92 Histoire de Charles XII.
en regardant de loin les flammes qui coníu-moient leur patrie. Tous les habitans n’é-toient pas encore sortis de la ville, lorsque lesSuédois y mirent le feu. Altena brûla depuisminuit jusqu’à dix heures du matin. Presquetoutes les maisons étoient de bois : tout futconsumé ; & il ne parut pas le lendemain qu’ily eût eu une ville en cet endroit.
Les vieillards, les malades, & les femmesles plus délicates réfugiés dans les glaces pen-dant que leurs maisons étoient en feu, se traî-nèrent aux portes de Hambourg, & supliérentqu’on leur ouvrît & qu’on leur sauvât la vie :mais les Hambourgeois refusèrent de les rece-voir, sous prétexte qu’il réguoit dans Altenaquelques maladies contagieuses. Ainsi la plu-part de ces misérables expirèrent fous les mursde Hambourg, en prenant le Ciel à témoin dela barbarie des Suédois, & de celle des Ham-bourgeois qui ne paroiíToit pas moins inhu-maine.
Toute P Allemagne cria contre cette vio-lence: les ministres & les généraux de Pologne& de Dannemark, écrivirent au comte deSteinbok, pour lui reprocher une cruauté figrande, qui faite fans nécessité, & demeurantfans excuse, soulevois contre lui le ciel & laterre.
Steinbok répondit “ qu’il ne s’étoit porté •" à ces extrémités, que pour aprendre aux“ ennemis du Roi son maître à ne plus" faire une guerre de barbares, & à respecter“ le droit des gens; qu’il s avoient rempli la“ Poméranie de leurs cruautés, dévasté cette" belle Province, & vendu près de cent mille" habitans aux T ures : que les flambeaux qui“ avoient mis Altena en cendres, étoient lesM représailles des boulets rouges par qui Stade
" avoir-