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leur eft donné à l’imitation de celle de Platon . Onregarde comme une Prérogative de Souverain , ledroit d’ériger, de fonder ou d’établir des Académies ou des Univcrfités. C'eft , dit un certain Auteur,une -prérogative roïale et ériger des Univerjîtés ou des Aca-démies , er les Princes du Sang en France ne l'ont pas.AuJJi Raphaël, Barhatias & Baldus , en faifant /’ énu-mération des droits qui appartiennent à la Souveraine-té, n'ont pas manqué de faire mention de celui-ci. Ilpenfe même que fi quelcun tenoit en hypothèquequelque grande ville appartenante au Roi, quand ceferoit même fon frère , il donneroit atteinte aux pré-rogatives roïales, s’il entreprenoit d’y fonder uneAcadémie. Les anciens Grecs ont été les premiersqui aient établi des Académies , qui ont été fort fré-quentées par les Romains. Ils en ont auifi érigédans leurs Colonies , comme à Marfeiile , à Naples ,& dans d’autres lieux. Sous les Romains , l’Empe-reur Vefpafien en jetta les premiers fondemens, &donna dans Rome des penfions à des ProfelTeurs.Du tems de l’Empereur Juftinien , il y avoit dansl’Empire Romain entr’autres trois Academies, favoirà Rome , à Conftantinople , & à Beryte , où on ex-pliquoit particulièrement les Inftituts de Juftinien,mais on n’y donnoit pas encore les différens degrésdont nous avons parlé. Depuis ce tems-là, Charle-magne fonda dans différens endroits de fon Empire,des Académies où l’on n’enfeignoit que la Philofo-phie, (& voilà la caufe pour laquelle le Redteur del’Univerfité de Paris eft toujours pris d’entre lesP10-feffeurs de cette Faculté, ) & ceux qui en faifoientles fonctions s’appelloient Maîtres fous le règne del’Empereur Lothaire. Irnerius commença à Bologne à expliquer les Inftituts de Juftinien & à faire, aveccertaines cérémonies , des Docteurs en Droit. Dansla fuite on y introduifit fuccelftvement les Facultésde Théologie & de Médecine & on y reçut des Doc-teurs dansées formes. Enfin tous les Potentats ontétabli dans leurs Etats de telles Académies. Les par-ticularités de chacune trouvent leur place dans les ar-ticles de pais & villes où elles font établies. Voustrouverés toutes les plus connues, fous l’article d’U-NIVERSITE', tant celles de l’Europe que celles desautres parties du monde. * Diët. de Hollande.
ACADEMIE de Platon à Athènes . Additions acet article. Outre un petit temple de Bacchus Libé-rateur qu’il y avoit auprès de l’Académie , on y trou-voit une enceinte facrée où l’on révéroit Diane fur-nommée Califte, & des monumens élevés à la gloirede Thélëe, d’Oedipe & de Pirithous. Parmi quan-tité d’Autels difperies de côté & d’autre, Minerve,Vulcain, Neptune, les Mufes, l’Amour & Promé-thée avoient chacun le leur. Pour celui de l’Amourc’étoit le premier qu’on lui eut confacré, & le premierdes mortels qui y vint faire des facrifices s’appelloitCharmus, ce beau garçon qui fut le favori de Pififtra-te. L’autel de Prométhée étoit remarquable par unecourfe qu’on y faifoit pendant les fêtes Panathénéen-nes conlacrées à Minerve. Les Athéniens quelquefois à pied, quelque fois à cheval, partaient d’au-près de cet autel chacun avec un flambeau allumé &courant le long du fauxbourg ils trouvoient des pal-mes deftinées à ceux qui avoient fourni leur carriè-re fans éteindre leur flambeau ; mais quoique tantde chofes rendiffent ce lieu célèbre, fa plus grande ré-putation lui vient de l’Ecole de Platon . Il 11e refteplus de cette célèbre Académie d’Athènes , qu’un tasde greffes pierres, qu’un débris de marbres que l’herbecache, & que la terre furmonte. Il y a par-ci-par-là des bofquets de figuiers , des touffes d’oliviers, desjardinages & des cabanes où les jardiniers logent. .. .Le nom même d’Académie n’eft prefque plus connuà Athènes. On l’appelle l’Ecole de Platon . Il n’eftpas polfible d’y fouiller fix pieds en terre qu’on n’ytrouve quelque précieufe antiquité. A cent pas defes ruines fe voit une bute où étoit autrefois la mai-fon du célèbre Timon le Mifanthrope. Ce lieu eftencore tout plein de figures. En retournant à laville on voit a gauche au pied du mont de St. Geor-ge des Ruines qu’on appelle aujourd’hui l’Ecole de
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Zénon j mais ce n’étoit que fon tombeau. * Athènes ancienne & moderne. La Martinière, Ditt. géogr.
