Çalaris,
200 De la Cofniographie
me la forme de fortere(Tes. Les habitantzappellent ces ruynes cy Nuraghôs,pource que cefont parauenture quelques reliques des ourages de Noracus Pline efsritqu’ilyaeudespeuples en Sardaigne appelles Ilienfes,peulteftredela ville d’Iionlefquelz 1e penferoyea-uoireftez Troyains, qui vindrentlà apres li deftructionde Troye. Ilymectauffivnautrepeuplenommedes Hiorfes,dontil n° eftauiourdhuy nulle mention, Depuisau temps queles Acheniens floritloyent, les Grecz auffi vindrenten Sardaigne,& ayantz challez ceulxd’Affricque quil’ auoyentoccupe vnpeu deuant ,ilzfuccederententeurlieu,& baftirenela Cite de Calaris. Quelques annces apres,comme il yauoit contention entre les Romains& les Carthaginois a caufe de Sardaigne , ala fin apres auoirlonguement guerroye,les R6mainslafubiuguerent. Etdela Vient que Plineappelle Calaris ville des citoyens Rom,mains,& dict que c eftvne Colonie d’iceux,tufques à la tour de Libifon,pourcequ'ilzen-uoyerent de leurs citoyens poury faire demourance. Orautemps que l'empire Rommainalioir en decadéçe, Sardaigne fucderechefoccupee des Africains,& a efte quelquestempsaflubie<tiea eux,tufques à ce que les Pifans& Geneuois peuples d’Iralie à la fuafion duPape Rommain entrerenten Sardaigne auec grand nombre de nauieres,& ouyrent d’icelle"apres auoir chafleles À ffricains. Et Voila dont on penfe eftre procede que les Papes es descretzapnellent Sardaigne lepatrimoine defaint Pierre, del’eglife Rommaine. Apres
Calaris.
vne partie caput Calaris,X l'autre capur Lugudoris, que les Geneuois retindrent poureux,Les sardes auoyent auffi alors leurs iuges quihabitoyent à Oriftagum, laquelle placeaelteautresfois appelle Arborea,& ceux cy ont eu alliance auec les Pifans& Geneuois. Etmel/mes vn nôme Brächa DoriaGeneuois a eu grâde feigneurie en Sardaigne,afcauoir audit léeu de Lugudoris& fesloix f6t encores obferueesen partie en quelqslieux,cômeauflienta.Cite des Eglifes quelques loix efcrites en lalien du temps que les Pifans y dominoyent,qu’yfon: encoregardeez. Semblablement auffiles iuges d’ Arboree ontlailTe apres euxdes loixen langaage des Sardes efcrites en vn volume, lef quelles font gardées auiourdhuyprefque en toutle pays, tant es caufes realles que perfonnelles des paifantz,&fontappel-
lces Carta de Logu. Quelque temps apres, comme les Pifans eftoyent defobeiffanzauPa-
pe de Romme pour certaines caufes,illes bannift de l’Isle de Sardaigne ,& la baillaaucune
ment en fief à Pierre, où commedict Volaterran,à lacques Roy d’Arragon. Le royayantafrfemble fonarmee entra en l'Isle printla Ville de Calaris,& en chafTa les Pifans,& puischaffa auifi peu a peules Genevois& aulieu des iuges sui gouvernoyeten aulcuns lieux, 11cô-
ftitua des barons. Delsiarifdiction d’ Arboree il en feit Vn marquifae,& baillalepays en
fie£à quelcun de fes f'ubic€z,& ainfitoutela Sardaigne a eftë aflubiecti aux roys d’ArragS,
quil ontpacificquement polfedee iufquesaämainteaant.. Auiourdhuy prefide en icelle le
feigneur Antoine de Cardone,homme noble de genre& de meurs, coufin de Charles le 5.empereur des Rommains& roy d'Efpaigne, duquelil eft lieutenant en Sardaigne ,& admniftre prudemment ceiie republicque,
Des citez de Sardaigne.
ÿ Ardaigne eft moyennement peuplée,& à plufieurs citez,entte Tefguelles Calaris qu’
on appelle vulgairement Cagler, eft la plus noble& la plus riche, auffi fur vnemons
>$taigneiouxte la mer,reguardant l Affricque;& avn beau port, ou fetrouventtoub_ fiours diuerfes fortes de nauires,qui font voile& en orient& en occident,& portent.marchandifes. Celte ville à trois FaulZbourgs,commele paincture qui efticy adioufteelamonftreaiTez,& et eauironne de murailles bienfortes. Le Vi froy elt quafitoufiours refi«
denten icelle auec les barons, comtes,& beaucoup de riches gens.La Cité a fon adminiftra-.
tiona parrenlaquelleneleroy d’ Arragon ne fon lieutenant n’ont que veoir, mais touslesausfonteslenz par fort des citoyens mefmes cinq confulz, qu’il= appellent Confegleslef-quelz porrentlesen(eignesdeleur office par la Cité,& adminiftrent tous feulz la republic-que,Ÿ difpenfensles reuenuz d’icelle quifontgrandz,& les adminiftrent feton leur prudence,vfantdu conteil des citoyens,& regardant en toutes chofes l’ vtilite publique. Uzonen quelque cas puitlance de faire des loix,& peuvent punir de mort& de murilation ae
res,
bre|soitcgouibonfan(ralpurpoureréchopesédeadleur ViÎlnis,ph,€0nd 1LeélancagespleinlevaquelCaliOrilévedelletelmtuellopelle:
velfomaieldudsFatecouAlghfons&aidura'ehlongue