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Supplement Tome Premier
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pour la charge d’un âne. Lorfque les Aghuans ferendirent en Perle, on fe défia des Arméniens à quion avoit donné tant de fujets de mécontentement.On penla donc à les défàrmer. Pour cet elfet on lesfit venir à Ilpahan en armes , comme fi l’on vou-loit les former en compagnies, & après avoir re-tenu leurs armes , on les renvoia à Zulfa avec degrandes menaces contre ceux qui en auroient caché.

Lorfque les redoutables Agnuans s’avancèrent ducôté de Zulfa , les Arméniens , naturellement peubraves, mais alors défarmés, furent dans de grandesallarmes. Ils follicitèrent à la Cour pour avoir destroupes ; ils firent toutes les offres poliibles, mais finsfiiccés. Les Aghuans alfiégèrent Zulfa & après quel-que réfiflance il fallut penfer à traiter avec les rebel-les qui exigèrent foixante & dix mille tomans, ce quifait quatre millions deux cent mille livres de France .Outre cela les Aghuans exigèrent cinquante jeunesfilles des premières familles des Arméniens, conditionqui parut la plus dure à ce malheureux peuple aban-donné. Les Arméniens aiant voulu finalfer avec les re-belles & leur faire accroire qu’ils n’étoient pas en étatde leur païer actuellement la fomme ftipulée , lesAghuans demandèrent à vifiter les nraifons de Zulfa ,s’emparèrent de tout ce qu’ils trouvèrent , & firentfournir mille cruautés aux plus riches pour découvrirle lieu de leur thréfor. Le menu peuple fut traité avecalfés d’humanité & on lui vendit à très vil prix leseffets pris dans les nraifons des riches , de forte qu’onvit un renverfement prodigieux dans cette ville, lesperfonnes opulentes réduites à la mifère, & les pau-vres enrichis. Les Arméniens eurent dans peu oc-cafion de fe venger des Perfes qui les avoient aban-donnés , en refùfant d’être Médiateurs entre eux & lesAghuans , qui ne demandoient pas mieux pour fetirer du mauvais pas où ils s’étoient jettés. Mais lacrainte où étoient les Arméniens que les Perfes dé-charnés contre eux ne nrilîènt leur ville à feu & àfang après le départ des Aghuans , les empêcha defe'mêler de cette affaire. Aujourd’hui les Arméniensfont traités avec beaucoup de diftinétion. Il a étéréglé en leur faveur par un édit publié à Zulfa, qu’ils11e pourroient difeuter les conteftations qu’ils au-roient entre eux , que devant des Juges choifis deleur nation , & qu’il y auroit une amande pour toutArménien qui s’ingéreroit d’appeller à d’autres Juges.* Hifloire de la dernière Révolution de Perfi. tom. II.p. 13. &c. Chardin tom. III. p. 77. in 4 0 .

ARMENONVILLE, (Fleuriau d’) François, quiparvint aux emplois les plus diftingués pendant laRégence du Duc d’Orléans, du tems de la minoritéde Louis XV . Il s’éleva de fort bas à la dignité deGrand-Garde des fceaux de France . Il étoit en 1722.ancien Sécrétaire d’Etat. Le Cardinal du Bois aiantvoulu être allis dans le Confeil Roïal de la Régen-ce , à caufe de fon caractère de Cardinal , à côtédes Princes du Sang, & par conféquent avant le Chan-celier & les autres Ducs & Pairs , ils s’y oppofèrentavec force. Le Duc Régent favorifa cette Eminence& lui laiflà prendre le 22. févr. de la même année lenouveau rang qu’elle défiroit, malgré toutes les pro-teftations que l’on put faire. Le Chancelier d’Aguef-fau, & les autres Seigneurs aimèrent mieux s’abfen-ter du Confeil de Régence & perdre leur place & leursrevenus que de permettre que leur dignité fouffrît lemoins du monde. Le Régent demanda au Chance-lier qui faifoit le plus de difficulté, le Sceau du Roiau-me & le remit à Armenonville qui parut le premiermars en Confeil de Régence en qualité de Grand-Garde des Sceaux. Il eut part depuis ce tems - là àtoutes les affaires d’Etat & s’acquit un affés grandcrédit jufqu’en 1727. qu’il fe fit un changementqui le précipita tout d’un coup. Le Chancelier d’A-guelleau qu’aucune représentation n’avoit pù enga-ger à renoncer volontairement au titre & à la chargede Chancelier de France, fut rétabli dans fon ancienpolie au grand contentement de tout le monde. Ar-menonville reçût de la part du Roi un ordre , queIon propre fils le Comte de Morville fut obligé de luiremettre , & qui portoit, qu’il eut à fe démettre deSupplément. Time I.

