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Supplement Tome Premier
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de Paffemblée, que ce terrcin n’étoit ni aux Anciens,

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avoit affilié à la prife de cette ville, & que dans letems qu’on s’en rendit maître, il avoit déjà vingtannées de fervice. Le Confiai & le Sénat parurentindignés du dilcours de Scaptius, regardant commeune choie honteulè que le peuple Romain s’adjugeâtun bien fur lequel il ne prétendoit aucun droit, &qu’il en privât ceux qui l’avoient choili pour arbi-tre & pour juge. Ils agirent auprès des Tribunspour empêcher le peuple de commettre cette infa-mie , & pour éloigner Scaptius qui avoit ouvert cetavis. Tout ce que les Confuls M. Geganius & C.Julius purent dire, n’eut aucun effet. Le peuple ap-pellé â donner fon fuffrage, protelloit qu’il n’y avoitpas de prudence à laillèr fon bien entre les mainsd’autrui, & il trouvoit mauvais qu’on eut pris lesRomains pour juger un différent où ils étaient lesplus intérelfés. Lorfqu’on en vint aux voix, touses fuffrages fe réunirent en faveur du peuple Ro-main , qui s’adjugea le terrein contetlé. Sous leConfulat de L. Papyrius Mugillanus, & de L. Sem-ronius Arratinus, les Ardéates envoïèrent des Am-alfadeurs à Rome rechercher l’unité des Romains,en donnant le défilement des plaintes qu’ils avoientformées fur le terrein qui leur avoit été enlevé , &ils traitèrent alliance avec la République . * Dénisd’Halicarnaffe, de la verfion du P. le jay , liv. V. p.31 y. liv. XI. p. y 12. &c.

ARDEBIL, ville lituée dans la province d’Adir-beitzan, au nord de la Perfe, à l’elt de la provincede Servan, dans l’ancienne Médie, au fud de la merCafpienne, & à l’eft de la ville de Tauris. Les Turcsla nomment Ardevil. Elle ell à 38- d. yo. m. de la-titude feptentrionale , & à 82. d. 50. m. de longi-tude. Ardebil ell une des plus anciennes & des pluscélèbres villes de tout le Roïaume, non-feulement àcaufe du fejour que plulieurs Rois de Perfe y ontfait, mais aulli particulièrement parce que Schich Séfi,auteur de leur feéte , y a vécu & y elt mort. Il yen a qui croient que cette ville ell celle,que Qiùnte-Curce nomme Arbele. On y voit les tombeaux dequelques Rois de Perfe. Le commerce y ell lî grandqu’elle peut fans difficulté être mile au nombre desplus conlïdérables de tout l’orient. La langue Tur-que y ell beaucoup plus commune parmi les habi-tans que la Perfane. Cette ville ell au milieu d’u-ne grande plaine prefque ronde , qui a plus de troislieues d’étenduè, & qui ell enfermée de tous côtésde hautes montagnes , dont la plus haute, nomméeSebelahn , qui ell à l’occident de la ville, ell tou-jours couverte de neige. Au fud-fud-elt ell la mon-tagne de Bakrttj dans la province de Kilan. L’airy ell fort mal-l’ain, & toutes les années il y règnedes maladies épidémiques qui emportent beaucoupde monde. Le terroir y ell fort bon, tant poul-ie labour, que pour le pâturage, enforte que la plai-ne, qui n’ell pas fort grande, ell capable de nourrirles habitans de plus de 60. villages, que l’on peuttous découvrir de la ville. Elle n’ell point entou-rée de murailles, & chaque maifon a fon jardin &fon verger, c’ell pourquoi, à la voir de loin, ellefoi

relfemble à une forêt plutôt qu’à une ville. Lestombeaux de Schich Séfi & des derniers Rois de Perfefont auprès du maidan, ou du marché. Les Per-làns nomment ce lieu-là Me far. Ceux qui y en-trent font obligés de pofer leurs armes à la porte,parce qu’il n’ell pas permis d’en porter dans le lieuou ell ce fépulchre. Si un Perfan y avoit été trou-vé feulement avec un couteau, il lui en coûteroitla vie. Dans ce lieu, où il y a plulieurs Cours ma-gnifiques, on trouve divers bàtimens. Il y a unegrande fale qui fert de Bibliothèque . Les livres yfont enfermés dans des qjmoires couchés les uns furles autres, fans rang & fans ordre, mais parfaite-ment bien conditionnés. Ils font tous écrits à lamain, les uns lur du parchemin, les autres fur dupapier, la plupart eu Arabe, & quelques-uns en

