Vniuerfelle hiure IT. 299°
Elle a des grandes falines& lefquelles on ne peut efpuifer,non pas en vnlieufeulement.ma Salines:
isenplufieurs:les meilleures fontaupres de la Cite de Calaris,en laquelle on baille par cer-
*- taintemps del'annee dufel aux citoyens pour neanten grand’abondance,& aux aultres
, onleventabienvilpris.Or enle prepare en ceftemaniere, Autempsd’hyuer les eauesdela
; merentrenten certainseftangs,qu’onappelle pour cefte caufe faiines,où elles apress’efpeffillent& s’ endurciffent enfemble par les chaleurs del æfte& deviennent fel bien ferme:pu-
, isenmoysdeluillet& d'Aouftontetyredelà, aumoinsvne grandepartie, pource qu’iln’
… eftpasneceffairederyrertout,aufficenefe pourroit fairefans grandz defpens. Ily a auffi d”
aulrres falines en Sardaigne oultre celles de Calaris,mais on n’en tyrepointde fel. Les Sare
. desentouslieuz,& entoustempsontbonair.fi non qu’en quelques plaines,& principale-
} eenta Oriffagn,où la terreeft mérefcageufe,s’ esleuËt de la terre des vapeurs afpailes, quicôrrompent l’air,quand elles font attyreez par la chaleur du foleil,& cela nuyft beaucoupaceulz qui ne l ont point acouftume.Mais il ne nuyft poinr a ceulx qui y habitent des leur enfançe& quitrauaillent, caron trouue auffi bien la des gens robuftes& vieux qu’aux autrespais.Mais ceulx qui viennent d’ailleurs demourer en Sardaigne , ou quiont efte plus delicatement norriz, tombentaifcementen maladie, quand ilz fe mettent a la chaleur dufoleil.lepenfe quelacaufeefttelle. Laterreenceftelsie eftfort graffe,& y a des grandes plaines,principalement depuis Oriftagn tufques a Calaris,& quand l’ardeur du fole:l continue 3s'aügmente,les vapeurs efpailles s’esleuent que corrumpeétl’air,& les corps delicatznelespouantzfouffrir deviennent facilement malades. Etpuis les paifantz& ceuix quidemou-rentaux champs, n’ontpointde planchier ouaiz ou de bois en leurs maifons,mais letroicteft mis fur le premier eftage fans querien foit entre deux,€ par ainfi la chaleur entre facilesment par toute la maifon,& molefteles corps tendres, delicatz quine fontpointaccou-ftamezaulabeur. Delaaduient queles plus riches& ceulx qui traictent bien letrs corps,fortenc tant feulement l’hyuer pour aller a leurs poffeffions& mafairies ou s’ i1Z font conztrainAz defortiren efte deleurs maifons,& pafler par Sardaigne , ilz cherchent les montai-gnes,où l'air ef plus fain qu’en le plaine: T'outestoisles Sardes nefont pas fouventmolesfezdepefte.
Des anciens motz de Sardaigne.& des5
gouverneurs de leur republicque qu’ilz ontiadiz eu,&qu’ilzontauiourdhuy;item desantiquitez,
i Imée ä'appélle Sardaigne Sädaliote,del’ effigie d’ vne fandale, c’eft à dire fole.Mirle file& Cryfippel ont nomme!ehnufa,de? effigie de la trace dupied. Finalemene
pr elle a efteappellee Sardaigne ,& vulgairement“Ps deSardusfilz on nepu-
qi- eud’Hercules.commePlineenfeigne auz.liure de! hiftoire naturelle. Oriln’eftdk pointaffeznotoire qui futle premier qui vfurpa dominätionen celtelsie. Sardus qui yvintne defchaffa point les vieuxhabits, mais habita auec ceuix qui l’auoyent defia parauant oc
cupee defquelzaullilehan Anius fait mention en fes commentaires fur Berofe, efçrivant
que Phoreus amplit l’IsledeSadoflanen d’habitantde Vetulonie.Plutarque en la vie de Ro
mulus dict quelles Tufcans ontefit les premiers qui ont habite en Sardaigne , comme auf-
fi Strabo dict que lolaus trouva eñ Satdaîgne les Tufcans barbares quiy demouroyent. A-
pres les Tufcans& Carrhaginois, on dici que quelques Grecz yallerent foubZla conduir
Ce de Arifteus, mais qu’ilz n° oecuperent pasla domination del’Isle: Apres les Grecz:(comme eftiment aulcuns) les Iberes Efpaignolz y entrerent à main forte foubzlacondui
te de Noracus,& y edifierent vne ville appellee Nora, laquelle n'eftpointauiourdhuy en
nature finon que tu vueilles preade Nur, qui eft vne bourguade,pour Nora. Auiourdhuy....:celtelsié eft fubiecteau Roy d’Efpaigne,& a ça& là des ruyues fortancienneses lieux fau- Sardaigne efVaiges& montaigneux, lefquelles fontàla façon de tours rondes qui montent toufiours fubicite au royéneftroiciffant,&(ont baftiez de pierres bien fortes,& ont des portes fort eftroictes:mais’ d’ Ejpaigne.dédanslamurailleÿ à au milieu des degrez parlefquelz on monteiufques au hault,& com