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fa charge de Garde des Sceaux. Il derrianda enfùitelui- même le 19. d’août d’être exemté de l’emploi deSécrétaire d’Etat des affaires étrangères , dont il étoitaulfi revêtu. O11 lui accorda là demande , & on luilaiilà la dignité de Miniltre d’Etat, & l’appartementà Verfailles. Le Roi lui donna, pour marquer com-bien il étoit content de fa gérence, une gratificationde 20000. livres & à fon fils la furvivance au premierRégiment qui viendroit à vaquer. Monfieur de Chau-velin obtint la charge de Sécrétaire & de Garde desSceaux , & Armenonville mourut le 27. nov. de l’an-née fùivante, lavoir de l’an 1728- dans un âge allésavancé. * Hifiorien - Saal. APer cures Hifi. qt Polit »Suppl. Al. de Baie.

ARMES. Quoique les Chrétiens n’aïent pas regar-dé la profefiion des armes comme criminelle dans uneguerre jufte , & qu’ils n’aïent pas refufé de fervir dansles armées des Empereurs,que lorfqu’on vouloit les en-gager à des pratiques idolâtres, on a cependant crûque les Clercs ne dévoient pas porter les armes.L’Evêque Boniface s’étant plaint au Pape Zacharie déce que quelques Evêques fe trouvoient dans les ar-mées , & y répandoient le fang humain , le Conci-le de Leptines rémédia à ce défordre , en défendantà tous les Ecclefialtiques, & aux Religieux de prendreles armes, ou de combattre , ou de fe trouver auxarmées, fi ce n’elt aux Evêques & aux Prêtres qui yfont nécqffaircs pour y adminittrer les Sacremens. LeConcile de Leyde décerna une fùfpenfion & une pé-nitence de deux ans contre tous les Eccléfiailiquesqui emploieraient à verlèr le fang des ennemis leursmains confacrées à diftribuér le fang du Sauveur.Cependant dans des cas d’une nécelfité urgente on 11eblâmoit pas ceux qui prenoient les armes , & les fai-foient prendre pour leur défenfe. Les Barbares aiantmis en fuite la milice Romaine, les Curés affemblè-rent les païfans de leurs paroiffes , & donnèrent lachade à ces Barbares. Synefius, qui étoit le Métropo-litain de la province, fit non-feulement l’Apologie,mais même l’éloge de ces généreux défenfeurs de laprovince & de l’Eglife. Le Pape Adrien I. écrivit àCharlemagne pour le prier d’empêcher que les Evê-ques & les Prêtres ne panifient en armes dans lesarmées. Cela leur fut défendu, & l’Empereur ordon-na même aux Prêtres & aux Diacres de voïager fansarmes , les exhortant de fe confier en la providenceDivine. La févérité des Capitulaires n’en demeurapas aux fimples défenfes. On y foûmet à la péni-tence tous les Eccléfiailiques qui auroient porte deSarmes propres au combat. Dans le XI. & le Xllmefiècles on défendit dans plufieurs Conciles le port desarmes aux Clercs. Eudes Evêque de Paris défenditaux Curés & aux Clercs de porter des couteaux poin-tus. Le Concile de Beziers en 12??. leur défendit lamême chofe & le port de toutes armes, fi ce n’eft peut-être en tems de guerre : difiriElius inhibemus , ne ali -qui Clerici , qui volunt gaudere privilegio Clericali , culteUlos acutos, enfes , vel lance as deferre prajumant, vel ar -mis impugnativis , quibus vis infertur , non utantur ,nifi forte in guerra. Le Concile de Salingiladt avoitmême défendu en 1022. aux Laïques de porter desarmes dans l’Eglifè. Il n’y avoit que le Roi à quiil fut permis de porter l’épée dans l’Eglife. Dans lafuite le Concile de Bude en 1279. permet aux Clercàde porter l’épée en voiage quand ils croiront de11’ètre pas en fureté fans cela , mais avec la permit,lion de l’Evêque . Cette condition fut bien - tôt ou-bliée. On permit fans rellridlion aux Clercs de por-ter des armes en voiage. Nulla arma induant nifiitinérantes , dit le Concile de Maïence en 1799. * Tho*mallin Defcr. anc. & nouv. tom. III. p. 1334. &c. Bing-ham Orig. Eccl. tom. VIII. p. 86. Fleuri Hifi. Ëccl.tom. II. & tom. V.

ARMES , ( Juge d’) Louis XIII . à l’occafion desrépréfentations qui lui furent faites fur les ufurpa-tions de plufieurs particuliers qui s’attribuoient desarmes qui ne leur convenoient point, créa cet Officierjqu’il voulut être tiré du nombre des Nobles. Il luidonna la commilfion de travailler à un régiftre dela nobleffe, & il lui attribua toutes les fondions &M m m toutes