DE N E U T O N. 215
primordiale, antécédente à tout; donc elleseroit Dieu ;donc celui qui admet l’impossi-bilité du Fuide , doit, s’il raisonne consé-quemment, ne point admettre d’autre Dieu que la Matière.
Au contraire, s’il y a du vuïde , la Ma-tière n’est donc point un Etre nécessaire,existant par lui-méme, &c. ; donc elle a étécréée ; donc il y a un Dieu ; donc c’étoitàEpicureà croire un Dieu , & c’étoit à Des-cartes à le nier. Pourquoi donc au con-traire Descartes a-1-il toujours parlé de l’éxis-tence d’un Etre Créateur & Conservateur,& Epicure l’a-t-il rejette ? C’est que leshommes dans leurs sentimens, comme dansleur conduite, suivent rarement leurs prin-cipes, & que leurs Systèmes ainsi que leursvies font des contradictions.
Nous voyons de tout ce qui précédé quela Matière est finie , qu’il y a du 'vuide-jc’est-à-dire , de l'espace , & même incom-parablement plus d’espace que de matièredans notre Monde ; car il y a beau-coup plus de pores que de solides. Nousconcluons que le Plein est impossible, que
les
Conclu
sion.