ACADEMIE de Cicéron ; additions & corrections.C’eft ainfi que ce grand Orateur avoit nommé, à l’i-mitation de l’Académie d’Athènes , une campagnequ’il avoit fur le rivage du lac Arverne, en tirantvers Pouzol. Ce lieu étoit célèbre par le portique &le bois qu’il y avoit. C’eft-là que Cicéron compofafes queftions Académiques. Pline dit tout cela dansle paffage que nous allons copier. Digna , inquit,memoratu villa eft ah Arverno lacu Puteolos tendentibusimpoftta litori, celebrata porticu çr nemore , quamvocabat Cicero Academiam , ad exemplum Athena-rum , ibi compofttis voluminibus ejufdem nominis ,in qtta & monimenta ftbi inftauraverat. Après la mortde Cicéron Antiftius Vêtus, étant poffeffeur de cettecampagne, on y vit fortir des fontaines d’eau chaudetrès falutaire pour guérir les maux des yeux. Lau-rea Tullius un des affranchis de Cicéron célébra, parces vers, & cette Académie & fes eaux.
„ Qu o tua Roman a vindex clarijfima lingust„ Sylva loco melius furgere jujfa viret.
„ Atque Academitt celebratam nomme villarn„ Nunc reparat cultu fub potiore vêtus.
„ Hic etiam apparent lyrapha non ante reperta ,
„ Languida quœ infufe lumina rare levant.
„ Nimirum locus ipfe fui Ciceronis honori„ Hoc dédit , hac fontes cum patefecit ope.
„ Ut quoniam totum legitur fine fine per orbem,
„ Sint plures oculis qm medeantur aqudt.
* Plinius, hift. nat. lib. XXXI. cap. 2.
ACADE'MIE Etrufque, voïés dans le Did. Etrufque.
ACADEMIE de Conftantinople détruite enjz 6 . par l’Empereur Léon l’Ifaurien. Il y avoit àConftantinople une célèbre Académie , compofée desplus illuftres perlonnages de l’Empire, que les Em-pereurs avoient penfionnés généreufement, pour lesdébaraffer des follicitudes temporelles , & leur pro-curer la facilité de s’occuper uniquement à une étu-de profonde des fciences divines & humaines, fousla diredion d’un Chef, que la fupériorité du méri-te faifoit nommer le Martre Oeconomique. On leuravoit bâti par honneur , moins une maifon qu’un pa-lais , où étoit une riche Bibliothèque , remplie detous les Ouvrages qui étaient fortis de la plume desSavans. L’Empereur redouta les lumières de ceshommes éclairés, qui habitaient au palais de la feien-ce. Les aïant mandés il cmploiia vainement tout cequ’il put de raflons, de careflès , de menaces, depromeffes , pour les engager à fuivre fon opinion, &à fe déclarer contre le culte des Images. Leon irritéde leur réfiftance, réfolut de faire mourir d’une ma-nière éclatante ceux que fes paroles n’avoient pùébranler. Il ordonna qu’on les enfermât tous dansle fuperbe Palais où ils raifoient leur demeure , qu’onl’entourât de bois & d’autres matières combuftibles& qu’on y mit le feu. Ainfi périrent ces Savans.Avec eux fut confumé cet admirable édifice que plu-fieurs Empereurs s’étoient fait gloire de bâtir, de dé-corer & d’enrichir de tout ce que l’antiquité avoit eude plus précieux en ftatües, en buftes , en médailles,en tableaux & autres raretés de cette elpèce. Maisce que l’on ne peut trop regretter, c’eft la perte dej00000. volumes, dont 011 alfùre que la Bibliothèqueétoit encore cohipofée, malgré l’incendie qu’elle avoitdéjà fouffert plus de deux fiècles auparavant, danslequel on ne put fauver que la moitié de ce qu’ellecontenoit. * Échard, hift.Romaine tom. XI. p. il. & 1 Z.
ACADE MIE de Charlemagne. Ce Prince, quiétoit favant & qui aimoit les Sciences, fit venir d’An-gleterre le fameux Alcuin en 78p. & par fes Confeils ilétablit à Aix-la-Chapelle , où il réfidoit alors, une efpè-ce d’Académie , dont il voulut être lui-même, & qui.étoit compofée des plus beaux Eljprits & des plus Sa-vans de fa Cour. Dans ces conférences Académiqueschacun rendoit compte des anciens Auteurs qu’il avoitlus ; & même chaque membre prit le nom de quel-que Auteur ancien, qui étoit le plus à fon goût,ou