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Supplement Tome Premier
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peur que leur fierté ne fe communiquât à toute lacontrée. Mais comme on comtoic peu fur le courta-ge de Marcellus, on rélblut d’envoïer un autre Chelen Efipagne. * Polybe , Ambajfade 141.

ARE'US, fils d’Acrotate, Roi de Lacédémone , &petit-fils d’un autre Aréus , qui avoit dilputé duRoiaume avec Cléonyme & l’avoit emporte. Vbïésdans le Ditt. ARE'E. Ce fécond Aréus étoit encoreenfant, lorlque Ibn père Acrotate mourut , & futmis fous la tutèle de Léonidc ; mais Aréus étantmort quelque tems après, Léonide de Régent devintRoi. * Rollin, Hift. anc. tom. IV. p. 210.

AREUS, Philofophe d’Alexandrie d’Egypte, forteftimé de Jules Céfar. Lorlque Céfar fe fut rendumaître d’Alexandrie , il y entra en s’entretenant avecle Philofophe Aréus, & s’appuiant fur lui avec uneefpèce de familiarité pour faire connoitre publique-ment le cas qu’il en faifoit. S’étant allîs fur Iontribunal, il dit au peuple qu’il lui pardonnoit pourtrois raifons ; la prémière à caufe d’Alexandre leGrand leur fondateur ; la fécondé à caufe de la beau-té de leur ville; & la troifième à caufe d’Aréus, l’unde leürs Citoïens, dont il eftimoit le mérite & le fa-voir. * Roi lin, Hift. anc. tom. V. p. 317.

AREUSO, (Alfière Catherine d’) démoifelle Bif-caïenne d’un elprit véritablement héroïque. Elle fefauva du couvent, s’en alla à la Cour d’Efpagne, oùelle demeura long-tems cachée , s’étant travètie enhonime. Elle fervit dans la milice & alfdfa avecvaleur dans plufieurs batailles confidérables. On ditqu’elle étoit fort grande & qu’elle avoit des mem-bres de beaucoup trop gros pour une femme, de fortequ’on l’auroit plutôt prife pour un homme que pourune femme. Sa poitrine étoit unie comme celle d’unhomme, & elle doit avoir confelfé à Pierre du Val àRome qu’elle l’avoit féchée & applanie avec un cer-tain emplâtre qu’un Italien lui avoit donné. Elleétoit toujours vêtue d’un habit d’homme à l’Elpa-gnole, & elle reifembloit plûtôt & du vifage & ducorps à un Eunuque qu’à une femme. * Petr. duVal, Itiner. tom. IV. ep. 171. Suppl. Al. de Baie.

ARFADAG , montagne de l’Arabie heureufe, fi-tuée à dix lieues'de Médine . Elle eft renommée parle concours de plus de trois cens mille Mahométans,qui font le voiage de la Mecque , & qui s’y aifem-blent tous les ans de tous les endroits de l’EmpireTurc , au jour appelle Aaideilhdaye , c’eft-à-dire, lafete du bélier, à caufe qu’ils croient que ce fut furcette montagne qu’Abraham vouloit facrifier fon filsIfaac, au lieu duquel il facrifia un bélier. Ils difentque Mahomet étoit (ùr cette même montagne, lorf-que l’Ange Gabriel lui apparut, & lui annonça qu’ildevoit être Prophète. Cette grande multitude de Pè-lerins y trafiquent ce jour-là de ce que chacun aapporté de plus rare de fon pais. Ceux des Indesy viennent avec du gommiclevi ou maftic liquide& en larmes, du baume blanc, & force perles donten 1634. la caravane du grand Caire en apportajufqu’à cinq cens livres, toutes perles à la pièce.Il y en avoit une entr’autres de la forme d’une poi-re, & de la groifeur d’une grolfe olive, qu’011 por-ta au Grand-Seigneur. La caravane de la Terre-Sainte y porte ue la terre du champ Damafcène oùAdam fut créé, cjue les Indiens Mahométans tiennentpour une prétieufe relique. Ceux de l’Egypte yportent des tapis; les Afriquains du corail & autresdenrées. Ceux de Conftantinople, de Méfopotamie,de Syrie , &dePerfe, de fines étofes de foie, & au-tres fortes de marchandifes, & enfin il n’y a perfion-ne, qui n’y vende ou qui n’y achette quelque cho-fe qu’il eitime au double à caulé de la f’ainteté dulieu, tant leur efprit eit imbû de fùperftition. Quoi-que la caravane de Damas foit compofée quelquefoisde vingt-cinq ou trente mille perfonnes, ils n’ôfie-roient entreprendre de traverfer les déferts fans unfauf-conduit de l’Emir de Naploufe, Prince d’Arabe,qui ne manque point de faire lui-meme cette efeortetous les ans, accompagné de cinq cens hommes decheval, couverts de chemifes de maille , armés d’ar-

quebufes, de lances & d’arcs, & qui les défendentcontre les autres Arabes. * Roger, Defiription de laTerre-Sainte. Th. Corneille, Dkt.geoer. Voiés ARA-SAT dans le Dtcl.

