ROI DE SUEDE. LlV. VIII. 143
complot ; il vint près de l’endroit marqué unpeu avant le tems auquel les assassins dévoientl’attendre ; il les trouva qui s’assembloient.II marcha droit à eux avec un seul page;la moindre circonstance dérangée suffit quel-quefois pour déconcerter des complices. Cesmalheureux n’étant pas encore arrivés à l’en-droitoù ils dévoient faire leur coup, n’avoientpas eu le tems de se confirmer dans leur ré-solution. Ils furent étonnés de la presencedu Roi. Mes amis, leur dit-il, je ne puiscroire que des personnes à qui je n’ai jamaisfait de mal veuillent m’ôrer la vie ; si la né-cessité vous réduit à commettre un assassinat,voilà de l’argent forés honnêtes gens. Endisant ces paroles il leur jetta quelques pisto-les, & s’éloigna d’eux en les laissant dans l’ad-miration de fa vertu & dans le repentir de leurcrime.
Cependant Charles partit une seconde foispour la conquête delaNorvégeau moisd’Oc-tobre 1718. Uavoit si bien pris toutes ses me-sures qu'il esperoit se rendre maître en six moisde ce Roïaume. II aima mieux aller conqué-rir des rochers; au milieu des neiges & des gla-ces, dans l’âpreté de l'Hiver qui tue les ani-maux en Suedemêmeoùl’air est moins rigou-reux, que d’aller reprendre ses belles provincesd’Allemagne des mains de ses ennemis ; c’estqu’il esperoit que sa nouvelle alliance avec leCzar, le mettroit bien-tôt en état de reíìaisirtoutes ces provinces ; bien plus fa gloire étoitflattée d’enleverun roïaume è son ennemi vic-torieux.
A l'embouchure du fleuve Tistendall, prèsde la manche du Dannemark, entre les villesdeBahus & d’Anslo est située FrederiksHall,
place