ROI DE SlTEDE. LlV. VII. 79
traïe ce gentilhomme François, que la curio-sité avoir amené à Bender, & qui a écrit unepartie des événemens que l’on raporte, donnaaussi ce qu’il avoir: ces Etrangers assistés desfoins, & même de l’argent du Pacha rache-tèrent Don-seulement les Officiers, mais en-core leurs habits des mains des Turcs & desTartares.
Dés le lendemain on conduisit le Roi pri-sonnier dans un chariot couvert d’écarlate furle chemin d’Andrinople ; íbn trésorier Gro-thufen étoit avec lui: le chancelier Mullern,& quelque Officiers fuivoient' dans un autrechar: plusieurs étoient à cheval, & lors qu’ilsjettoient les yeux fur le chariot où étoit leRoi, ils ne pouvoient retenir leurs larmes.Lc Pacha étoit à la tête de l’efcorte; Fabricelui reprefenta qu’il étoit honteux de laisser leRoi sons épée, & le pria de lui en donnerune: Dieu m’en préserve, dit le Pacha, ilvoúdroit nous en couper la barbe : cependantil la lui rendit quelques heures après.
Comme on conduisoit ainsi prisonnier &désarmé ce Roi, qui peu d’années auparavantavoir donné la loi à tant d’Etats, & qui s’étoitvû l’arbitre du Nord.& la terreur de l’Europe;on vit au même endroit un autre exemple dela fragilité des grandeurs humaines.
Le roi Stanislas avoir été arrêté fur les ter-res des Turcs, & on l’amenoit prisonnier àBender dans le tems même qu’on transféroisCharles XII.
. Stanislas n’étant plus soutenu par la mainqui l’avoit fait Roi, fe trouvant fans. argent &par conséquent fans parti en Pologne, s’étoitretiré d’abord en Pomeranie; & ne pouvantplus conserver son roïaume, il avoir défendu
.. , autant