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Quant à la date de son départ, elle est exactement fixée parune annotation du Registre des Inquisiteurs d'Etat (1737 à1746, tome X, page 146 et 147), du mois de septembre 1744.Il y est noté pour mémoire par le secrétaire deW Eccelso Con-siglio dei Tre (c’était le nom du Conseil des Inquisiteurs) queM. l’ambassadeur de France, comte de Montaigu, ayant à deuxdifférentes reprises fait requête auprès du Collège de faire éloi-gner de Venise une personne che Vhaveva servito per segretarioet la seconde fois par écrit à la date du 31 août par un mé-moire in oui nominava il Rossau (sic) suo segretario, les troisInquisiteurs d’Etat, Zorzi Contarini, Micliiel Priuli et Marc-Antonio Dolfin, ayant été nantis de cette affaire, avaientchargé le secrétaire du Conseil de faire appeler le consul LeBlond pour lui annoncer que Rousseau était parti de Venisele 22 août, que l’on savait son arrivée à Bergame, que l’onétait informé qu’il avait écrit de cette ville et qu’il était sur lepoint de se mettre en voyage pour la France en passant parla Suisse.
Voici la traduction du document que M. Ceresole a trouvédans les archives de Venise et auquel il fait allusion :
« 1744, septembre.
« L’Excellentissime seigneur François Loredan, Sage au Con-seil de semaine, m’ayant fait savoir, à moi, secrétaire quej’eusse à me rendre au Collège, et m’y étant rendu dans la ma-tinée du 4 courant, il me dit que l’ambassadeur de France avaitenvoyé aux portes du Collège, pour y présenter une instance,
1 C’est le secrétaire des Inquisiteurs d'Etat qui a rédigé ce procès-verbal.Il s’est mis en scène, bien que, selon l’usage, ce soient les Inquisiteurs seulsqui aient eu à signer ce document.