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afferment quele Nile defcend droict d'Ethiopie en Egypte , fe fondent fur céftargument,‘Qu'au temps d’efte quand lefoleil eftancaufolltice, s eftfortesloigne du pais de midy,leNiletient fon cours acouftume,& fe tientdedans fon coñduict: mais quand apres la fefteSIehä baptitte le foleil s'en retourne vers midy,& que Pelte comméce es regions qui fontplus foubzle midy,la neige qui eftoit tombee€s môtaignes ce pendät quelefoleils’eftoitesloigne,refoult,&lors le Nile commence a croiftre& à fe desborder peua peu, apporte|auecioÿ des pais loingtains vn deluge d'eaues ,X vne merueilleufe graiffe, d'onttoutelaterre d'Égypte eft engraifiee Krendue fertile, côme ie diray plus amplemêt cy apres. Clayde Ptolomee eftaufsi de cefte opinion. T'outesfois il fe peur bien faire que tôus les deux difent vray. Afçauoir quele Nile tend des parties les plus meridionales& d’Ethiopie droitvers Egypte,& que neantmoins vn autre grâd fleuvre vi£t d'Occident de Getulie& Libyevers Oriêt au Nile auecles ruifleaux qui accourêt,& qu'il luy comunicque& amene poif-fons,crocodiles& autres beftes particulières,& qu’on le tient aufsi pourle Nite.QuâtetdeForigine des fleuves,il ya beaucoup de chofes qui dependent del'opinid des hommes,Doubté quit Le Rhein a trois fleuves renommez qui fourdent tous trois des Alpes ,& s’affemblentensl’origine_vnatrois lieues au deflus de Basle,& toutesfois il n’y en a qu'vn g porte le nom duRhein,desfleunes, Onacemefme iugement del'origine du Danow. Car plufieurs torrentz s’aflemblèntenla foreft Noire,ou il prend fon comencement,& font vne iufte riviere. Lequel maintenantdira on eftre l’origine du Danowgll eft neceflaire ques les anciens ont voulu quecefuftlafource du Danow,&laie defigne aufsicommencement& la fource d’iceluy.
De l’accroiflement& defcroiffe-ment du Nile.
L n’ya quele Nile feul qui éroiffe quäd les autres fletnes decroifTent Son accroiflemetcommence au folftice d’efte iufques a l'equinocce,& apporte toufiours nouueaulimôauecfoy ll arroufeles pais cultiuez& non cultivez,aufsilongtemps queveulentleslaboureurs.Car ilz peuvenraifeementrepoulfer l’eaue qui coule doulcemétparpetizrempartz,& le remenant aufsifelon la commodite de la tetré, ll apporte telle fertilite& rédla terrefilabourable, que quand ilz ontfeme, il fault qu'ilz mettent les aigneaux& brebisfur le champ pourle fouler& paiftre, ou qu'ilz y facent pafTer legieremée la charrue: Laytetournêt point que quattre ou cinq moys apres pour moiffonner, tellement TE reportent en brief grand plante de fruiQz= fans y faire aucune defpêce. On ne peut labourerauxautres lieux qu’agrandzfraiz& grandtravail. TI 4 a que les Egyptiens qui recueillentgrandz bledz fais y gueres defpendre ne travailler. Semblablemétaufsiles vignes eftantarroufees par ce moyen mefme rapportent beaucoup dévin, La terre qui n’eft point culti-uce qu'on laiffe pour le pafturage du beftial,eftfiabondante en herbes, que les brebis fontdeux fois l'annee leurs petiz,& font tondues deux fois. Egypte eft plaine& chäpeltre.Lesvilles,villages,etloges des laboureurs afsifes furles rempartz pour eiiterl inondationdel'eaue,femblent eftre les isles Cyclades en la grand mer,a ceux qui les voyëtdeloing, pource qu'elles fonten lieu hault Xeminent. Les animaux terreftres qui demeurêtes champs,font fuffocquez,il n’y a que ceux qui fe retirent es lieux haurz quri efchappét.Autemps del’inondatiô les pafteurs tiennêtle ebeftial encloz es eftables.où i!z le nourriflent delaprovifion qu'ilz ont faicteauparauët. Le menu peuple cefle de rrausiller& femeta bancque-ter& a prendre fes plaifirs. Et pource que la grande inondation du Nile moleftoit fort au-tresfois les habitätz, les roixtrouverëten Méphis vne inuentiô pourfçauoirletépsdelaccroiflemét du Nile,& le mefürer,&fut fignifiee par lettres mifsivres aux villes& aux villa-ges.Le Nile cômence a croiftre en la nouvelle yne qui eftincontinentapres qlefoleil efentre en cancer,& necefle de croiftre iuiques quelefoleil foit paruenu au milieu oua lafinde Leo. Alorsil decroift peua peu,iufques a ce{le foleil foit forty de Libra. Alors le]Nilerêtre dedäs fes rivages,& la terre fe feiche.Strabo efcrit d'enefte l’eaue demeure iufques auquarâtiefme four,& puis qu'elle decroift come elle eftoit creue parauät.En foixäte iours lepaiseft defcouvert et feicheEr d'autät qu'il eft plus toit fec,on le laboure aufsi etfeme plusà ares 414;> tof,