ARGÆUS, montagne d’Afie, dans la Cappadoce dont elle eit la plus haute. Strabon dit que la villeEttjèbie étoit lituée au pied de cette montagne dontla cime eft couverte de neiges en tout tems. Ilajoute que ceux qui ont monté au fommet, ce quieit arrivé à peu de perlonnes, dilènt que quand l’airelt lerain, on peut voir de-là les deux mers, à lavoirle Pont-Euxin , & la mer méditerranée au golphed’Aiazzo. Cette montagne n’eft nullement propre ày bâtir une ville ; car 011 y manque d’eau. Ptolo-mée la nomme Argent fans diphthongue , dans l’an-cienne traduction Latine ; mais dans l’édition de Ber-tius le Grec porte 'A^yalcç. * La Martiniere, Dicl.géqgr.

ARGAOUS , lieu d’Arménie , qui fervit de re-traite aux Manichéens, lorlque l’Impératrice Théodo-ra entreprit de les convertir ou de les détruire. LesManichéens Afiates , c’eft-à-dire , vagabonds , dilci-ples de Serge, auuit égorgé l’Exarque, s’enfuirent àMélitine en Arménie , & l’Emir des Sarrafins leurdonna le lieu nommé Argaous, où ils lé fixèrent, &où ils fie ralfemblèrent de toutes parts , pillans de-làles terres des Romains. L’Impératrice aïant fait fai-re un grand carnage des Manichéens d’Argaous &aïant renverfé leur ville , ils fe relevèrent dans lafuite & tentèrent de la rebâtir. * Fleuri, Hijt. Eccl.tonV. X. p. 3 72.

ARGANTIIONIUS MONS , montagne d’Afie,dans la Myfîe, au-deilus de la viile de P rufe , que l’onnommoit dus , avant que le Roi Prulîas lui eut don-né fon nom. O11 prétend que ce fut en cet endroitqu’Hylas ami d’Hercule, étant allé faire aiguade, futenlevé par les Nymphes. Conformément à cette tra-dition iabuleufe Strabon dit que de fon tems les ha-bitans de Prufè avoient une fete durant laquelle ilscouroient fur cette montagne & appelaient Hylas ,comme' s’ils l’eullènt effectivement cherché dans lesforêts. Suidas n’a pas bien compris ce paliàge deStrabon , & a pris le nom de- Cius pour celui d’une 1Isle. * La Martinière, Dicl. ge'ogr.

ARGATA. Les Chevaliers de YArgata , c’eft-à-dire , du dévidoir. Bernardo Giuftiniano , Hijl. ditntti gl’ ord. milit. chap. 62- les compte parmi lesordres militaires ; mais ce ne fut qu’une compagnie,de quelques Gentilshommes au quartier de la porteneuve à Naples , qui en 1388- fe joignirent enfemble.pour défendre le port de cette ville en faveur deLouis d’Anjou , contre les vaiifèaux & les galeres dela Reine Marguerite. Ils s'appellerait Chevaliers de.YArgata , c’eit-à-dire , en langage Napolitain , dudévidoir, qu’ils portoient d’or en champ de gueu-les fur le bras ou fur le côté gauche. Cette com-pagnie 11e dura qu’autant que le régné de Louisd’Anjou . Quelques-uns difent que par ce dévidoirils vouloient marquer que la conquête du Roiaumefe fait peu à peu comme le fil iè dévide. D’autrescroient plus vraifèmblablement, à ce qu’il paroit àB. Giuftiniano, que ce fut pour marquer le méprisqu’ils faifoient de la Reine & du gouvernement d’unefemme. * Diüion. Univ. François er Latin &c. deTrévoux.

ARGEADÆ, nation d’entre les Macédoniens, fé-lon Appien . Paulànias fait mention des Rois Argéa-des, qui avoient gouverné la Macédoine avec gloi-re. Il rapporte des vers Prophétiques de _ la Sibylle -qui avoit annoncé que les Macédoniens, fi florillàns-lous les Rois Argéades, auroient des avantages &des pertes fous Philippe ; que le plus ancien de cenom auroit une domination fort étendue ; que leplus jeune, vaincu par les Romains, perdüoit tout.Ces Rois Argéades 11e font autres que les Rois def-cendus de familles venues du païs d’Argos ; car Hé-rodote fait voir que les premiers Rois des Macédo-niens étoient venus d’Argos. Tite-Live dit dans lemême fens, que déjà le peuple d’Argos étoit attaché a.