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Supplement Tome Premier
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cette nuit-lâ avec ht femme dudit AFontfireau a laquel-le Bujjï des long-tems faifoit l'amour, (fi auquel laditeDame avait donne' exprès cette faujfe ajjignation pourle faire furprendre par Alontforeau Jon mari. A laquel-le comparoijfant fur la minuit, fut aujfi-tôt inveJH (fi af-failli par dix ou douz>e qui accompagnoient le Seigneurde Alontforeau , lejquels de furie je ruèrent fur lut pourle majfacrer. Ce Gentilhomme Je votant Ji pauvrementtrahi, (fi qu'il étoit feul ( comme on ne s'accompagneguè-res pour telles exécutions j ne laijfa pourtant de Je défen-dre jujques au bout, montrant que la peur, comme ildifoit fouvent, jamais n'avait trouvé place en Jon coeur ;car tant que lui demeura un morceau d'épée dans lamain, il combattit toujours., Qr jujques a la poignée, (fiaprès s'aida des tables, bancs, chaijès Qr ejcabelles, aveclejquels il blejfa trois ou quatre de fes ennemis, jusque sace qu'étant vaincu par la multitude, (fi dénué de tou-tes armes & inftrumens pour Jè défendre, fut ajfommeprès une fenêtre par laquelle il fe voulait jetter pour Jicuider fauver. le lie fut la fin du Capitaine BuJJt quiétoit d'un courage invincible, haut à la main, fier (fiaudacieux, aujji Vaillant que fan épée, (fi pour l’âgequ'il avait, qui n'étoit que trente ans, aujjt digne decommander â une armée, que Capitaine qui fut en Fran-ce ; mais vicieux (fi peu craignant Dieu , ce qui luicaufa fion malheur, tiétant parvenu à la moitié de Jèsjours, comme il advient Jiuvent aux hommes de fangcomme lui. Il pojjedoit tellement Aionfieur le Duc finMaître, qu'il fi vantoit tout haut d'en faire tout cequ'il voulait, voire (fi avoir la clef de fes cojfres (fi defin argent, (fi en prendre quand bon lui fembloit, dela quelle vanterie on difiit qu'il fi fut aifiment pajfé.Il aimait les Lettres , combien qu’il les pratiquât ajfez,■mal, fi plai fiait â lire les hiftoires , (fi entre autres lesvies de Plutarque , (fi quand il y lifiit quelque alléfignalé (fi généreux fait par un de ces vieux CapitainesRomains, il n'y a rien en tout cela, difiit-il, que jen'exécutajfe au fi bravement qu’eux â la nécejjité ; aïantaccoutumé de dire, qu'il n’étoit né que Gentilhomme ,mais qu'il portoit dans l’eflomac un coeur d’Empereur ;fi bien qu'enfin pour Ja gloire Adonfieur le prit â dédain,(fi de tant plus qu'il P a voit aimé du commencement,fur la fin il le haït, aïant conjenti, filon le bruit com-mun, â la partie qu'on lui drejfa pour s'en défaire.La Croix du Maine parle de lui.

De cette même branche de Reinel, il y en a eudeux tués au fervice de la France ; l’un Gouver-neur de Vitri, tué en idiy. en voulant empêcherla jonction de 6000. Reitres à l’Armée des Princes ;l’autre Lieutenant-Général des armées du Roi, &Meftre-de-Camp de la Cavalerie légère, emportéd’un coup de canon au fiège de Cambray en 1677.Le fils de celui-ci mourut de la petite vérole le 17.juin 1702. étant Meftre-de-Camp d’un Régimentde cavalerie, lailTant un fils poithume de Margueri-te Thérefê Colbert de Croilïi, qu’il avoit épouféel’année précédente. Jaques d’Amboife avoit pris uneféconde alliance avec Françoift de Vienne, fille deFrançois, Sieur de Liitenois, mais il n’en eut pointd’enfans. * Diél. de Hoil.

AMBOISE ( Pierre d ’) Evêque de Poitiers , étoitfils de Pierre Sieur de Chaumont-lür-Loire & d’Annede Beuil, & frère du Cardinal George d’Amboife.Il fut prémièrement Religieux, & puis Abbé de SaintJovin de Marnes, & on l’élût Eveque de Poitiers levingt & unième novembre de l’an 1481- Son mériteparticulier & la faveur de fon frère le firent eltimera la Cour, où il mourut à Blois , le premier fep-tembre de l’an ifoy. Son corps fut enterré dans laChapelle de la maifon Epifcopale de Diflai, qu’ilavoit fait bâtir & où l’on voit fon Epitaphe . * Sain-te-Marthe , G ail. Chrifi. Jean Besli, des Evêques dePoit. Diél. de Holl.

