|
Vniuerfelle liure VI. 1407tof. Ona apperceules fignes de lafertilitedel inondation duNile en cefte maniere. Quides lieux plus profondz, le Nile monte(eize coudees de haulr,& s’efpand: on dict que c'eft_Zesfignes defon droitaccroifiement,& que celte annee là Onelpere grande fertilite. Sil'inondation eft lé Ferclité àmoindre,toute laterre n’en peut eftre couverte,& cela porte grâd dômage aux laboureürs, P2P1D'autre part(i l'inondation eft plus häulte que de feize coudees, elle porte nuyfancealäter.|re pource que l'eaue ef plus rard defeichee es lieux profondz. Quand l’inondâtion eft moindre quela terrene requiert, les paifan= forrenc,& font des foiles& mettent des canauxpour faire venir l’eaue es champs qui n’ont point efte inondez du Nîle . Parquoy file Nilen ]inôde que de douze outreize coùdees haulr, les Egyptiens artendent celte anneela famine,Et s'il palle quatorze coudees,les laboureursfe refiouyfentfors. Mais ilzfereliouyffene biéd'auitage, s'ilZ trouvent qu'il foit môte fufquesa quinze coudees haule,eftanr= certains quela moiffon férabonne. Ers'ily a encores vne coudce d'avantage, il= s'eftiment du cour her. streux. Quand l'eaue defauls& quelaterre eff feichee enuironle 12.iour'Otobre,llZfemêt L’inondarionles champs iufques aux Calendes de Nouembre,& lors en May füuÿuät il=recueillent la mo de 15. ou 16,ion. Le Niledonca vaé nature contraireauxautres fleuues enfoninondation.. Carfile pirde ef fort 1Rhein où te Danouu fe desborde par les champs, il rafe& emporte tout le bon de laterre,& loue.|n'ylaifle rien qui vaille.Tln'engrailfe point les prais, maiz amene vnmefchät limon,& le Nile fair tour le contraire. Car efanrefpandu par vne terrefablonneufe,l l’engraifte,& luy ap-portevne fecondite merueilleufe:
Ÿ Des iffues du N ile& de les isles.
_ Vitre lc Lieue qu’onappelle Delra,de la formed’iceluy quele Nile faict, quand il fe9 depart en plofieurs ruiffeaux,il faict aufsi des isles infintes. Aucuns toutesfois en9 ont conte fept cens,& difent queles Erhiopes tiabitent eri aucunes, d’ont la princi-Ÿ pale elt Meroe , Iaquellefurmonte lès aurres par fa grandeur. Le Nile eftanten-teen Egypte coullefort doucement. apporte avec foy forceterre,& redondzaux lieux bas re ndarit le paisfertile. Là croiffent des racines de plufieurs forces, fruitz&herbes quiprofitét beaucoup aux pauvres,& aufsi aux malades.Entre plufieures autres cho(es il ÿ vient grande quantite de fucre.Car comime ainfi foit qu’es rivages d’iceluyfe trouuêéplufieurs marefcz, les cânes de flicre qui y croiffent, ont grand fuc& abondance de liqueurplus doulce que miel.On cuiet cefuccommelefel,&Ÿ fe conuerticen efcume:cè quieftleme-illeut,démeure an fond,& l'efuime qui viée au deffus eft feparee dufücre qui s’efpaifsift. LeNile donc coulant en Delra;efi ty comme du fommer,en deux riuieres, lefquelles defcëdenten lamer, l'yn a dexrre vers Damiere, l’autre a feneltre, qu’onappelle Cänopicque, oùHeracleotiquie,&: entre lefquelz dyacing iffües dignes dementi-on.llyeäbeaucour s petites. Les deux ruifleaux derniers, font vhe islequia prefquetrois n ur.Lapremiereiffie s'appelle Pelufiaqué,lafeconde Taniticque,la troitefme Médelie, la quateriefme Pheniticque, la cinquiefme Sebemiticque, la{mé Heracieotiqueou Canopique:| Les autres vfent d’autres
fixiefme Belibir:s autresmorz.Enctiacune d’icclies cit fituce vne ville, diuifee parle fleune;et confoincte par pont=.Ecpource que l'yflue Pelufiaque, où ce ruilteay là Oriental n’eft gueres diffant delamet rouge,le toy Nechaocqueles autres appellent Pammiticque, les autres Seftrons’efforgaagrandzfaiz defaire vnfoffe de puis l’yn tüfques a l'autre, pour foindre P'Afie atec l’Affricque, maisil rie le peut paracheuër. Darius roy de Perle s'efforça aufsi de parfaire c'eft ouvrage, mais illelaiffa imperfaict, elantaduerty par adcüs que fice lieu qui ef au milieu eftoit touche, Egyprequieftplus baff:
Le que lamer rouge feroit noÿee,& que la mer tombant dedans le Nälecorrs-proitl’eaue d’iceluyi, laquelle feuleabbréuue toute l'Egypte . Depuis Prolomee parachienacé,foffe,mais cefuten lieu plus propre,& par grandart.Et quand il vouloit nauiger là,il ouuroitle foffe,& puis quand îl s’en'eftoit feruy, il le refermoit, arrefläc le fleuve qu'il y avoit faict couler.Le foffe eftoit large de cent coudees,& autant profond qu'il ef befoing pour vne näuireportant dix mille pefant. L’yffue Catiopicqué eftloing de cellede Pelufe ou Damiette , de70.ille,commie dict Pliné:
T4
Yriy: D