8o Histoire de Charles XII.
autant qu’il l’avoit pû, les Etats de son bien*faicteur.
II passa même en Suede pour précipiter lelècours dont on avoit besoin dans la Livonie& dans la Pomeranie. Enfin aïant fait toutce qu’on devoit attendre de l’ami du roi deSuede, & lutté contre la mauvaise fortune,il ne songea qu’à ceder une Couronne qu’ilne pouvoit plus garder. II en conféra avecFlemming, ce premier Ministre du roi Au-guste qui lui devoit tasit, & qui lui promit desconditions avantageuses, sinon par reconnois-sance, au moins par honneur, ou ce qui estplus vrai-semblable, pour le tromper.
Mais Stanislas ne pouvoit avec bienséanceabdiquer fans le consentement de Charles, uneCouronne qu’il lui devoit. II lui écrivit doncd’abord à Bender, pour le prier d’agréer uneabdication devenue nécessaire parles conjonc-tures, & glorieuse par ses motifs : il le pri-oit de ne plus sacrifier ses vrais intérêts pourla cause d’un ami malheureux qui ne pensoitplus qu’à íè sacrifier lui-même au repos public.Charles XII. reçut ces lettres à Varnitsa. IIdit en colere au Courier en presence de plusieurstémoins ,• s’il ne veut pas. être Roi, j’en sçau-rai bien faire un autre. Stanislas eípera que fapresence feroit plus d’esset que ses lettres ; ilpartit donc lui-même avec le baron de Sparre,qui depuis a été ambasladeur de Suede en Fran-ce : il quitta son habit Polonois, de peur d’êtrereconnu fur la route : il pasla par les frontiè-res de la Hongrie & de laTransilvanie, crai-gnant toûjours d’être arrêté par tout fur les che-mins : il ne se crut en sûreté que quand il sevit enfin en Moldavie, à Yassi sur les terresdes Turcs, près de cet endroit où le Czaravoit à peine échapé de leurs mains : ce fut
àYaffi