ROI Dï SuEDE. LlV. VII. gl
eussent à se retirer avec ce qu’ils pourroientemporter d’effets, & qu’on alloit détruire leurville de fond en comble.
Les Magistrats vinrent se jetter à ses pieds,& offrirent cent mille écus de rançon. Stein-bok en demanda deux cent mille : les Altenoïssupliérent qu’il leur fût permis au moins d’en-voïer à Hambourg où étoient leurs correspon-dances, & assurèrent que le lendemain ils apor-teroient cette somme: le général Suédois ré-pondit qu’il falloir la donner fur l’heure, ouqu’on alloit embraser Altena íàns délai.
On diíoit que les Hambourgeois avoientdonné secrettement à Steinbeck une grosse som-me, pour acheter la ruine de cette ville quileur faisoit ombrage; & que Steinbok danscette sévérité satisfaisoit également ses intérêts,ía vengeance & celle de son maître.
Ses troupes étoient dans le fauxbourg leflambeau à la main : une foible porte de bois.& un fossé déja comblé, étoient les seules dé-fenses des Altenois. Ces malheureux furentobligés de quitter leurs maisons avec précipi-tation au milieu de la nuit : c’étoit le 9. Jan-vier 1713. il faisoit un froid rigoureux, aug-menté par un Vent de Nord violent qui servità étendre l’embrasement avec plus de promp-titude dans la ville, & à rendre plus info por-tables les extrémités où le peuple fut réduitdans la campagne. Les hommes, les femmescourbés sous le fardeau des meubles qu’ils era-portoient, se réfugièrent en pleurant & en pous-sant des hurlemens, fur les côteaux voisins quiétoient couverts de glace. On voïoit plusieursjeunes gens qui portoient fur leurs épaules desvieillards paralitiques. Quelques femmes nou-vellement accouchées,emportèrent leurs enfans& moururent de froid avec eux fur la colline;
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