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Perfan & en Turc. Tous font fort bien peints, re-liés en maroquin de Levant , & couverts de lamesd’or & d’argent cizelé & à feuillages. Les livresd’hilloire font enrichis de plulieurs répréfentationsen mignature. Dans les nicnes de la voûte on voittrois ou quatre cent vafes de porcelaine, & quelques-uns d’une fi grande capacité qu’ils tiennent plus de40. pintes de liqueur. On n’en emploie point d’au-tres aux repas que le fépulchre fournit aux Rois &aux grands Seigneurs qui y paffent, parce que lafainteté du lieu ne permet pas que l’on s’y fervede vaiffelle d’or ou d’argent. La cuifine nourrittous les jours plus de 1000. perfonnes , tant de ceuxde la maifon que des pauvres. Le tombeau facrééll bâti de marbre blanc, & non point d’or, commequelques-uns l’ont écrit. Au-devant il y a une grilled’or, & les Perfans difent que l’entrée de ce lieu elldéfendue aux laïques & aux Rois même. Ce fut SchichSedredin, fils de Schich Séfi , qui fit conlhuire cetombeau après la mort de fon père. Les fondationsde plufieurs Rois, & les préfens que l’on fait tousles jours à ce tombeau, outre fes grands revenusaugmentent tellement lès richelfes, qu’on tient quefon thréfor ell de plufieurs millions d’or, & qu’ilfourniroit plus d’argent comtant que le Roi lui-même. Ce fépulchre polfède beaucoup, & dans laville & aux environs. Les Tartares & les Indiensqui font profeffion de la Religion des Perfans y en-voient quantité de chofes pretieufes, & ils y ap-portent de tous côtés des préfens, en conféquencedes vœux qu’ils ont accoutumé de faire dans les longsvolages , dans leurs maladies, & même en d’autresaffaires importantes, dont ils s’aquitent fort religieu-fement. Ce tombeau ell un azile pour toutes for-tes de criminels, qui font en fureté, dès qu’ils ontpu s’y réfugier. O11 donne aux pèlerins qui vontfaire leurs dévotions dans ce lieu-là, une poignée d’a-nis bénit, & un certificat de leur volage, & des priè-res qu’ils y ont faites. Ce certificat ne fert pas feu-lement de témoignage de la profellion de leur Reli-gion , mais aulli de fauve-garue pour fe mettre à cou-vert de plufieurs difgraces, & même quelquefoispour leur fauver la vie. * Oléarius, Potages, édit,de 1727. in fol. tom. II. col. 629. &c. LeBruyn,Potages, tom. IV. pag. 18- de l'édition in 4°. de l’an172p. On peut aujfi confulter les Relations de JeanStruys , de Chardin , & de Tavernier. Cet articlepeut remplacer celui qui ell dans le Dicl.

ARDEINE, ou ARDENNE, Abbaïe de France en Normandie , dans le diocèle de Baïeux , en La-tin Ardena. Elle ell de Prémontrés réformés, & onla trouve à une lieué de Caen , lur une petite colli-ne. C’ell une Abbaïe bien bâtie, & bien ornée, oùrien ne manque pouf la propreté, & pour la com-modité. Tout porte à la piété & à la dévotion,non - feulement dans l’Eglife, mais encore dans lamaifon des Religieux. Cette Abbaïe fut fondée en1122. par Gilbert de l’ordre de Prémontré, dans ladeuxième armée de la fondation de fon ordre, &fous le Pontificat de Richard II . trente-troifiemeEvêque de Baïeux. Tulfeline , ou Atfelinc, ma-riée avec Arnoul , ou Aïulphe du Four, y fit bâtirune Eglife, pour favorifer les pieux delfeins de Gil-bert , qui attira avec lui des imitateurs de fa vie re-ligieufe & de fon zèle, qui bâtirent un monaftère.Richard III. trente-quatrième Evêque de la mêmeville, confacra en 1128. l’Eglife de cette Abbaïe enl’honneur de la Ste. Vierge. Philippe de Harcourt,fon fuccelfeur dans cet Evêché, peu de tems aprèsqu’il fut élevé ffir ce fiège, alla à Rome avec Gil-bert, prémier Abbé d’Ardenne, pour obtenir la con-firmation des biens qu’il avoit aumônés à cette Ab-baïe , où l’on voit encore à préfent fleurir la difci-pline monallique avec l’efprit de charité. * Her-mant, tom. I. de fin Hifi. du diocefi de Baïeux en 170p.T. Corneille, Ditt. géogr.

ARDEN, ou ARDON , ou ARDIS, village deSuiffe dans le bas Valais , & chef-lieu d’une contréeou Gouvernement de même nom. Ce village eu li-tué au côté droit du Rhône fort prés de ce fleuve.

Mr.