Evêqued’Vpre, fient dans le livre de cet Auteur. M. Arnauld préten-doit que iaprémière étoit tirée mot pour mot de faint Chryfo-ftome & de faint Auguflio; & foixante & douze Docteurs, dontla plûpart étoient dans fon fentiment, & les autres qui croyoientqu’on devoit ufer;d’indulgence à fon égard, fe retirèrent de l’Alifemblée, proteftant de nullité contre tout ce qui s’y pafferoit.Malgré ces oppofitions, les Docteurs du parti contraire ne laiâ'è-
lomnies, qui fc dëtruifoient d’elles-mêmes. M, Arnauld ne dai-gna pas y répondre. D’autres fujets, entr’autres > fa difpute avecle Père Mallebranche, ont depuis exercé le génie de M. Arnauld,qui fembloit être inépuifable , fur quelque matière qu’il voulûts’employer. A l’àge de quatre-vingts ans, quoiqu’il joùit encored’une entière liberté de corps & ÿ’éfptit; craignant néanmoinsque fon éxerème vieilleflè ne le mit hors d’état de continuer festravaux ordinaires, il apprit par cœur tous les Pfeaumes de Da-vid , afirrtd’avoir de quoi s’occuper le relie de fa vie, en les mé-ditant &'tn les récitant. C’eft ainfi que M. Arnauld confom-ma fa courfe, & mourut à Bruxelles dans le fauxbaurg de Loo,le huitième jour d’Août 1694. après avoir reçu les Sacœmensde la main de fon Pafteur, quoiqu’il eut célébré le facrifice dela Melle deux jours auparavant. Son corps fut inhumé dansI’Eglife de I hofpice des Prémontrés où il logeoit; & fon cœurapporté à Port-Royal des Champs. Après Ta mort, il a paru ungrand nombre d’épitaphes de lui : en voici trois que l’on a chot-lies entre ce grand nombre.
Acer 9 ? indomitus, veri defenfir , hic iüt tji ,
(fui ne poUutis myjleria facra darentnr,
Ljjecit , per quem Jiat Chrijii gratia viclrix ,
Qui pravos hominum JhiJ'us atque impia nurumDogmata detexit , fcriptifque refeüit acerbis :
Qui diram harefeos tandem proftravit erynnim.
Et fors f qua foret pro Keligione paratusOppetere , optata juforum morte quiefeit.
Ad Jane las rediit fides , ejelîus fe? exulHofe triumphato , tôt tempefatibus acluSArnaldtts , veri defenj'or fe? arbiter aqut.
Ilicet ojfa memorjibi vindicet extera tellus ,
Hue calejlit amer , rapidis cor tranfulit alis ,
Cor nunquam avulftm , nec amatis fedibus abfnt,
Santol. Viélor.
Au pied de cet autel de jbrufture greffiere ,
Gif J'ans pompe enfemté dans une vile bierre ,
Le plus J pavant mortel qui jamais ait écrit;
Arnauld , qui Jur la grâce mfiruit par Jéflts-Chrif ,Combattant pour l’Eglfe , a dans l’EgliJe mêmeSouffert plus d‘un outrage fe? plus d’un anatheme ;
Plein du feu qu’en fon cawr fiujfla l’Efrit divin ,
Il terraffa Pelage, il foudroya Calvin ,
De tous les faux DoHeurs confondit la morale ;
Mais pour fruit de Jbn zèle on Pa vit rebuté ,
En cent lieux opprimé par la noire cabale ,
Errant , pauvre, banni,profer it, perfécuté ;
Et même par J’a mort leur fureur mal éteinte ,
N’en eût jamais laiffé les cendres en repos ,
Si Dieu lui-même ici de fin oüaiUe fainteyA ces loups dévorant n’avoit caché les os.
M. Boileau Defptéaux.
Autant il a eu d’advetfaires fur les matières de la grâce, au-tant a-t-il eu d’applaudiffemens pour les livres qu’il a compo-fés avec M. Nicole , contre les Proteftans, qui lui ont attiréaulfi des lettres de compliment des Papes Clement IX. ClémentX. & Innocent XI. Comme le livre de la perpétuité de la ftide IElfe Catholique , touchant PEucharifiie, eft le principal defes ouvrages polémiques ; il eft à propos de faire connoître icien peu de mots l’occafion & le délfein de ce livre. L’argu-ment général, fur lequel roule le premier volume de la per-pétuité , avoit été déjà propofé d’une manière abrégée dansl’office du faint Sacrement, imprimé l’an 1659. en ces termes :„ 11 eft certain que cette nuée de témoins, comme parle faintPaul, qui dans tous les itèdes de I’Eglife, dépefent pour la
», loi
A