140 Histoire de Charles XII.
site, & ausquelles la bonne foi feule peut don-ner un crédit durable, font comme des billetsde change dont la valeur imaginaire peut ex-céder aisément les fonds qui font dans unEtat.
Ces ressources font d’uh excélent usagedans un païs libre : elles ont quelquefois sau-vé une République, mais elles ruinent presquesûrement une Monarchie : car les peuplesmanquant bien-tôt de confiance, le ministèreest réduit à manquer de bonne foi ; les mon-noies idéales fe multiplient avec excès, lesparticuliers enfouissent leur argent, & la ma-chine fe détruit avec une confusion accom-pagnée souvent des plu? grands malheurs.C’est ce qui arriva au roïaume de Suede.
Le baron de Goerts aïaut d’abord répanduavec discrétion dans le public ses nouvellescfpeces, fut entraîné en peu de tems au-delàde ses mesures par la rapidité d'un mouve-ment qu’il ne pouyoit p)us conduire. Toutesles marchandises & toutes les denrées aïantmonté à un prix excessif, il fut forcé d’aug-menter le nombre des efpeces de cuivre. Pluselles fe multiplièrent, plus elles furent décré-dîtées ; la Suede inondée de cette fausse mon-noie ne forma qu’un cri contre le baron deGoerts. Les peuples toujours pleins de vene?ration pour Charles XII. n’osòient presquele haïr, & faifoient tomber le poids de leuraversion fur un Ministre, qui comme étranger,& comme gouvernant les finance?, étoit dou-blement assuré de la haine publique.
Un impôt qu’il voulut mettre fur le Clergéacheva.de le rendre exécrable à la nation ;les Prêtres qui trop souvent joignent leurcause à celle de Dieu, l’apellérent publique-ment qtfiée, parce qu’il leur demandoit dp
l’argent