AMBOISE . H faut corriger ainfî les fautes qui fontaux articles de François , D’Adrien , & de Jac-ques d’Amboife, dans le Dictionnaire. FRANÇOIS étoitfils de Jean d’Amboife, Chirurgien des Rois Char-les IX. & Henri. III. Il étudia au Collège de Na-varre , ou il profella enfuite les Humanités pendantquatre ans. Il fut élû Procureur de 1 % nation de

France en 1572. & Confeiller d’état fous Henri III .Il mourut en 1620. quelques-uns de fes ouvragesfurent publiés fous le nom de Theophime Picard. Lepetit traité du Concile qui le trouve avec les œu-vres d’Abailard, eft celui de Sens, où les œuvres dece dernier furent condamnées.

Adrien frère puîné de François, fit aufll les Hu-manités, fa Philofophie & fâ l’héologie au Collègede Navarre , & il étoit de cette mailbn quand il futélû Reéleur de l’UniverlIté de Paris en if79. Il de-vint enlùite Prédicateur, &c.

Jacques , troifième frère des deux précedens,après avoir exercé quelque tems la Chirurgie avecbeaucoup de réputation, étudia en Médecine, y pritdes degrés, fut fait Doêteur & Médecin du Roi.Pendant fon cours de Médecine 011 le fit Recteur derUniverfite de Paris . Il nous relie de lui deux ha-rangues Latines qu’il prononça pendant fon Redorâten 1 j"94- 11 ell mort le 50. d’août 1606. félon lejournal de Henri IV . de Claude de l’Etoile. D’au-tres mettent fa mort le y. du même mois. Fiiez. furJean d’Amboife & fes trois fils l'Index funercusChirurg. Parif. de feu Mr. Devaux, célébré Chirur-gien de Paris, page 50. (fi fuiv. Suppl, de Paris .

AMBON, c’eft ainli que dans les anciennes Egli-fes Greques on nommoit le pupitre ou la chaire duLedeur, du Chantre & du Prédicateur. L’Ambonétoit placé dans le milieu de la nef. 11 y avoit iou-vent des degrés des deux cotés. Durand dans IonRationarium cap. 24. dit, que l’Ambon dans quel-ques Eglifies avoit des degrés à droite & à gau-che. Un y montoit par le côté gauche qui étoit àl’orient, & on defeendoit par le côté droit qui re-gardoit l’occident. On lilôit dans l’Ambon l’Evan-gile & l’Eprtre. Mabillon rapporte cette infcriptionancienne qui étoit à l’Ambon de St. Pierre de Rome,

Scandite cantantes Domino, Dominumque legentes ,

j Ex alto populis verba fuperna finant.Non-lèulement l’Ecriture Sainte étoit lûé au peuplede delfus l’Ambon, mais univerfellemcnt tout ce quidevoit être lû à l’allèmblée, comme les Diptyques &c.fe lilèoit de ce lieu élevé. Souvent même les Ho-mélies & les Sermons le prononçoient dans l’Ambon,quoique les Evêques , fur-tout lorfqu’ils avoient lavoix forte , prëcnafiènt ordinairement alfis fur leurliège Epifcopal, ou fur les degrés de l’Autel. Pru-dence parle, fuivant quelques uns, des Prédicationsfaites de l’Ambon, mais Buigham prétend qu’il fautl’entendre des degrés de l’Autel, de delliis lefqueisles Eveques & les Prêtres prononçoient leur difeours,Hym. 11. de Sanélo Hyppolito.

At medios aperit trallas via latior altiCulminis, exfurgens editiore apice.

Fronte fub adverjâ gradibus fublime TribunalTollitur, Antifies pradicat unde Deum.

Il eft remarqué que St. Chryfoftomc, à caufe delàfoiblelTe de là voix, prèchoit de l’Ambon. C’eft en-core , dit-on, l’ufage dans l’Eglife Grèque. Noschaires ont fans doute fuccédé à l’Ambon de l’ancien-ne Eglife. Quelques Auteurs aifûrent qu’ancienne-ment on couronnqit les Empereurs dans l’Ambou ;c’eft ce que dit Théophane & un Anonyme après lui.Dans l’Ambon il y avoit deux marches, dont l’uneétoit plus élevée que l’autre, l’Evangile fe lifoit furla première, & l’Epitre fur la fécondé. Voici ceque porte l’Ordre Romain: Subdiaconus, qui lelturuseft, afeendit in Ambonum, ut légat, non tamen in fupe-riorem gradum , quem filet afiendere , qui Evangeliumletlurus ejt. Un conlèrve encore à Rome la formede l’ancien Ambon dans les Eglifes de St. Clément,de St. Pancrace & de St. Laurent hors des murs.Quelques-uns regardoient l’Ambon comme la figurede la pierre qui étoit à l’entrée du fépulchre du Sau-veur , & de deilus laquelle l’Ange annonça aux fem-mes la réiurrection de j. C. Ambon Jiguram lapiditfanîli monumenti defignat, quem cum Angélus ab ofliomonumenti devolvijjit, proclamabant refurreélionem Do-mini unguentiferis mulieribus. Germanus in Hift. Ecchpag. 148- Les Latins nommoient cette chaire le pu-pitre , d’où vient cette façon de paiIer wù palpita w